Bibliothèque de documentation internationale
facebooktwittertumblrflickr  English

Les murs de séparation : emblème et support d'un message politique
Zoom sur

 

dans les collections du service audiovisuel de la BDIC

En 2009, on célébrait le 20è anniversaire de la chute du mur de Berlin. Cette même année, la BDIC avait consacré à cet événement le programme de son Mois du film documentaire, au travers de documentaires parfois expérimentaux : Material de Thomas Heise, par exemple, est un montage des rushes et scènes coupées de ses précédents films réalisés entre la fin des années 1980 en Allemagne de l’Est et 2008 ; et Berlin 10-90 de Robert Kramer se compose d'un unique plan séquence tourné dans une chambre d’hôtel de Berlin le 25 octobre 1990 entre 15h15 et 16h15.

Depuis 1989, d’autres murs de séparation ont été bâtis ou détruits dans le monde, témoins muets d’un repli sur soi et de la volonté de se protéger d’un « Autre » jugé dangereux.

Le documentaire de Thierry Denis et Guy Ratovondrahona, réalisé en 2009, recense nombre de ces « murs de la honte » et se concentre plus spécifiquement sur ceux du Mexique, d'Israel et de Berlin.

A Chypre, comme en témoigne le film de Frédéric Jacovlev, le « rideau de fer » construit en 1974 s’ouvre peu à peu depuis 2004 (Chypre, de l’autre côté du mur / Frédéric Jacovlev, 2010). Cette pseudo frontière fait néanmoins 180 km de long, de 20 m à 7 km de large, et reste dangereuse en beaucoup d'endroits qui n'ont pas été déminés.

Entre les Etats-Unis et le Mexique, un mur de fer s’est érigé pour lutter contre l’immigration clandestine.  Les documentaristes comme Franck Beyer (Ceux d'en face / Franck Beyer, 2009), Agnès Gagnetto, ou Jean Manuel Sepúlveda ( La Frontera infinita / Jean Manuel Sepúlveda, 2009), entre autres, ont travaillé sur cette zone de tension.

Même phénomène autour des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla sur la côté marocaine, où les réalisateurs Arlette Girardot et Philippe Baqué ont suivi, pendant plusieurs mois, le difficile périple de migrants africains espérant gagner l’Europe (Melilla, l’Europe au pied du mur / Arlette Girardot et Philippe Baqué, 1998).

De nombreux documentaires sont évidemment consacrés au mur qui entoure les Territoires palestiniens. Ils figurent tous dans la filmographie sur la question palestinienne. Ainsi, Le Jardin de Jad de Georgi Lazarevski retrace la progression inéluctable du mur à travers le regard des pensionnaires d’un hospice pour personnes âgées. Dans La Couleur des Oliviers, Caroline Rivas pose la question de la frontière d'après l'expérience d'une famille palestinienne que le mur prive de ses terres agricoles. Dans son film intitulé sobrement Mur, Simone Bitton, réalisatrice de culture juive et arabe, nous livre le fruit de ses réflexions et de son expérience en tant que soldate israélienne en 1973 : «Ce mur que j’ai filmé fait partie de moi-même comme il fait partie de l’horizon mental et humain de mes personnages. Il est, en quelque sorte, le constat de notre échec. Mur est un film politique car tout est politique, mais il ne parle pas de politique. Il parle de moi, de nous.». Source : www.babelmed.net.

Dans Nakba de Max Francos, documentaire entré à la BDIC par don du réalisateur en 2012, la démarche est différente. Le film a été tourné dans un ancien camp de réfugiés palestiniens ainsi que dans une ancienne base militaire jordanienne, près de Jéricho. Ce film expérimental s'attache à décrypter l'histoire des lieux à travers les traces laissées sur les murs, suivant une démarche esthétique s'inspirant de l'archéologie.

Mais les murs de séparation sont aussi le support d’un message politique émanant d’individus qui s'insurgent contre leur existence. Ils représentent souvent une belle surface d’expression pour le street-art, qui sera d'ailleurs l’un des thèmes abordés lors du Mois du film documentaire de cette année, en parallèle à l’exposition « Affiche-Action, quand la politique s’écrit dans la rue »  (du 14 novembre au 24 février 2012 au Musée d’Histoire Contemporaine des Invalides).

Ainsi dans le film Faites le mur du célèbre artiste de rue Banksy, également disponible au service audiovisuel, on aperçoit ses œuvres taggées sur le mur de Jérusalem. Elles furent vécues comme une provocation par le gouvernement israélien.


banksy

Capture d'image de « Faites le mur » de Bansky  (Le Pacte: France télévision , 2011 )

 

D’autres dessins, de graffeurs étrangers ou de jeunes artistes palestiniens, continuent d’y fleurir.

 

mur1

 

mur2

 

Mélanie Karli, service audiovisuel BDIC


  • Accueil
  • Dossiers documentaires
  • Zooms sur les collections
VOIR AUSSI

La BDIC vous informe

Vous souhaitez recevoir les informations sur les actualités culturelles et scientifiques de la BDIC.

Inscription

Journal de la BDIC

Réalisé par les bibliothécaires des différents services, le Journal de la BDIC paraît trois fois par an.

Tous les numéros
LES COLLECTIONS
Mondes contemporains
Pôle de référence national et international pour toute l'histoire européenne des 20e et 21e siècles.

Tanguy Loyzance, Les forces du GUNT, Tchad,1983 © Loyzance
Bibliothèque, musée, centre d’archives
Archives, imprimés, audiovisuels, photographies, objets, ouvrages, peintures, dessins, affiches...

Henri Valensi, Expression des Dardanelles, 1917 © ADAGP 2015
Une documentation internationale
Collections en plusieurs langues sur les pays de l'Est, Etats-Unis, Amérique latine, Europe, Moyen-Orient...

Affiche "Tierra y libertad. Organo de la FAI. ", [1936-1939].
LA BDIC
bdicparis ouestparis lumieres
facebooktwittertumblrflickr  English
logo bdic reserve
Utilisation des cookies
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies susceptibles de vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts et de réaliser des statistiques de visites.