RIDECO

Le RIDECO présente une chronique hebdomadaire des nouvelles quotidiennes sur la vie de la Fédération de Russie et des Etats de Transcaucasie et d'Asie Centrale, d'après les informations publiées sur le Web dans différentes langues par divers organismes, comme notamment le RFE/RL Newsline (http://www.rferl.org) et Russian Service Daily News (http://www.svoboda.org)

2004 - semaine du 13 septembre 2004

Chronique compilée par Catherine Pardon

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RUSSIE

 

ETATS DE TRANSCAUCASIE ET D'ASIE CENTRALE


 

RUSSIE

Intérieur

La restructuration politique, une arme de lutte contre le terrorisme ?

Le 13 septembre, lors d’une réunion de cabinet incluant les chefs des 89 membres de la Fédération russe, ainsi que les principaux dirigeants des institutions fédérales, le Président Poutine a annoncé que des changements radicaux devaient intervenir dans la gestion de la Fédération. Il propose tout d’abord que les leaders des 89 membres de la Fédération ne soient désormais plus élus par scrutin direct, mais par le biais des corps législatifs régionaux, et sur proposition du Président. Deuxièmement, concernant la Douma, Poutine prévoit d’abolir le système d’élection du mandat unique de district. Ce type de mandats constitue la moitié des mandats de la Chambre Basse. Dorénavant, tous les députés seraient soumis à la proportionnelle, par liste de partis. La Commission Centrale Electorale s’est beaucoup penchée sur cette proposition. En troisième lieu, Poutine propose que les listes soient préalablement soumises au Parlement, et notamment à une « chambre publique », corps tout récemment et tout spécialement créé. Le Président a annoncé la mise en place d’une Commission Fédérale spécifique au Nord Caucase, conduite par l’ancien chef de l’Administration présidentielle, Dimitri Kozak. Les organisations extrémistes, pépinières du terrorisme, seront interdites.

Le président du Comité de Législation Constitutionnelle à la Douma, Vladimir Pliguine du parti Russie Unie, a fait savoir que ces propositions étaient tout à fait conformes à la Constitution russe et qu’aucun aménagement ne serait nécessaire à leur implantation.

De leur côté, les gouverneurs régionaux affirment approuver totalement ce système de nomination qui remplacera l’élection régionale. Le Gouverneur de St Pétersbourg, Valentina Matvienko, s’est déclarée favorable à ce système qui améliorera le contrôle de l’Etat sur les régions. Le Gouverneur de la région de Sverdlovsk, Edouard Roussel, ne voit dans cette réforme aucune menace pour la démocratie. Le Gouverneur de Saratov y voit une possibilité de supprimer les envoyés spéciaux qui feront alors « double emploi ».

Mais le leader du parti Iabloko, Grigori Iavlinski, pense pour sa part que cette mesure, qui ne peut qu’éloigner le Gouverneur des citoyens, n’a en réalité d’autres buts que de détourner l’attention du public de la lutte immédiate contre le terrorisme.

La Présidente de la Commission des Droits de l’Homme, Ella Pamfilova, a déclaré au Sueddeutsche Zeitung du 11 septembre que la tragédie de Beslan était directement liée aux événements de Tchétchénie mais que, « malheureusement aucune force politique de Tchétchénie ne peut arrêter le terrorisme », le terrorisme ne pouvant être vaincu par les forces militaires. L’approche la plus importante serait d’amorcer un dialogue entre l’état et la société tchétchène.

Les services du FSB tentent actuellement de localiser une vingtaine de femmes qui auraient récemment subi un entraînement dans des cellules islamistes, selon Vremia Novosteï du 13 septembre. Ces informations leur seraient parvenues après l’arrestation de Louisa Magomadova et Medni Moussaïeva. Les deux femmes avaient été aperçues à Rostov sur le Don, puis arrêtées en Tchétchénie. Un certain nombre de ces « bombes vivantes » se trouveraient actuellement sur le territoire russe.

En Ossétie du Nord, un comité public comprenant des parents des victimes de Beslan a été mis sur pied pour superviser l’enquête en cours. Cette commission a été décidée après une rencontre entre le Président ossète, Alexandre Dzassokhov, et les familles des otages, le principal objectif de cette commission étant de désigner les principaux responsables parmi les milieux officiels. Dzassokhov a apporté son soutien total au projet, affirmant qu’il était de son devoir de soutenir les victimes.

Défense

Le Ministre de la Défense, Sergueï Ivanov, affirme qu’aujourd’hui la Russie a en face d’elle des forces terroristes très sérieuses, très organisées et financièrement très solides. La société russe toute entière soit s’impliquer dans ce combat. Mais pas seulement, car le caractère international du terrorisme fait qu’aucun pays, aussi puissant soit-il, ne peut lutter seul contre ce fléau, et l’avis de la Russie sur ce sujet diffère peu de celui des Etats-Unis. Une convention sur le terrorisme devrait être définie au plus tôt dans le cadre des Nations Unies.

Aujourd’hui la notion d’actes terroristes a été remplacée par le terme de guerre. Une guerre non conventionnelle, sans ligne de front, l’ennemi pouvant se trouver partout, même à l’intérieur des frontières. Faisant référence à l’expérience israélienne, le Chef du Comité de Sécurité à la Douma, le Général Vassiliev du parti Russie Unie, a annoncé que le Gouvernement examinera toutes les solutions adoptées par les pays en butte au terrorisme, mais que, d’ores et déjà, le recours à la punition des parents de terroristes et à tout ce qui alimente les tensions interethniques a été exclu. La Douma examinera un projet de législation permettant d’instaurer, en cas de besoin, une alerte nationale, avec un renforcement de la sécurité dans le domaine des transports aériens, marins et  terrestres, et la mise en place d’une nouvelle législation qui portera sur le secret commercial et sur le secret bancaire. La région du Sud Caucase sera délimitée par deux nouveaux postes frontières. En attendant, les frontières vers l’Azerbaïdjan et vers la Géorgie seront sévèrement contrôlées pour diminuer les risques d’attentats. Vassiliev a également évoqué un terme possible au moratoire sur la peine de mort.

            Un plan de défense, comprenant une mobilisation générale pour la lutte contre le terrorisme international, est aujourd’hui en projet,  a annoncé le Secrétaire du Conseil de Sécurité, Igor Ivanov, selon RIA-Novosti du 13 septembre. « La Russie est un état en guerre contre le terrorisme ». Cette campagne ne se limite pas à un mois de vigilance, c’est un plan à long terme.

Le Gouvernement russe a terminé ses investigations sur les causes du scratch simultané de deux avions russes, le 24 août dernier. Les experts ont établi sans aucun doute que les avions avaient été victimes d’attentats terroristes, rapportent RTR et ORT. Selon les boîtes noires des appareils, aucune menace n’aurait été adressée à l’équipage et aucune tentative de prise de contrôle n’aurait eu lieu. Le Ministre des Transports, Igor Levitine, qui dirige la commission d’enquête, a fait savoir que les explosions seraient venues des sièges occupés par Aminat Nagaïeva et Satsita Djerbirkhanova. Les explosifs se seraient trouvés à l’intérieur des corps des deux femmes. Un contrôleur, Armen Aroutiounov, aurait, moyennant finances, aidé une des femmes à éviter les contrôles pour l’accès à bord. Armen Aroutiounov a été appréhendé. Les deux femmes, arrivées un peu plus tôt du Daghestan, jugées suspectes, avaient été un moment retenues dans les locaux de la police de l’air avant d’être libérées.

 

Economie

Budget

            Lors d’une conférence de presse le 14 septembre, le Ministre des Finances, Alexeï Koudrine, a déclaré que pour 2005, un supplément de budget de 158,4 billions de roubles (soit 5,1 billions de dollars) avait été prévu. Ce supplément est destiné à l’adoption de mesures spécifiques pour lutter contre le terrorisme. Le Ministère de l’Intérieur, le FSB et le Service de Renseignement récupèreront 50 billions de roubles. Le Ministère de la Défense obtiendra 107 billions de roubles destinés au programme de réarmement et à l’embauche de personnels militaires. Le reste, 1,4 billions de roubles, sera attribué à la mise en place de mesures de sécurité supplémentaires dans les lieux publics des grandes villes.

Energie

            Le 14 septembre, le Président Poutine a donné son accord pour que la société Gazprom se porte acquéreur du Géant pétrolier Rosneft. En échange de quoi, le Gouvernement, qui ne contrôle aujourd’hui que 38 % des parts de Gazprom, pourra augmenter sa participation dans la société et devenir majoritaire. L’affaire sera peut-être réalisée l’année prochaine. Poutine a également accepté de lever les restrictions qui limitent la participation des acheteurs étrangers, considérés par le Directeur de Gazprom comme « une véritable locomotive ». Aujourd’hui majoritaire, l’Etat ne voit plus de danger à accepter les actionnaires étrangers. Certains cependant préfèrent rester prudents devant ce qu’ils considèrent comme une mainmise de l’état sur le secteur de l’énergie. L’analyste financier de l’Alfa Bank, Chris Weafer, a déclaré au Moscou Times que « d’un point de vue politique, cela n’était pas sans rappeler certaines infrastructures soviétiques ». C’est l’émergence d’un nouveau géant pétrolier et gazier et l’édification de la version russe d’une « Aramco saoudienne ». 

Le Ministre des Ressources Naturelles, Iouri Troutnev, a déclaré qu’actuellement 23 % des licences de développement des ressources énergétiques sont aux mains de sociétés privées et ne sont pas suffisamment exploitées, selon RosBalt. Plus de 16 000 licences ont été accordées en 90, mais bon nombre reste inexploité. De nombreuses compagnies se servent de licences « mortes » pour gonfler leur capitalisation. Selon Troutnev, le monopole du marché des ressources naturelles exercé par certaines sociétés a facilité l’émergence de véritables sphères d’influences régionales, au détriment de toute concurrence. Un cartel de décideurs s’est formé. Leur rôle essentiel dans l’attribution de ces licences leur permet ensuite de dicter leurs conditions au Gouvernement.

Un libéralisme autoritaire ?

            L’analyste politique de TV-Tcentr, Alexeï Pouchkov, a déclaré que, en Russie, l’accomplissement du progrès économique pouvait nécessiter un certain autoritarisme, selon le n° 37 du 14 septembre d’Argoumenty i Fakty. Sous Boris Eltsine, nous n’avions ni démocratie ni progrès économique. Certains racontent qu’aujourd’hui la situation est aux mains des siloviki (fonctionnaires issus des services de renseignements, évoluant dans la mouvance du Président). Cependant de nombreuses figures libérales se trouvent actuellement au Gouvernement, comme le conseiller présidentiel en matière d’économie, Andreï Illarionov, ou le Vice premier ministre, Alexandre Joukov. Soutenu par le parti Russie Unie, Poutine a créé un pouvoir central stable et puissant, conclu l’analyste. 

 

Justice

            Le Procureur général de Russie, Vladimir Oustinov, a déclaré le 16 septembre que, en Russie, le phénomène de corruption avait pris des proportions inquiétantes et qu’il était grand temps de réagir, rapporte Interfax. Une enquête menée dans les milieux des gouvernements régionaux a montré que presque tous les membres du Gouvernement étaient impliqués dans des activités commerciales lucratives. C’est pourquoi le Vice gouverneur du district Fédéral du Sud, Sergueï Fridinski, aurait été rappelé à Moscou. Aux dernières nouvelles, ce serait Nikolaï Chepel, Procureur de la région de Volgograd, qui deviendrait Vice Procureur général pour le District Fédéral du Sud, révèlent les Izvestia du 17 septembre. Chepel traîne derrière lui la réputation d’être farouchement opposé à toutes formes de corruption. Ce même mois, dans le même district, le Président Poutine avait déjà remplacé l’envoyé présidentiel, Vladimir Iakovlev, par Dimitri Kozak, son compagnon de toujours.

 

Médias

 

 

Affaires religieuses

 

 

Affaires régionales

Krasnodar

            La Cour régionale d’Oktiabrski, dans la région de Krasnodar, a déposé le Maire de la ville, Nikolaï Priz, qui avait outrepassé son autorité, rapporte ITAR-TASS du 11 septembre. Priz avait attribué des contrats dans le domaine du bâtiment sans aucun appel d’offres. Suite à des charges similaires, l’ex président du Conseil de la ville, Alexandre Kiriouchine, ainsi que les ex-Maires adjoints, Ivan Levtchenko et Pavel Vertlib, se trouvent actuellement en détention préventive.

Extrême Orient

            Les travailleurs du centre des services sociaux de l’habitat de Petropavlovsk-Kamtchatski ont entamé une grève pour protester contre huit mois d’arriérés de paiement de salaires. Un semblable mouvement avait déjà été mené de novembre 2002 à janvier 2003, pour les mêmes raisons.

Ossétie du Nord

            Le 8 septembre, le Président Alexandre Dzassokhov, a limogé son Premier ministre, nommant à la place de celui-ci l’ex ministre des transports, Alan Boradzov, rapporte Interfax du 10 septembre. Le Parlement ossète a confirmé cette nomination. Le 9 septembre, une foule de 3000 à 4000 étudiants, écoliers et membres de l’intelligentsia confondus, avaient défilé dans les rues de Vladikavkaz pour protester contre le terrorisme et demandant la démission de Dzassokhov.

 

Tchétchénie

Le 14 septembre, le représentant du Président Aslan Maskhadov, Akhmed Zakaïev, a demandé l’intervention de la Communauté Internationale pour obtenir l’amorce de pourparlers entre les responsables russes et la résistance tchétchène modérée. Non seulement la politique de Vladimir Poutine n’a pas réussi à stabiliser la situation en Tchétchénie, mais elle l’a aggravée, rapporte le Financial Times. La tentative de Moscou d’associer Aslan Maskhadov au Chef  radical, Chamil Bassaïev, relève du désir de désinformer pour isoler le chef légitime tchétchène. Si aucun changement ne s’opère dans la politique russe, il risque d’y avoir malheureusement « d’autres Beslan ».

Selon l’ex-Secrétaire du Conseil de Sécurité russe, Boris Berezovski, qui se trouve en exil à Londres, si  Maskhadov n’a pas aujourd’hui le total contrôle des combattants tchétchènes, l’ouverture de pourparlers avec la Russie lui permettra d’asseoir son pouvoir sur la résistance et de reprendre l’initiative.

Les activistes des Droits de l’Homme ont lancé un appel au Président russe, lui demandant d’engager des négociations avec les représentants du Président Maskhadov et avec toute représentation modérée, rapporte Interfax. L’amorce de négociations ne pourrait être que bénéfique, elle contribuerait notamment à éloigner les Tchétchènes du terrorisme.

Le 17 septembre, le site Web Kavkaz-Tcentr a finalement publié une communication du Chef de guerre tchétchène, Chamil Bassaïev, revendiquant la responsabilité de la prise d’otages dans l’école de Beslan, ainsi que la responsabilité des attaques terroristes réalisées ces derniers temps en Russie (24 août : crash de deux avions civils et attentat à la bombe dans une station de bus ; 31 août : attentat suicide dans le métro de Moscou). Les terroristes demandent le retrait des troupes russes de Tchétchénie et la démission de Vladimir Poutine de la présidence de la fédération de Russie. A la suite de la publication de la communication de Bassaïev le site a été fermé (il se trouvait en Lithuanie), mais d’autres sites Web en Russie ont fait état du contenu de la lettre.

           

CEI

            Les premiers ministres des états membres de la CEI se sont réunis à Astana, au Kazakhstan. A cette occasion, des documents concernant la coopération économique, la coopération judiciaire, ainsi que des accords frontaliers ont été signés et approuvés. Un programme de lutte contre le crime a été décidé pour 2005-2007. Un groupe de travail s’attellera à l’immigration clandestine. Le Premier ministre moldave, Vassile Tarlev qui présidait la réunion, a affirmé que la CEI avait besoin d’une impulsion positive et qu’il espérait bien que ce sommet la lui fournirait.

 

Etranger

Etats-Unis

            Le 12 septembre, le Président américain, George W. Bush, accompagné de son épouse, et le Conseiller national à la sécurité, Condoleeza Rice, ont effectué une visite surprise à l’Ambassade de Russie à Washington pour signer un livre de condoléances en mémoire des centaines de victimes de Beslan. Bush a rappelé que les Etats-Unis marchaient aux côtés de la Russie dans sa lutte contre le terrorisme, rapporte RIA-Novosti.

Des manifestations anti-américaines et anti-britanniques se sont déroulées dans les rues de Moscou. Le refuge accordé par ces pays à certains membres de l’entourage direct de Maskhadov, tenu responsable des récents événements, auraient motivé ces mouvements de foule.

Selon certaines rumeurs, durant la crise de Beslan, on aurait suggéré au représentant des Droits de l’Homme en Russie, Vladimir Loukine, de ne pas apparaître sur les écrans de télévision. Mais le pouvoir avait tort d’avoir peur car Vladimir Loukine a plutôt critiqué l’attitude adoptée vis à vis du Gouvernement par certaines personnalités russes au lendemain des récents événements terroristes. Evoquant les Etats-Unis après les attentats du 11 septembre, Loukine a démontré que ceux-ci ne se s’étaient pas éloignés de la démocratie et de la liberté : une commission indépendante constituée de civils a été mise en place, et aucun acte terroriste majeur n’a eu lieu depuis.

Pour sa part, le Président américain, George W. Bush, s’est déclaré « inquiet » des récentes décisions politiques de son homologue russe qui, selon lui, pourraient bien menacer la démocratie en Russie, rapportent Reuters et l’A.P. Une balance des pouvoirs est nécessaire pour assurer les principes de la démocratie. 

 

Divers

 

 

ETATS DE TRANSCAUCASIE ET D'ASIE CENTRALE

 

Abkhazie

            Le 10 septembre, le service ferroviaire reliant Moscou et la capitale Abkhaze, Soukhoumi, a repris son trafic après une interruption de 11 ans. Les rails avaient été remises en état ces derniers mois suivant l’accord de Sotchi, passé en mars 2003, entre le gouvernement abkhaze et les chemins de fer russes. La reprise du trafic, qui devait essentiellement servir au  rapatriement des Géorgiens déplacées d’Abkhazie, ne peut qu’être bénéfique pour le développement économique de la république auto proclamée, a déclaré le Premier ministre abkhaze, Raoul Khadjimba. La Géorgie a protesté contre le rétablissement de la ligne ferroviaire. Elle accuse la Russie de favoriser les tendances séparatistes de l’Abkhazie.

 

Arménie

            Le Président Robert Kotcharian a nommé Samvel Mkrtchian, chef du département européen du Ministère des Affaires Etrangères, envoyé permanent détaché auprès de l’OTAN, selon le service d’Erevan du RFE/RL. Jusqu’à maintenant, l’Ambassadeur en Belgique, Vigen Tchitetchian, avait fait office d’ambassadeur auprès de l’OTAN.

Le 15 septembre, à la veille du sommet de la CEI, le Président arménien, Robert Kotcharian, et son homologue azéri, Ilham Aliev, se sont rencontrés à Astana pour discuter de la résolution du conflit au Nagorno-Karabakh. Les deux présidents ont également rencontré les co-présidents de l’OSCE (français, russe et américain). Des solutions auraient été évoquées durant ces rencontres. Kotcharian a souligné le rôle important joué par la Russie dans la recherche de solutions à ce conflit.

 

Azerbaïdjan

            Les deux azéris arrêtés le 7 septembre alors qu’ils se rendaient à une conférence de presse à Bakou pour y dénoncer la corruption de l’Administrateur du district de Massalli, Ahad Abiev, ont été relâchés le 11 septembre dernier, rapporte Touran. Ahad Ahadov et Tchinguiz Abiev sont tous les deux membres d’un comité créé le mois dernier pour dénoncer les abus de pouvoir de l’Administrateur Ahad Abiev et de sa famille.

Le bloc politique « Notre Azerbaïdjan », qui comprend le parti d’opposition Moussavat et 22 autres partis politiques et organisations, a accusé l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) des Institutions démocratiques et des Droits de l’Homme de ne pas s’intéresser aux nombreuses violations qui ont marqué les récents procès d’activistes. Ces personnes avaient été arrêtées suite au clash qui avait eu lieu à Bakou avec les Forces de police, au lendemain des élections présidentielles du 15 octobre dernier. Notre Azerbaïdjan lance un appel aux organisations internationales des Droits de l’Homme, leur demandant de veiller au juste déroulement des procès et de ne plus soutenir un « régime criminel ». Le secrétaire général du Parti Démocratique d’Azerbaïdjan, Sardar Djalaloglou, a révélait que, après avoir été torturé, il avait aujourd’hui du mal à marcher, rapporte zerkalo.az du 15 septembre.

 

Géorgie

Pour la Géorgie, le recouvrement de la province abkhaze reste une priorité, a affirmé le Président Mikhaïl Saakachvili en rencontrant le 11 septembre les représentants du Parlement abkhaz, en exil à Tbilissi. Si l’intégrité territoriale de la Géorgie est restaurée, les biens illégalement privatisés seront confisqués. Cette déclaration s’adresse tout particulièrement aux hommes d’affaires russes qui, ces dernières années, ont acquis de nombreux biens en territoire abkhaze. 

L’Ambassadeur Roy Reeve, qui dirige l’antenne de Tbilissi de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), a déclaré le 10 septembre dernier que la zone de conflit en Ossétie du Sud devrait être démilitarisée, rapporte la Presse du Caucase. Reeve considère comme inacceptable que la Géorgie et l’Ossétie du Sud aient miné le territoire et fortifié des positions défensives.

La Géorgie accuse la Russie d’avoir pénétré dans l’espace aérien géorgien. Le matin des 13 et 14 septembre, deux hélicoptères militaires russes auraient survolé les gorges de Kodori en provenance de l’Abkhazie.

Le Président Saakachvili a publié un décret qui transfère les troupes du Ministère de l’Intérieure sous la responsabilité des Forces armées de l’Etat-major du Ministère de la Défense, rapporte Interfax. Ce décret, qui entrera en vigueur le 1er novembre, permettra une éventuelle intégration aux Forces de l’OTAN. Les troupes du Ministère de l’Intérieur recevront sous peu de nouveaux uniformes, de nouveaux locaux et de nouvelles armes.

 

Kazakhstan

            Lors d’une conférence de presse qui se déroulait à Vienne le 10 septembre dernier, le Président kazakh, Noursultan Nazarbaïev, a commenté la menace proférée par la Russie de frapper le terrorisme où qu’il se trouve. S’il lui est difficile de contester ce droit à la Russie, les Etats-Unis ayant déjà fait une déclaration qui allait dans ce sens, Nazarbaïev considère cependant que ces frappes ne devraient avoir lieu que dans les pays où le terrorisme est localisé.

Un sondage, réalisé début septembre par l’Association Nationale des Sciences Sociologiques et Politiques concernant les partis Otan et Assar et leurs chances pour les élections parlementaires du 19 septembre prochain, a montré la supériorité sans conteste du parti Otan. Sur 2516 personnes consultées, 41,2 % se sont prononcées en faveur de l’Otan, 16,6 % en faveur de l’Assar, 9,1 % % en faveur du parti modéré de l’opposition Ak Jol et enfin 7,4 % pour le bloc progouvernemental.  

Le Chef de l’Administration kazakhe, Imamgali Tasmagambetov, a déclaré le 14 septembre que 99 % des 7000 kilomètres de frontières qui séparent le Kazakhstan de la Russie avaient été tracés, rapporte Interfax-Kazakhstan. Quelques problèmes demeurent concernant le sort de certaines populations limitrophes resté encore en suspend.

Les présidents des états-membres de SES (Single Economic Space), qui comprend la Belarus, le Kazakhstan, l’Ukraine et la Russie, se sont réunis le 15 septembre à Astana. Un accord prévoyant l’allègement  de la TVA sera mis en place dès le 1er janvier 2005, rapporte KazInform. Différents projets, destinés à faciliter le franchissement des frontières des pays concernés, ont été examinés. La mise en place de l’allègement de la TVA a été une décision particulièrement difficile à prendre, notamment pour la Russie, cette mesure coûtant 800 millions de dollars au budget russe.

 

Kirghizistan

            Le Président tchèque, Vaclav Klaus a rencontré le Président Askar Akaïev le 10 septembre dernier, à Bichkek. Les deux hommes ont évoqué la situation internationale, les relations bilatérales entre leurs pays, le problème de l’intégration à l’Europe, mais aussi les relations entre l’Europe et l’Asie Centrale, la situation en Irak et en Afghanistan, et de façon plus générale, le terrorisme dans le monde.

 

Ouzbékistan

            Le 15 septembre, la Cour de Namangan a rendu un verdict de six à sept ans de prison à l’encontre de douze personnes convaincues d’avoir participé à de violentes manifestations en  mars et avril derniers, dans la ville de Tachkent et de Boukhara, rapporte le Service ouzbek d’RFE/RL. Elles sont accusées d’avoir mis en danger le système constitutionnel et d’appartenir à des groupes religieux illégaux. Leurs avocats devraient faire appel de ce jugement devant la Cour Suprême de l’Ouzbékistan.

 

Tadjikistan

            Le Président iranien Mohammad Khatami, en visite officielle à Douchanbe le 12 septembre, a déclaré que le renforcement des liens avec le Tadjikistan représentait un « devoir national » pour l’Iran, selon Avesta. Le même jour, le Président Imomali Rakhmonov avait annoncé que l’Iran fournirait une aide de 250 millions de dollars pour la construction d’une usine hydroélectrique à Sangtouda, au Tadjikistan. L’Iran ouvre aussi un crédit de 25 millions de dollars et une subvention de 10 millions de dollars pour achever d’ici 2006 les 5 kilomètres du tunnel Anzob, au Tadjikistan. Le développement des relations commerciales entre les deux pays (le volume des échanges commerciaux est passé de 32 à 90 millions) reflète bien l’atmosphère positive des relations entre l’Iran et le Tadjikistan.  

Les Chefs d’état et de Gouvernements des Etats-membres de l’Organisation pour la Coopération Economique qui comprend l’Afghanistan, l’Azerbaïdjan, l’Iran, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Pakistan, le Tadjikistan, la Turquie et le Turkménistan se sont rencontrés à Douchanbe le 14 septembre pour le huitième sommet du groupe. Les deux principaux résultats ont été la création pour 2015 d’une zone de libre commerce parmi les états-membres et la création d’un fonds pour la reconstruction afghane. Le Pakistan  aurait même promis de participer à ce projet  à une hauteur de 5 millions de dollars. Le Président tadjik, Imomali Rakhmonov, présidait ce sommet. Pour mémoire, les états-membres de cette organisation

 

Turkménistan

            Le second tome de « Roukhama » (le Livre ou guide Spirituel), livre du Président Saparmourat Niazov, a été présenté officiellement au public, le 12 septembre à Achkhabad. Les membres des différents cabinets, les diplomates étrangers et les figures des milieux culturels assistaient à la cérémonie de présentation. Un article élogieux d’un site Web saluait la sortie de l’ouvrage. Rappelons que le premier tome des pensées présidentielles est devenu un élément incontournable de la vie officielle turkmène, et un manuel obligatoire dans les programmes scolaires.

 


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