RIDECO

Le RIDECO présente une chronique hebdomadaire des nouvelles quotidiennes sur la vie de la Fédération de Russie et des Etats de Transcaucasie et d'Asie Centrale, d'après les informations publiées sur le Web dans différentes langues par divers organismes, comme notamment le RFE/RL Newsline (http://www.rferl.org) et Russian Service Daily News (http://www.svoboda.org)

2004 - semaine du 11 janvier 2004

Chronique compilée par Catherine Pardon

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RUSSIE

 

ETATS DE TRANSCAUCASIE ET D'ASIE CENTRALE


 

RUSSIE

Intérieur

Partis et élections      

Dans une interview au RFE le 9 janvier dernier, le leader du parti libéral Iabloko, Gregori Iavlinski, avait déclaré que les élections parlementaires de décembre n’étaient pas une réelle défaite pour la démocratie, dans la mesure où celle-ci n’avait jamais été au pouvoir. Depuis les années 80, la Russie a connu sept Premiers Ministres, venant tous du Comité Central du P.C. de l’Union Soviétique, du KGB, du FSB ou du Komsomol. L’actuel Président en est lui-même un pur produit. Iavlinski considère que seul l’intérêt de l’état compte pour Vladimir Poutine. Sa politique comprend cependant certains éléments progressistes, comme l’alignement sur l’Occident dans la lutte contre le terrorisme, mais son combat contre l’oligarchie russe n’est pas crédible. Selon certains analystes comme le Directeur du groupe de recherche Merkator, Dimitri Orechkine, Poutine n’a rien d’un libéral et les « Siloviki » de son entourage qui ne le sont pas non plus, ne le laisseront pas prendre une tangente libérale. Les dernières élections parlementaires l’ont d’ailleurs démontré. Vladimir Poutine aurait souhaité voir le parti libéral Iabloko siéger à la Douma : Iabloko a bonne réputation et est apprécié de l’Occident. Poutine avait œuvré dans ce sens, jouant pour cela de son influence, mais dans de nombreuses régions, comme celle du Bachkortostan ou du Tatarstan, les hommes de l’ombre ont contrecarré ses projets.

La candidate de l’Union des Forces de Droite (SPS), Irina Khakamada, a déclaré à l’Ekho de Moscou que sa candidature aux futures élections présidentielles n’était pas le résultat d’une suggestion du Kremlin, mais relevait bien de sa réelle volonté politique. Pourtant selon certains experts, nulle candidature ne peut voir le jour sans l’aval du Kremlin. En effet, la Commission Centrale Electorale peut à tout moment rejeter un candidat. Le 9 janvier, la Cour Suprême avait rejeté l’appel de l’homme d’affaires, German Sterligov, auparavant débouté par la Commission Centrale Electorale, pour non conformité de documents.

De son côté, le président de la Commission Centrale Electorale, Alexandre Vechniakov, a constaté à regret la politique de « double standards » pratiquée par l’OSCE, qui a su se montrer très laxiste dans ses critiques à l’occasion des élections géorgiennes.

Le Parti Communiste a décidé de soutenir la candidature du Gouverneur de Riazan, Viatcheslav Lioubimov, pour les élections du 14 mars. Lioubimov se présente pour un troisième mandat de gouverneur régional, rapporte Kommersant du 9 janvier.

Le leader de la faction Patrie, Sergueï Glazev, candidat à la présidence, a déclaré à la presse le 13 janvier, qu’il avait l’intention de proposer à la Douma toute une série de mesures concernant l’impôt. Ces mesures envisagent qu’une grosse partie (80 %) des énormes profits réalisés par les compagnies de gaz et de pétrole soit distribuée au budget fédéral, rapporte RIA-Novosti. Glazev a fait savoir que son parti proposait un débat sur trois thèmes : le contrôle de l’Etat sur les ressources naturelles, sur l’industrie de l’aviation et sur la protection des biens individuels dans les banques russes.

Le Président Poutine a nommé le Premier Ministre, Mikhaïl Kassianov, président du nouveau Conseil du Combat contre la Corruption. Deux commissions fonctionneront sous la tutelle de ce conseil, une qui sera destinée à prévenir la corruption et l’autre, avec Dimitri Kozak à sa tête, qui définira l’éthique en vigueur. Au lendemain de cette nouvelle nomination, les rumeurs sur un éventuel limogeage de Kassianov semblent de plus en plus sujettes à caution.

Lors de la première réunion du Conseil de Combat contre la Corruption, Vladimir Poutine a prononcé un discours. Selon le Président, la corruption prendrait ses racines dans l’absence de législation et surtout dans l’absence de contrôle effectif des organes du pouvoir. Un contrôle efficace serait donc nécessaire, ce qui laisse sceptique de nombreux observateurs. La mise en place d’une telle organisation demanderait une vraie compétition politique, la liberté de parole et une politique de transparence de la part des autorités, ce qui est loin d’être au point en Russie, rapporte Interfax du 12 janvier en citant Gueorguï Satarov, patron de la fondation de recherche INDEM.

Le Président Poutine a nommé au poste de Chef adjoint de l’Administration présidentielle, Valéry Nazarov. Nazarov occupait encore récemment le poste de président du Comité de Privatisation de la ville de St Pétersbourg, et ce depuis 1999. Né à Tambov, Nazarov est diplômé de l’Institut Electro-Technique de Leningrad.

 

Economie

Pétrole

Le Ministre de l’Energie, Igor Ioussoufov, s’est rendu à Riad pour y rencontrer son homologue saoudien, Ali Naïmi, le 8 janvier dernier. Les deux hommes ont discuté d’une coopération commerciale qui leur permettrait de stabiliser les prix du pétrole. Ioussoufov a aussi rencontré ses homologues du Koweït et du Qatar. Selon polit.ru, Moscou serait inquiète de la situation du marché des prix du pétrole dans le monde, les taux ayant atteint des sommets très élevés ces deux dernières années. Le but du Ministre de l’Energie russe est avant tout de s’entendre avec les pays membres de l’OPEP pour endiguer les baisses de livraisons et réduire ainsi le coût des prix pétroliers.

Par ailleurs, selon des sources gouvernementales non-officielles, Moscou continue de se faire tirer l’oreille concernant sa participation à la construction du pipeline Bakou-Ceyhan.

 

Justice

Justice

Le 12 janvier, la Cour de Moscou a condamné à la prison à vie deux hommes directement impliqués dans l’attentat à la bombe des appartements de Moscou en 1999. Cet attentat avait fait 243 victimes, rappelle Interfax. Les deux hommes avaient été extradés en 2002 de Géorgie pour appartenance à des groupes terroristes, assassinats, possession et transports illégaux d’armes et d’explosifs. L’un des terroristes a reconnu les faits, en précisant cependant que les explosifs devaient servir contre des installations techniques et non des appartements privés. Cette affaire est loin d’être définitivement réglée dans l’esprit des gens et soulève toujours bon nombre d’interrogations. L’avocat d’un des accusés en s’appuyant sur les affirmations du magnat de presse russe en exil, Boris Berezovski, qui avait mis en cause les services de sécurité du pays dans cette affaire, accuse le Parquet d’avoir « fabriqué » preuves, témoins et experts et s’apprête à faire appel du jugement rendu. Les services du FSB affirment de leur côté que l’affaire est loin d’être terminée, le principal instigateur de ces actes criminels, Atchemez Gotchaïev, étant toujours en liberté. Selon les enquêteurs, le groupe de Gotchaïev avait subi un entraînement dans des bases rebelles tchétchènes, situées dans les villes de Serjen-Iourt et d’Ourous-Martan. C’est dans ces bases que les explosifs auraient été préparés. Le groupe « d’instructeurs techniques » était composé de deux chefs de guerre arabes. Un film projeté durant le procès montre un des accusés aidant à exécuter des soldats russes blessés.

A l’occasion de la fête officielle de la magistrature, le Président russe, Vladimir Poutine, a félicité les magistrats. Poutine a déclaré que les magistrats et enquêteurs étaient les « gardiens des normes constitutionnelles  et les protecteurs des intérêts légitimes des citoyens ». Le Procureur Général, Vladimir Oustinov, s’est engagé à faire baisser le taux de criminalité pour 2004, le bureau d’enquêtes ayant pour but principal le combat du crime.

Le 13 janvier, le Directeur du bureau des services russes d’Interpol, Sergueï Pismenski, a confirmé une demande d’extradition concernant l’ex-patron de banque, Alexandre Konanykhine, accusé d’avoir détourné la somme de 8 millions de dollars des caisses de la « Banque de Change de Tous  les Russes », aujourd’hui fermée. Konanykhine, qui vivait aux Etats-Unis, avait été arrêté en décembre en compagnie de sa femme, alors qu’il cherchait à se rendre au Canada pour y demander l’asile politique. Selon Konanykhine, le Gouvernement russe le persécuterait essentiellement pour les liens qu’il entretenait avec le patron de la Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski.

Vassili Chakhnovski, ex-président de la Ioukos-Moscou, s’est rendu dans la circonscription de Mechtchanski pour y être jugé pour détournement de taxes et fabrication de faux documents, rapporte ITAR-TASS. La somme détournée serait d’1 million de dollars pour la période 98-2000. Chakhnovski, qui depuis a réglé sa dette alourdie d’une amende, rejette l’accusation de faux et de détournement de fonds qui rend illégale son élection au Conseil de Fédération de la Région Autonome d’Evenk.

Le 14 janvier, l’actuel porte-parole de la Ioukos, Alexandre Chadrine, a protesté contre le montant de l’imposition fiscale demandée à la compagnie pour l’année 2000. Après que la compagnie ait été auditée, le Ministère des Impôts avait demandé 3,4 billions de taxes impayés à l’entreprise, selon l’Ekho de Moscou. Mais d’après Chadrine, la Ioukos a toujours réglé honnêtement ses impôts. En décembre dernier, le Ministère des Impôts avait adressé une requête à Vladimir Oustinov, Procureur général de Russie. Il affirmait que la Ioukos était redevable de 150 billions de roubles de 98 à 2002, et demandait l’ouverture d’une enquête criminelle.

 

Médias

A l’occasion d’une conférence de presse le 13 janvier dernier, le Ministre de l’Information a prédit que l’année 2004 serait une année difficile et importante pour les médias russes. La présidente moscovite du groupe d’Helsinki, Lioudmilla Alexeïeva, rapportait que la situation de la presse en matière de liberté de parole s’était détériorée ces dernières années et qu’on était revenu à une situation rappelant l’ère soviétique, rapporte le bureau de Moscou du RFE/RL. Des interdictions tacites existent : il est toujours difficile de critiquer le leader du pays et le sujet de la guerre en Tchétchénie reste tabou.

 

Affaires religieuses

 

 

Affaires régionales

 

 

Tchétchénie

Le Président Aslan Maskhadov, qui avait été légèrement blessé le 27 décembre dans une attaque des Forces russes et des Forces tchétchènes pro-russe, a décidé d’organiser une réunion de tous les chefs de guerre et de tous les responsables des opérations de sabotage. Cette réunion est prévue pour le 11 janvier, dans la région de Chatoï, rapporte tchetcheninfo du 12 janvier. A cette occasion, Maskhadov fera le point sur les résultats insatisfaisants des opérations de contre-espionnage tchétchène.

Les trois derniers camps de réfugiés tchétchènes d’Ingouchétie seront définitivement fermés le 1er mars. La population demeurant encore dans ces camps est estimée à 4600 personnes. Selon le Premier Ministre tchétchène, Eli Issaïev, il n’y a aucune raison aujourd’hui pour que des gens vivent sous des tentes dans des conditions de vie détestables. Le retour au pays est possible. Le plan de rapatriement des réfugiés sera discuté le 10 janvier par les responsables russes du Ministère de l’Intérieur et par le Président ingouch, Mourat Ziazikov, rapporte ITAR-TASS.

L’arrestation du Président tchétchène Aslan Maskhadov, ainsi que celle du Chef de guerre Chamil Bassaïev, est « une simple question de temps, a affirmé le Colonel Baranov, qui commande les Forces armées du Nord Caucase, selon ITAR-TASS du 14 janvier. Baranov a aussi déclaré que la résistance tchétchène ne tiendrait plus très longtemps. Pour preuves, les militants ont dû changer leur tactique. Aujourd’hui, ils n’attaquent plus massivement mais par petits groupes.

 

 

CEI

 

 

Etranger

Etats-Unis

Les responsables d’une des plus grandes usines russes d’armements basée à Toula, ont nié catégoriquement l’accusation portée par les services de presse américains et britanniques qui révélaient que l’usine avait fourni à l’Irak des systèmes de missiles antitanks Kornet-3, avant le départ du pouvoir de Saddam Hussein. Selon un article du Los Angeles Times du 10 janvier, qui cite un haut fonctionnaire du département d’Etat américain, les Etats-Unis auraient reçu la preuve que des lunettes de vision nocturne et des radars de brouillage auraient été livrés et utilisés durant le conflit. Le Directeur de la KBP-Toula a rejeté ces déclarations, soulignant que 1000 Kornets avaient bien été vendus l’an dernier, mais à la Syrie, en toute légalité. D’après le Vice premier ministre russe, Boris Alechine, une commission gouvernementale veille étroitement sur les exportations d’armes russes et il est impossible d’agir sans son consentement. Alechine a proposé que les Etats-Unis communiquent les sources de leurs renseignements à la Russie. Les accusations américaines sont perçues par certains comme de vulgaires tentatives destinées à déstabiliser le complexe militaro-industriel russe et à régler ainsi des questions de concurrences. Ces accusations pourraient simplement servir à détourner l’attention de la Nation américaine des échecs de ses troupes en Irak. 

 

Divers

 

 

ETATS DE TRANSCAUCASIE ET D'ASIE CENTRALE

 

Abkhazie

L’Abkhazie est prête à reprendre les pourparlers avec la Géorgie sans conditions préalables, selon Interfax du 12 janvier en citant le Ministre abkhaze des Affaires Etrangères, Sergueï Chamba. Chamba a annoncé que les représentants abkhazes et géorgiens se réuniraient au mois de janvier pour discuter des problèmes de sécurité collective. Selon Chamba, il serait « souhaitable » que l’Abkhazie soit présente lors de la prochaine session du Conseil de Sécurité des Nations Unies, le 31 janvier. Le conflit entre l’Abkhazie et la Géorgie y sera débattu. L’Ambassadeur turc en Géorgie a fait savoir que son pays était prêt à abriter des négociations de paix entre la Géorgie et l’Abkhazie.

 

Arménie

Le Parquet a requis une peine de sept années de prison contre un ancien responsable du Ministère de la Sécurité, accusé d’avoir comploté contre la vie du Ministre de la Sécurité en place à cette époque, Serj Sarkissian, rapporte le bureau de Erevan d’RFE/RL. Levon Abrahamian aurait voulu attenter à la vie de Sarkissian pour se venger d’avoir été arrêté et soupçonné de l’enlèvement contre rançon d’un citoyen iranien en 98. Amnistié en 2002, Abrahamian n’aurait pas oublié l’offense. Condamné aujourd’hui à six ans de prison, Abrahamian a de nouveau protesté de son innocence et a révélé que le but des enquêteurs en le faisant condamner était d’impliquer  le président d’opposition du Parti d’Accord National.

Le Ministre des Affaires Etrangères d’Arménie, Vartan Oskanian, s’est déclaré favorable à la poursuite du dialogue avec Ankara, rapporte Mediamax. Oskanian a souligné que, en dépit de négociations difficiles, la position d’Ankara concernant les relations turco-arméniennes ne semble plus exclusivement reposer sur le règlement du conflit au Nagorno-Karabakh. La Turquie aurait même proposé d’accueillir une réunion trilatérale pour tenter de trouver une solution au conflit.

 

Azerbaïdjan

Le Parlement a voté la loi controversée sur la Télévision nationale, rapporte Touran. Aucune des suggestions faites par le Conseil de l’Europe n’a été retenue et intégrée dans le projet. Ces recommandations du Conseil avaient été faites en mai 2003, après l’adoption du projet à la première lecture et avant le second examen de la loi. La nouvelle structure sera administrée par neuf membre du Conseil des émissions, dont les membres doivent être libres de toute attache politique. Le Directeur de ce Conseil sera élu pour cinq ans et son élection devra être approuvée par le Président.

A l’occasion de sa visite en Azerbaïdjan, le Ministre turc des Affaires Etrangères, Abdoullah Goul, a rencontré le Président Ilham Aliev, à qui il a de nouveau proposé la médiation de son pays dans le conflit qui oppose l’Arménie à l’Azerbaïdjan, au sujet du Nagorno-Karabakh. Goul a tenu à préciser que l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan serait respectée. D’autres sujets, comme les relations bilatérales entre les deux pays et le déclin du commerce turco-azéri ont également été évoqués par les deux hommes lors de cette rencontre, selon Touran et l’A.P.

Le 13 janvier, le président du Parlement azéri a déclaré devant les députés que les parlementaires qui manqueront plus de 30 sessions consécutives auront leur mandat supprimé, selon Touran. Le chef de file de l’aile progressive du Front Populaire de l’Azerbaïdjan et certains autres députés d’opposition, qui ont boycotté les sessions depuis septembre pour protester contre des insultes reçues, pourraient bien être visés par cette nouvelle mesure, si celle-ci avait des effets rétroactifs.

 

Géorgie

Le nouveau Président géorgien a déclaré devant la presse de Tbilissi le 10 janvier, que la proximité de date des élections parlementaires (28 mars prochain) n’empêcherait pas les partis d’opposition de se lancer dans une campagne efficace. Dans le cas contraire, le Parlement restera aux mains du bloc comprenant le Mouvement National de Saakachvili et le bloc des Démocrates de Nino Bourdjanadze, rapporte la Presse du Caucase. Selon Saakachvili, l’opposition a sapé ses chances d’être représentée en refusant de participer à la révolution de velours. Le peuple géorgien a confiance en moi, a répété le Président, il a besoin d’un Président fort et je ne débattrai pas de la question d’une réduction des pouvoirs présidentiels devant le Parlement.

Le Président Saakachvili a proposé l’ex-vice Ministre de la Justice, Irakli Okrouachvili, pour le poste de Procureur Général de Géorgie, rapporte ITAR-TASS. Le Président a parlé en terme élogieux de son protégé, comme d’un « infatigable combattant » du crime et de la corruption. Le 14 janvier, le Parlement a ratifié la proposition du Président concernant la nomination d’Irakli Okrouachvili et celle d’Irakli Rekhviachvili au poste de Ministre de l’Economie. Agé de 28 ans, Rekhviachvili travaillait jusque-là à l’ « Open Society » de Bulgarie.

Le Ministre russe de la défense, Sergueï Ivanov, a rappelé que le retrait des troupes russes stationnées en Géorgie demanderait un certain temps, faute de moyens. Le Ministère russe des Finances n’a pas encore versé de fonds pour la construction sur le sol russe de bâtiments de remplacement. De toute façon, aucun retrait ne pourra commencer sans la signature d’un accord entre les deux pays, selon ITAR-TASS. Aucun retrait n’est envisagé avant 2014, à moins que la Géorgie ou la Communauté européenne soit d’accord pour financer le retrait. La Russie parle de 500 millions de dollars pour l’opération, somme que le Ministre des Affaires Etrangères de Géorgie juge « excessive ». Les Etats-Unis ont proposé de financer une partie de l’opération.

Le 13 janvier, une soixantaine de Géorgiens, réfugiés d’Abkhazie, est entrée par effraction dans le bureau du Gouverneur de Zougdidi et a pris en otage le Gouverneur, Leri Tchitanava. Les manifestants exigeaient le paiement des 8 dernier mois de leurs allocations de réfugiés, selon la Presse du Caucase. Plus de 400 personnes ont ensuite encerclé les bâtiments et bloqué la ligne de chemin de fer qui va de Zougdidi à Tbilissi.

 

Kazakhstan

Le 9 janvier à Astana, le Président russe, Vladimir Poutine, et le Président kazakh, Noursultan Nazarbaïev, ont signé un accord bilatéral sur l’utilisation à long terme du centre spatial de Baïkonour. Cet accord prolonge à 2050 l’utilisation du centre spatial. La rente annuelle de 115 millions de dollars, déjà fixée en 99, restera inchangée. Poutine et Nazarbaïev ont également signé un mémorandum sur l’utilisation internationale des infrastructures de Baïkonour. Une attention toute particulière a été accordée aux problèmes d’environnement liés au complexe, concernant notamment le fuel toxique utilisé dans les fusées. D’autres accords ont été signés. Ils concernent le secteur de l’énergie, selon Interfax. Des efforts conjoints seront faits, pour développer les gisements de pétrole kazakh dans le nord de la Caspienne, pour améliorer le transport du pétrole et du gaz kazakh et le secteur de l’industrie électrique. La coopération militaro-industrielle, qui est vue comme un élément important de la sécurité régionale, sera aussi renforcée.

Le Président Noursultan Nazarbaïev a signé une série d’amendements qui prévoient de remplacer la peine de mort par l’emprisonnement à vie, selon Interfax-Kazakhstan du 12 janvier. Ces amendements ont été publiés au journal officiel le 10 janvier. En décembre, Nazarbaïev avait prolongé le moratoire sur la peine de mort, comme le prévoyait l’accord passé entre le Conseil de Sécurité du Parlement Européen.

Lors du sommet des chefs d’état de la Russie et du Kazakhstan, le Kazakhstan a annoncé son intention de moderniser son système de défenses antiaériennes avec l’aide des Etats-Unis, de la Grande Bretagne et de l’Allemagne, selon Kommersant du 12 janvier. D’après les autorités du Ministère russe de la Défense, ce projet violerait les accords de 95 des états de la CEI, qui concernent la mise en place d’un système de défense en commun. Mais ce projet serait très coûteux. Moscou, qui était sur la liste des pays pouvant parrainer le projet a décidé de revoir ses coûts à la baisse.

Le Gouvernement kazakh a mis sur pied un groupe de travail pour lutter contre l’économie parallèle, qui représente aujourd’hui entre 22 et 30 % du PIB du Pays. Ces pratiques sont particulièrement développées dans le secteur de l’agriculture, de la construction, de la médecine, de l’éducation, de la restauration et du transport. Le 14 janvier, le groupe lors de sa première réunion se donnait deux mois pour débloquer la situation, rapporte Ria-Novosti.

 

Kirghizistan

Le 12 janvier, l’Ambassadeur russe à Bichkek a fait savoir que la Fédération de Russie avait convoyé 90 000 manuels scolaires au Kirghizistan pour les populations de langue russe, rapporte Interfax. Les manuels ont été payés avec des fonds du Gouvernement russe. Selon l’Ambassadeur, plus de 100 000 manuels ont déjà été donnés au Kirghizistan l’année 2003. Le Ministre de l’Education du Kirghizistan a déclaré que plus d’un quart des écoles secondaires du pays utilisait le Russe comme langue d’apprentissage. Un débat divise actuellement le Parlement kirghize pour définir la place et le statut de la langue russe au Kirghizistan.

Le Vice premier ministre kirghize, Bazarbaï Mambetov, a déclaré lors d’une conférence à Bichkek le 13 janvier dernier, que la menace d’inondation sur la rive droite de la rivière Syrdaria devait stimuler l’idée d’un « consortium des eaux » entre les pays riverains. Le Kazakhstan, la Russie et le Kirghizistan sont impatients de former une telle union.  

 

Ouzbékistan

Le 12 janvier, une délégation de représentants du Ministère de l’Intérieur Tadjik est venue en Ouzbékistan, dans la ville frontalière de Denaou, pour rencontrer une délégation ouzbek et discuter d’une action commune de sécurisation dans le secteur du transport, les principaux désordres dans ce domaine venant du crime organisé et du trafic de drogue.  L’Ouzbékistan veut augmenter les droits d’importations sur un certain nombre de produits de consommation, comme le thé, le soja, les huiles végétales, et aussi la viande et le poisson. Cette augmentation des taxes est destiné à protéger les produits domestiques des producteurs étrangers.

 

Tadjikistan

Le vice patron des services de douanes russes, le Général Alexandre Manilov, a déclaré le 11 janvier dernier que la Russie était d’accord pour que les gardes frontières tadjiks deviennent pleinement responsables de la frontière entre le Tadjikistan et l’Afghanistan. Les services douaniers russes devront cependant demeurer sur place, selon ITAR-TASS. En 2003, les responsables tadjiks avaient déjà demandé à maintes occasions d’assurer la sécurité de cette frontière. A l’époque, la Russie avait repoussé cette proposition. Les détails de ce transfert de responsabilités devront être soumis à une commission russo-tadjik, spécialement créée pour l’occasion.

Un missionnaire baptiste, pasteur dans la ville d’Isfara au nord du Tadjikistan, a été tué dans son église le 12 janvier dernier, selon Asia Plus-Blitz du 14. Le Ministère de l’Intérieur a dépêché sur place une équipe d’enquêteurs.

 

Turkménistan

Selon turkmenistan.ru du 13 janvier, bien que figurant parmi les états neutres, le Turkménistan aurait dépensé 200 millions de dollars pour moderniser ses équipements militaires, aux dires du Président Saparmourat Niazov. Un total de 80 millions de dollars a été de nouveau réservé à cet effet pour l’année 2004, l’objectif étant bien sûr d’assurer la sécurité du pays. 

Le Président Saparmourat Niazov a proposé au Ministre iranien des Affaires Etrangères, Kamal Kharrazi, actuellement en visite dans le pays, d’examiner avec lui une éventuelle participation dans la construction d’un pipeline. Ce pipeline transporterait le pétrole turkmène vers le Golfe Persique à travers l’Iran, selon turkmenistan.ru du 15 janvier. Niazov voudrait intéresser l’Iran à l’industrie pétrochimique du Turkménistan, tout particulièrement à la production de plastiques. Le statut des eaux de la Caspienne a également été évoqué par les deux hommes.

 


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