RIDECO

Le RIDECO présente une chronique hebdomadaire des nouvelles quotidiennes sur la vie de la Fédération de Russie et des Etats de Transcaucasie et d'Asie Centrale, d'après les informations publiées sur le Web dans différentes langues par divers organismes, comme notamment le RFE/RL Newsline (http://www.rferl.org) et Russian Service Daily News (http://www.svoboda.org)

2004 - semaine du 15 mars 2004

Chronique compilée par Catherine Pardon

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RUSSIE

 

ETATS DE TRANSCAUCASIE ET D'ASIE CENTRALE


 

RUSSIE

Intérieur

Elections

Vladimir Poutine a été réélu à la présidence de la Fédération Russe avec 71,2 % de voix. Le taux de participation a été de 64,3 %, rapporte lenta.ru. Le candidat du P.C., le député d’Etat, Nikolaï Kharitonov, arrive en seconde position, avec 13,7 % des voix. Sergueï Glazev n’est qu’en troisième position avec 4,1 % des voix, Irina Khakamada en quatrième position, avec 3,9 %, le candidat de Russie Démocratique Libérale (LDPR), Oleg Maliouchkine a obtenu 2 % des voix et le président du Conseil de Fédération, Sergueï Mironov arrive en dernier, avec 0,8 % des voix. Pour rappel, en 2000, Vladimir Poutine avait obtenu 52,9 % des voix, tandis que son rival communiste, Guennadi Ziouganov, obtenait 29,21, rappelle newsru.com.

Les candidats malheureux, Sergueï Glazev et Irina Khakamada, ont donné une conférence de presse à Moscou au cours de laquelle ils ont émis des doutes sur l’honnêteté du scrutin. Selon Khakamada, le Centre Public pour le Contrôle des Elections Présidentielles, nouvellement créé, aurait reçu 109 plaintes. D’après l’Ekho de Moscou, le Centre aurait relevé des violations de procédures dans presque tous les districts de Moscou. Les candidats Glazev, Khakamada et Kharitonov seraient à l’origine de l’existence de ce centre.

Le 12 mars dernier, le leader de Iabloko, Gregori Iavlinski, a déclaré sur NTV qu’il avait préféré renoncer à l’élection présidentielle car les procédures d’élections sont encore loin d’être démocratiques en Russie.  

Le lendemain de l’élection présidentielle, le Président Poutine a pris la parole devant les journalistes. Il a renouvelé sa promesse de renforcer le multipartisme, la société civile et la protection de la liberté de presse. Vladimir Poutine a dénoncé les personnes qui, sous couvert des intérêts de l’état, en profitent pour se remplir les poches, précisant cependant qu’il veillerait au maintien de la croissance économique de la Russie. De nouvelles mesures seront prises dans le domaine économique et social, en vue d’améliorer le niveau de vie en Russie. En politique étrangère, la recherche de compromis sera toujours privilégiée, si ces compromis sont conciliables avec les intérêts de la Russie. La Fédération de Russie se propose de travailler main dans la main avec les Etats-Unis, l’Union Européenne, les différents pays européens, l’Inde, la Chine et ses autres partenaires asiatiques.

Nominations

Le 13 mars, le Premier Ministre, Mikhaïl Fradkov, a nommé à la tête de la nouvelle Agence Fédérale de Culture et de Cinématographie l’ancien Ministre de la Culture, Mikhaïl Chvydkoï. Cette agence dépend du nouveau Ministère de la Culture et de la Communication. De même, le nouveau Service Fédéral du Comité de Surveillance de l’Education et des Sciences sera dirigé par Viktor Bolotov, l’ancien Vice Ministre de l’Education.

L’ancien Ministre de l’Information, Mikhaïl Lessine, a refusé sa nouvelle nomination à la tête de l’Agence fédérale de l’Edition et des Communications de masse, rapporte Kommersant du 17 mars. La restructuration gouvernementale placerait son agence sous la tutelle de deux censeurs, ce qui n’a pas eu l’heur de lui plaire.

Le nouveau Ministre des Transports et des Communications, Igor Levitine, a annoncé une importante réduction de personnels dans son ministère. D’après le Ministre, la restructuration des ministères ne permettra pas de réduire le nombre de fonctionnaires : « on supprime 24 ministères et l’on créé à leur place 42 départements ». De plus, si chaque ministère créé ses propres structures, le chaos pourrait s’installer.

 

Economie

Ressources naturelles

Mikhaïl Troutnev, le nouveau Ministre des Ressources Naturelles, a ouvert une enquête sur l’activité de son prédécesseur, Vitali Artioukhov. La signature de deux licences d’exploitation pétrolière le 8 mars, dernier jour d’activité de l’ex-ministre, a attiré l’attention de Troutnev. Au total, 18 licences auraient été accordées à la LUKoil et plusieurs autres à une compagnie appartenant à l’associé du fils d’Artioukhov.

Le 16 mars à Beijing, la Compagnie russe de pétrole, Ioukos et la Compagnie de Pétrole de Chine, la Sinopec ont signé un accord commercial. Selon les termes de cet accord, il est prévu qu’en 2004 Ioukos livre 6,5 millions de tonnes de pétrole à la firme chinoise et 9 millions de tonnes en 2005, rapporte gazeta.ru. Le pétrole sera acheminé par train, via la Mongolie. Le représentant de Ioukos en Chine a déclaré que, cet été, la compagnie signerait un contrat qui s’étale sur sept ans et qui concerne la livraison de 10 millions de tonnes supplémentaires par an à la Chine. En 2003, Ioukos a vendu 3 millions de tonnes à la Chine. L’ex-patron de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, aujourd’hui emprisonné, avait en projet la construction d’un pipeline qui irait d’Angarsk à Datsine, en Chine. Le Kremlin, qui privilégiait plutôt un projet de pipeline reliant Angarsk au port de l’Extrême Asie russe, Nakhodka, semble avoir aujourd’hui changé d’avis. Le Président Poutine a déclaré que la Russie devait dynamiser ses exportations vers la Chine Le port de Nakhodka est le plus souvent utilisé pour livrer le pétrole au Japon, aux Etats-Unis et à l’Asie du Sud-est.

Le géant du pétrole russe, Sibneft, contrôlé par l’oligarque Roman Abramovitch, a signé un contrat de sponsoring de 3 ans, d’une valeur de 54 millions de dollars, avec le club de foot de Moscou, le CSKA. L’argent est destiné à acquérir de nouveaux joueurs et à reconstruire un stade pour le club. Lorsqu’il s’était porté acquéreur du Club de foot anglais de Chelsea en juin 2003, Abramovitch avait dû faire face à de nombreuses critiques, notamment de la part du président de la Chambre d’Audit, Sergueï Stepachine, et de Iouri Loujkov, le Maire de Moscou, qui l’avait accusé de cracher sur la Russie. Ce contrat constitue une réponse aux sévères critiques qui dénonçaient l’achat du club de Chelsea comme un manque évident de patriotisme.

Le 17 mars, une commission d’enquête de la Chambre d’Audit est arrivée dans la République de Tchoukotka, dont Abramovitch est Gouverneur, pour examiner les finances de l’administration régionale. Abramovitch a été récemment déclaré la personne la plus riche du Royaume Uni !

 

Justice

D’après le compte-rendu lu dans la presse russe, les 5 billions de dollars de la Menatep (organisme financier du géant pétrolier Ioukos), gelés dans une banque suisse au début de ce mois, n’appartiendraient pas aux actionnaires de Ioukos mais à la compagnie des fonds de retraite, rapporte Interfax du 12 mars. Un porte-parole du Procureur Général aurait affirmé que les services compétents n’avaient pas l’intention de demander à Ioukos l’origine de cet argent, n’y d’entrer dans des décomptes imaginaires.

 

Médias

Le Secrétaire de l’Union des Journalistes, Igor Iakovenko, a déclaré que si les précédentes élections présidentielles ne s’étaient pas déroulées correctement, celles-ci ne pouvaient être en aucun cas considérées comme de vraies élections, selon izvestia.ru et gazeta.ru. Il n’y a eu ni compétition entre les candidats ni débats d’idées. Certaines fois, la censure s’est même exercée directement par le biais des chaînes nationales.

 

Affaires religieuses

Le patriarche de Moscou et de Toute la Russe, Alexeï II, ainsi que le président du Conseil des Muftis, Ravil Gaïnoutdine, ont appelé leurs fidèles à aller voter le 14 mars. Selon ITAR-TASS, le Chef de l’Eglise Bouddhiste, Pandito Xambo Laman, a annoncé que les 1500 moines bouddhistes sortiront de leur retraite pour voter. 

 

Affaires régionales

Les élections régionales étaient également prévues pour le 14 mars dans dix régions de Russie. Six des gouverneurs en place ont été réélus. Dans la région de Krasnodar, le Gouverneur Tkatchev a remporté un second mandat avec 84,1 % des voix. Dans la région de Mourmansk, le Gouverneur Iouri Ievdokimov a remporté les élections pour un troisième terme avec 77,1 % des voix. Dans la région de Tchita, le Gouverneur Ravil Gueniatouline est reparti pour un troisième mandat, avec 68,2 % des voix sur 94 des scrutins dépouillés, selon RIA-Novosti du 15 mars. A Kalouga, le Gouverneur Anatoli Artamonov a obtenu 66,9 % des voix. A Voronej, le Gouverneur Vladimir Koulakov arrive en tête pour un second mandat, avec 51 % des voix. En Oudmourtie, le Président Alexander Volkov a emporté 54 % des scrutins de vote.

Les régions d’Arkhangelsk, de Riazan, de l’Altaï et de Koriak devront organiser un second tour.

Le Taux de participation au vote n’a pas été le même dans toutes les régions, selon Nezavissimaïa gazeta du 15 mars. La région de Kabardino-Balkaria ( ??) et la Tchétchénie arrivent en premier plan avec une participation de 94 %. Puis le Bachkortostan, avec 89,3 % de participation, suivi de la Région Autonome de Tchoukotka avec 83,2 %. La région de Sakha (Iakoutie) suit avec 79,9 %. Par contre, à Irkoutsk, la participation n’a été que de 44,7 %, en dépit des nombreuses voitures munies de haut-parleur, parcourant la région pour inviter les gens à voter.

 

Tchétchénie

     Le Chef de l’Administration tchétchène pro-russe, Akhmed-hadji Kadyrov, a nommé Sergueï Abramov au poste de Premier ministre pour remplacer Anatoli Popov. Agé de 32 ans, Abramov qui est d’origine russe, avait occupé le poste de Ministre des Finances de 2001 à 2003, avant d’être nommé à la Direction du bureau permanent de la Chambre d’Audit russe. Selon Kadyrov, Abramov serait un homme sérieux et un spécialiste compétent.

Un officier du FSB, qui se trouvait parmi les 9 Russes faits prisonniers par la résistance tchétchène le 14 mars dernier, a déclaré à ses kidnappeurs que le FSB aurait convoyé par bateau vers la France 200 tonnes d’explosifs destinées à des attaques terroristes, selon tchetchenpress.com du 17 mars en citant l’agence de presse tchétchène, Kavkaz-Tcentr.

Ces actes terroristes seraient perpétrés par 4 groupes terroristes, comprenant chacun 2 agents du FSB.

Le Président tchétchène, Aslan Maskhadov, élu en janvier 97 et reconnu par la Communauté internationale, a remercié le Parlement Européen pour avoir reconnu comme acte de génocide la déportation du peuple tchétchène de 1944 en Asie Centrale. Maskhadov a exprimé l’espoir de voir un jour reconnaître l’actuelle guerre de Tchétchénie comme un génocide. Le Président Maskhadov a affirmé que des milliers de jeunes gens, désespérés par l’indifférence de la communauté internationale, intégraient les rangs de la résistance.      

Kamtchatka

Le Gouverneur de la région de Kamtchatka, Mikhaïl Machkovtsev, pourrait bien être condamné à une peine de dix ans de prison pour avoir levé les quotas sur le saumon. A l’époque où Machkovtsev avait donné l’ordre de lever les quotas de pêche (août 2002), le Ministre de la Justice, Iouri Tchaïka l’avait déjà mis en garde contre les dangers de cette politique.         

 

CEI

 

 

Etranger

Etats-Unis

L’Ambassadeur des Etats-Unis à Moscou, Alexander Vershbow, a déclaré dans Nezavissimaïa gazeta du 15 mars, que le Président Bush, le Secrétaire d’Etat Colin Powell et le Conseiller à la Sécurité Nationale des Etats-Unis, Condoleezza Rice, s’inquiétaient du sort de la démocratie en Russie. Vershbow a ajouté qu’il serait temps que les politiques russes cessent de considérer le territoire de l’ex-URSS comme une zone d’intérêts pour la Seule Russie : les Etats-Unis sont également très soucieux de voir la stabilité politique établie dans ces régions.

Lors d’une conférence de presse à Moscou le 15 mars, le Président russe, Vladimir Poutine, a aussitôt fait savoir en réponse à ces commentaires que si les critiques des politiciens américains sur la démocratie en Russie n’étaient pas sans fondements, elles étaient surtout liées à la campagne électorale qui se déroule en ce moment aux Etats-Unis.  Poutine a justement fait remarquer que dans les pays où la démocratie semble particulièrement ancrée, il pouvait aussi y avoir des problèmes dans le processus électoral. Ce qui a d’ailleurs était  le cas il y a quatre ans aux Etats-Unis, lors des dernières élections présidentielles !

Elections  et observateurs régionaux…

L’OSCE a reconnu que si les élections russes avaient été très bien gérées, il y manquait cependant l’affrontement démocratique. Bien sûr les candidats ont eu l’occasion de présenter leur programme et leurs idées aux électeurs, mais le contrôle de l’état exercé sur la presse faisait très nettement peser la balance en faveur du candidat-président, selon l’Ambassadeur Christian Strohal, directeur du bureau des Institutions Démocratiques et des Droits de l’Homme de l’OSCE. De son côté, le représentant de la délégation de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe a révélé que si dans la plupart des bureaux de vote, le dépouillement s’était bien passé, certains (1/4 environ) ont cependant connu des problèmes. Des observateurs de l’organisation non gouvernementale, Golos (la Voix) ont, pour la première fois, rencontré une hostilité non dissimulée alors qu’ils tentaient de faire leur travail. Golos avaient délégué 500 observateurs sur le terrain. En revanche, les observateurs de la CEI (233) ont déclaré que les élections s’étaient déroulées de façon « libre et démocratique » et qu’aucune violation sérieuse n’avait été relevée.

Ukraine

Le 17 mars, le Président Vladimir Poutine a reçu en visite officielle à Moscou le Président ukrainien, Leonid Koutchma, pour discuter avec lui des relations économiques et politiques entre les deux pays, selon les Izvestia et RTR. La création d’une zone de libre commerce comprenant la Russie, l’Ukraine, le Kazakhstan et la Belarus a été au centre des débats, ainsi que la création d’un consortium de gaz naturel russo-ukrainien. Les problèmes concernant les frontières sur la Mer d’Azov sont toujours en suspend. Des accords, signés l’année dernière à ce sujet, attendent la ratification des parlements respectifs. Les deux Présidents ont finalement évoqué la situation politique en Géorgie. Certains problèmes devront être réglés au plus vite cette année, avant que des réformes politiques, prévues de longue date en Ukraine, n’entament sérieusement le pouvoir du Président de la République.

Iran

Lors d’une conférence de presse, le nouveau Ministre des Affaires Etrangères de Russie, Sergueï Lavrov a défendu la participation de la Russie au programme nucléaire iranien : l’Iran a le droit de développer une industrie nucléaire pacifique avec l’aide de la Russie. La coopération russo-iranienne s’exerce aussi dans d’autres domaines, comme celui de la lutte contre le terrorisme international. La position de la Russie reste claire : elle n’a jamais livré illégalement des armes à l’Iran. 

 

Divers

 

 

ETATS DE TRANSCAUCASIE ET D'ASIE CENTRALE

 

Abkhazie

Après de nombreuses tentatives vouées à l’échec, le Parlement abkhaze en exil à Tbilissi a élu un nouveau président, Temour Mjavia, rapporte la Presse du Caucase du 16 mars. Temour Mjavia, qui à la fin des années 80 avait soutenu la candidature du leader nationaliste, Zviad Gamsakhourdia, a rejoint le mouvement national du Président Saakachvili, depuis déjà de nombreuses années.

 

Arménie

Le nouveau Président géorgien, Mikhaïl Saakachvili, s’est rendu en Arménie pour y rencontrer son homologue arménien, Robert Kotcharian, ainsi que son Premier Ministre, Andranik Markarian. L’objet de cette rencontre était d’établir une coopération entre les deux pays pour régler les problèmes de conflits régionaux, et ceux de la minorité arménienne qui vit en Géorgie. Les deux présidents ont réaffirmé leur désir de développer leurs relations bilatérales, d’intégrer la Communauté Européenne et de participer efficacement à la lutte contre le terrorisme. Le Président géorgien a cependant tenu bon sur un point : le chemin de fer entre la Russie et l’Arménie, via l’Abkhazie, ne sera rétabli qu’une fois les personnes déplacées de Géorgie, revenues dans leur foyer.

Le Ministre de l’Economie et des Finances d’Arménie a signé un accord avec le représentant de l’Union Européenne en Arménie, Torben Holtze. Selon les termes de cet accord, l’Arménie recevra 20 millions d’euros (soit 20 millions de dollars) durant les 3 années à venir. Une partie de cette somme devrait financer la mise en place de mesures destinées à fermer l’usine Medzamor. Le reste servira à moderniser le système juridique arménien qui devra s’adapter aux standards européens. Holtze a rappelé que la fermeture de l’usine Medzamor était inévitable. Le Ministre des Finances arménien a affirmé en retour que l’usine ne présentait pas de réel danger et que le Gouvernement arménien ne pouvait procéder à cette fermeture, Medzamor fournissant 40 % de l’électricité arménienne.

 

Azerbaïdjan

Une délégation du Parlement Européen est arrivée à Erevan le 16 mars, pour rencontrer le Ministre des Affaires Etrangères et le porte-parole du Parlement de la République autoproclamée du Nagorno-Karabakh. Le but de cette rencontre était avant tout de faire le point sur la situation dans la région enclavée en territoire arménien, selon le bureau d’Erevan d’RFE/RL. Le Ministre des Affaires Etrangères du Nagorno a rappelé que le règlement du conflit ne devait pas aller à l’encontre des vœux de la population de la république.

Le président de l’Organisation pour la sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) est arrivé à Tbilissi le 17 mars, pour y rencontrer le Président Aliev et son Ministre des Affaires Etrangères, Vilaïat Gouliev. Il a également été reçu des principaux représentants de l’opposition, rapporte Touran. Le conflit au Karabakh et les efforts du groupe de Minsk pour gérer le conflit ont été principalement évoqués durant ces réunions. Le problème du non-respect des Droits de l’Homme, ainsi que la situation politique intérieure dans le pays figuraient également au programme des discussions, rapporte ITAR-TASS.

Le député du mouvement d’opposition Moussavat,  qui se trouvait en détention préventive depuis 5 mois, après les affrontements entre les Forces de police et les partisans du mouvement Moussavat après les élections d’octobre, a été relâché le 16 mars dernier. Le président du mouvement Moussavat, Issa Gambar, a affirmé que la conduite des manifestants n’était absolument pas en cause et que seules les autorités du pays étaient à blâmer pour ces violences.

Le 17 mars, le Président Aliev a signé la grâce de 129 prisonniers, dont l’ex-Colonel Souret Housseïnov, chef de l’insurrection de juin 93 qui avait provoqué la chute du Gouvernement populaire. Housseïnov, devenu par la suite Premier ministre du Président Heïdar Aliev, avait été renvoyé en 94, accusé de complot contre la personne du Président. Réfugié en Russie, il avait été extradé en 97 vers l’Azerbaïdjan, où la Cour de justice l’avait condamné à l’emprisonnement à vie, alors que le Conseil de l’Europe le déclarait prisonnier politique. 

 

Géorgie

Le Président du Conseil Suprême adjar, Aslan Abachidze, a accusé les autorités géorgiennes d’avoir organisé sur Batoumi une manifestation de 100 000 personnes, les 14 et 15 mars, rapporte la Presse du Caucase. L’objectif de cette action aurait été la répétition de la Révolution Rose de Tbilissi de novembre dernier. Abachidze, qui affirme qu’une intervention géorgienne dans la République Adjar est imminente, a lancé un appel à la Communauté Internationale. La Russie et les états voisins ont le devoir d’empêcher toute manifestation de violence qui pourrait coûter la vie à des milliers de personnes. La Russie, par la voix du porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères, Alexandre Iakovenko, a aussitôt fait connaître son inquiétude concernant la situation en République adjar et les intentions géorgiennes.  

Le 14 mars, le Président Saakachvili a été arrêté au poste frontière de Tcholoki, entre la République Adjar et le reste de la Géorgie, par des civils armés de bazookas, encadrés par des militaires, rapporte la Presse du Caucase. Le Maire de Batoumi, Gueorguï Abachidze, a affirmé que Saakachvili pouvait se promener librement à Batoumi, tant qu’il n’était pas accompagné d’hommes en armes. Saakachvili, replié sur la ville de Poti sur la Mer Noire, y a été rejoint par son Premier Ministre, Zourab Jvania.

Saakachvili et Abachidze ont discuté de l’incident par téléphone. Après avoir déclaré « inadmissible » de refuser l’entrée en République Adjar au Président de la Géorgie, Saakachvili a lancé un ultimatum à Abachidze : les membres du Gouvernement géorgien pourront circuler librement en République Adjar, la liberté d’expression devra dominer la campagne d’élections parlementaires du 28 mars prochain, le vote devra être libre et démocratique. Les groupes de milice devront être désarmés et Tbilissi aura la responsabilité des frontières, des systèmes de communications, des finances et du port de Batoumi. Si Abachidze ne répond pas de façon favorable à cet ultimatum, il devra dorénavant rester dans les frontières de sa République, son attitude relevant d’une révolte armée. La Constitution et l’intégrité territoriale de Géorgie doivent être avant tout préservée.

Interfax rapporte que le Conseil de l’Europe appelle les deux parties au dialogue. En tant que membre du Conseil de l’Europe, la Géorgie doit se conformait aux principes démocratiques. La raison essentielle de cette dispute vient du fait que les relations entre la Géorgie et la République Autonome Adjar n’ont pour base aucune règle bien définie. Le Conseil de l’Europe offre sa médiation pour établir un document officiel qui régirait les rapports entre les deux parties.  

L’Ambassadeur des Etats-Unis à Tblissi, Richard Miles, et le Ministre bulgare des Affaires Etrangères, Solomon Passi, se sont rendus à Poti, un port de la Mer Noire situé à une trentaine de kilomètres de la république Adjar, pour y rencontrer le président Saakachvili et son Premier ministre et discuter avec eux du problème Adjar. A la demande des médiateurs, une rencontre devrait être organisée entre le Président géorgien et le Chef du Conseil Suprême Adjar, Aslan Abachidze. Les Etats-Unis ont rappelé qu’ils n’interviendraient pas dans ce qu’ils considèrent être un « problème domestique ».

La crise pourrait avoir pour autre conséquence l’interruption de l’exportation du brut kazakhe et turkmène via Batoumi, le leader adjar ayant donné l’ordre d’interrompre le trafic autour de Batoumi.

En Géorgie, les unités armées sont en état d’alerte car selon le Ministre géorgien de la Sécurité, Abachidze aurait déjà mis sur pied une force armée spécialement entraînée par d’anciens criminels ! Cette force est estimée à environ 1000 hommes. De son côté, Abachidze déclare qu’il n’a pas l’intention de laisser les femmes et les enfants sans protection. Des armes ont déjà été distribuées à la population, rapporte Interfax. Une milice d’environ 400 hommes, équipée d’armes automatiques et encadrée par des forces militaires, serait groupée aux frontières géorgiennes. Le Maire de Moscou, Iouri Loujkov, a fait le voyage jusqu’à Batoumi pour soutenir « mon ami, Aslan Abachidze ». La population de Batoumi commence à prendre peur. Les gens retirent l’argent des banques, on emmagasine des provisions en cas de conflit et certains cherchent même à fuir la république. 

Durant sept heures, la porte-parole du Parlement géorgien, Nino Bourdjanadze, s’est entretenue avec le leader adjar. Les pourparlers ont été « constructifs », selon Nino Bourdjanadze, qui souligne que les deux parties se sont montrées soucieuses de résoudre leurs différents sans violence. Le Maire de Moscou, Iouri Loujkov, qui assistait à ces pourparlers, s’est posé en médiateur. Cette proposition a aussitôt été réfutée par le Président Saakachvili. Moscou, par la voix de son Ministre de la Défense, Sergueï Ivanov, a exprimé son soutien à la Géorgie et au respect de son intégrité territoriale. Les autorités russes considèrent que la Géorgie est un bon partenaire dans la lutte contre le trafic de drogue, le terrorisme et le séparatisme.

 

Kazakhstan

Le 14 mars, un glissement de terrain a fait 28 morts au Kazakhstan, rapporte RIA-Novosti. A Taldiboulak, deux immeubles ont été détruits. Parmi les personnes tuées, on compte deux enfants. Cinq ou six personnes pourraient bien être encore prisonnières des débris. La coulée a eu lieu à 2 heures du matin, selon kazinform. Une équipe de 400 sauveteurs se trouve sur les lieux de l’accident, ainsi que le Premier Ministre kazakh et le Ministre des Situations d’Urgence.

Le Commissaire des relations extérieures de l’Union Européenne, Chris Patten, est arrivé au Kazakhstan, point de départ de son voyage à travers l’Asie Centrale. Le voyage de Patten a pour but essentiel d’établir des relations bilatérales durables, de potentialiser la lutte contre le terrorisme et le trafic de drogue et de favoriser l’accélération du processus de réformes économiques et politiques dans toute la région, selon kazinform du 15 mars. Patten a cependant rappelé que la « torture et autres violations des Droits de l’Homme, ainsi que la restriction fondamentale des libertés » facilitaient la tâche aux terroristes. Patten a assuré le Président kazakh, Noursultan Nazarbaïev, qu’il soutiendrait la candidature du Kazakhstan pour l’entrée dans l’Union Européenne et dans l’Organisation mondiale du Commerce. Le volume d’affaires entre le Kazakhstan et l’Union Européenne, qui a augmenté de 2 billions d’euros, et la coopération accrue dans le domaine de la lutte contre le terrorisme a fait dire à Patten que le Kazakhstan était un partenaire sérieux pour l’Union Européenne.

 

Kirghizistan

 

Une délégation de l’Assemblée Législative du Kirghizistan est arrivée en visite officielle en Iran, le 15 mars. La délégation, venue pour discuter des relations bilatérales et de la coopération régionale, a été reçue par le Président iranien. Le Président a évoqué le terrorisme et les guerres qui ruinent les pays, souhaitant que la stabilité revienne définitivement en Afghanistan et que les troupes étrangères se retirent de la région.

Un groupe de 200 à 300 personnes s’est réuni à Kerben, au Kirghizistan, pour commémorer l’anniversaire des événements d’Aksy, une manifestation qui avait mal tourné les 17 et 18 mars 2002. Les Forces de police avaient ouvert le feu sur la foule rassemblée, rapporte akipress.org. Des prières ont été dites lors de la cérémonie commémorative qui s’est déroulée sans incident. 

Ouzbékistan

Le 1er Vice-président de la Banque Centrale, Mohammad Joumagueldiev, a fait savoir que l’Ouzbékistan n’avait nulle intention de dévaluer sa monnaie, rapporte ouza.ouz du 16 mars. Le système financier ouzbek s’est considérablement renforcé ces dernières années. Alors qu’en 2002, l’inflation était de 21,6 %, elle est tombée en 2003 à 3,8 %. Les dépôts de la banque ont augmenté et une nouvelle loi sur la confidentialité bancaire a été votée. Des rapports du FMI font cependant état d’une inflation de plus de 20 %, au lieu des 3,8 % annoncés par le Gouvernement ouzbek !

 

Tadjikistan

Les autorités tadjiks ont arrêté deux citoyens ouzbeks de Douchanbe, en possession de 3 grammes de plutonium enrichi, selon l’A.F.P. du 15 mars. Les responsables ont affirmé que ces hommes essayaient de vendre le plutonium en Afghanistan ou au Pakistan pour 21 000 dollars, soit 7 000 dollars le gramme. Le plutonium était stocké dans une capsule, spécialement conçue. Cette capsule, qui provient également de l’usine de production, ne laisse échapper aucune émission de radioactivité anormalement élevée, rapporte Asia Plus-Blitz. Ni l’Ouzbékistan ni le Tadjikistan ne produisent de plutonium. Celui-ci pourrait venir de Russie ou du Kazakhstan.

 

Turkménistan

Le Vice-ministre des Affaires Etrangères de Russie, Viktor Kalioujni, envoyé présidentiel pour régler le problème du statut de la Caspienne, a été reçu par le Président Noursultan Nazarbaïev, rapporte turkmenistan.ru du 11 mars. Les deux hommes ont cherché une issue à la dispute qui oppose les deux pays sur le partage du lit de la Caspienne. Des différents subsistent aussi entre l’Azerbaïdjan, l’Iran et le Turkménistan. Le mois prochain, les ministres des Affaires Etrangères des pays riverains se réuniront à Moscou.

 


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