RIDECO

 

Le RIDECO présente une chronique hebdomadaire des nouvelles quotidiennes sur la vie de la Fédération de Russie et des Etats de Transcaucasie et d'Asie Centrale, d'après les informations publiées sur le Web dans différentes langues par divers organismes, comme notamment le RFE/RL Newsline (http://www.rferl.org) et Russian Service Daily News (http://www.svoboda.org)

 

2005 - Semaine du 7 février 2005

 

 

Chronique compilée par Catherine Pardon

 

 

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RUSSIE

 

ETATS DE TRANSCAUCASIE ET D'ASIE CENTRALE

 


 

 

RUSSIE

Intérieur

Partis

            90 signatures étaient nécessaires pour qu’un vote de confiance soit mis sur l’agenda de la Douma. Le Parti Communiste en a réuni 101, selon ITAR-TASS et RIA-Novosti. Vladimir Jirinovski, le leader nationaliste du parti Libéral Démocratique de Russie, a fait savoir que son parti était tout à fait contre ce vote, qu’il perçoit seulement comme un accord entre le parti Patrie et le P.C. Une des principaux porte-parole de la Douma, Lioubov Sliska, a annoncé que le vote aurait lieu le 12 février et que le Premier ministre, Mikhaïl Fradkov, serait présent.

Douma

            Trente-cinq députés pro Kremlin du parti Russie Unie ont envoyé une lettre à Vladimir Poutine et à son Premier ministre demandant la démission du Ministre de la Santé et du Développement Social, Mikhaïl Zoubarov, pour « incompétence et corruption », rapporte gzt.ru. Zoubarov, qui avant d’entrer au Gouvernement dirigeait la caisse d’assurance maladie MAX, est accusé d’avoir gardé des liens d’affaires avec certains laboratoires pharmaceutiques. De son côté, le leader du parti Iabloko, Alexeï Mitrokhine, insiste sur l’incompétence notoire de Zoubarov, en soulignant son caractère mercantile.

La Douma a officiellement condamné la lettre cosignée par des députés communistes et du parti Patrie (voir chroniques du 21/01, à la rubrique Affaires religieuses). Cette lettre demandait au Procureur général d’enquêter sur les organisations religieuses Juives (voir chroniques précédentes). La Douma a fermement condamné le caractère antisémite de la lettre, ressenti comme une véritable provocation dans cette Russie multiconfessionnelle. Selon Alexeï Mitrofanov du Parti Libéral Démocratique de Russie, cette lettre pourrait ternir aux yeux du monde l’image de la Russie et de son Président. Les chaînes de télévision nationale RTR et ORT, qui avaient affirmé de façon erronée que les membres du LDPR étaient signataires de la lettre, ont dû faire des excuses .

            Mais selon Mikhaïl Deliaguine, député de Patrie et Directeur de l’Institut de Globalisation, la lettre, qui a des relents d’idéologie nazie, ne serait qu’une habile provocation de l’Administration présidentielle, pour détourner l’attention des masses de la réforme des avantages sociaux. Ce mouvement social, qui a pour particularité de regrouper l’opposition de gauche et celle de droite, inquiète le Gouvernement. Le but serait de provoquer une rupture entre les formations de droite, et les nombreux Juifs qui les composent, et les forces de gauche, qui abritent suffisamment « d’antisémites et d’idiots susceptibles de signer n’importe quoi » !

Le député Alexandre Kroutov du parti Patrie et auteur principal de la fameuse lettre a promis d’écrire une nouvelle lettre, « sous une forme plus correcte », rapporte gzt.ru du 7 février. Selon Kroutov, le but est simplement d’attirer l’attention des services du Procureur sur certains faits. D’après le député communiste, Sergueï Sobko, signataire de cette lettre, l’incident aurait été créé pour détourner l’attention des citoyens de la réforme des avantages sociaux.

Le 7 février, le porte-parole de la Douma, Boris Gryzlov, a annoncé que la Douma se prononcerait sur la proposition de vote d’une motion de censure à l’encontre du Gouvernement, le 9 février prochain. Selon Grizlov, cette motion de censure n’a pas grandes chances d’être votée, le Parti majoritaire, Russie Unie, étant contre le limogeage global du Gouvernement. Cependant quelques membres du Cabinet pourraient bien être renvoyés. Le ministre le plus concerné par ce désaveux politique serait le Ministre de la Santé et du Développement Social, Mikhaïl Zourabov. Mais d’après polit.ru, Zourabov n’aurait aucune intention de démissionner. La décision finale restera cependant à Poutine car la Constitution de Russie prévoit que seul le Président peut limoger un gouvernement ou un ministre.

Le 9 février, le vote sur une éventuelle motion de censure à l’égard du Gouvernement a été mis à mal par le parti majoritaire de la Douma, le parti pro-Kremlin, Russie Unie. Cependant, si dans 2 mois le Gouvernement Fradkov n’a pas revu sa politique sociale, le parti Russie Unie reconsidèrera sa décision sur un vote de motion de censure à l’encontre du Gouvernement.  

De son côté, l’opposition monte à la charge contre le Gouvernement Fradkov et Oxana Dimitrieva, ex-Ministre du Travail et du Développement Social de l’ère eltsinienne, a déclaré que les erreurs de l’actuel Ministre de la Santé et du Développement Social, Mikhaïl Zourabov, avaient coûté 550 billions de roubles (soit 20 billions de dollars) au pays et celles concernant le fonds de stabilisation et la politique fiscale du Ministre des Finances, Alexeï Koudrine, 1 trillion de roubles ! 

Société

            Les protestations contre la réforme sur les avantages sociaux (voir chroniques précédentes) loin de se calmer, s’étendent aux fonctionnaires de police, aux pompiers et aux militaires, selon Novaïa izvestia du 7 février. Le 6 février, les syndicats de police se sont réunis pour débattre de la question. Dans la région de Leningrad, les fonctionnaires de la Flotte du Nord ont aussi manifesté. Peu d’entre eux ont reçu des compensations financières pour la perte des avantages sociaux. Selon le vice directeur de la police de Moscou, 350 fonctionnaires ont prévenu qu’ils quitteraient bientôt leur emploi. Il est déjà très difficile de recruter du personnel moscovite, la plupart venant d’autres villes.

D’après le Vice ministre du Développement Economique et du Commerce, Andreï Charonov, le nombre de Russes vivant en dessous du niveau de pauvreté est tombé de 29,3 millions en 2003, à 25,5 en 2004, rapporte ITAR-TASS. Résorber de moitié la pauvreté dans la Fédération russe est un des principaux buts économiques de Vladimir Poutine.

Le 9 février, une foule de 500 personnes représentant les fonctionnaires du Ministère de la Défense s’était réunie devant les locaux du Gouvernement pour exiger des augmentations de salaires, rapporte ITAR-TASS. Les manifestants portaient des pancartes marquées « Pour un Salaire Décent », « Plus de gouvernements d’Oligarques » et « l’Appauvrissement de Notre Armée est Notre Honte Nationale ». Le Président Poutine a demandé que l’augmentation de salaire soit rapidement accordée et étendue aux vétérans. Les exportations pétrolières en hausse paieront les sommes déboursées par le Gouvernement.

Le jour suivant, une autre manifestation s’est tenue devant le Ministère de la Défense. Et le 12 février, plus de 500 personnes employés du Ministère de la Défense se sont réunies dans le centre de Moscou, pour demander l’augmentation de leurs salaires. La manifestation était organisée par la Fédération des Syndicats des Travailleurs et des Employés des Forces Armées. Les organisateurs, qui avaient prévu une forte mobilisation, ont découvert que le parti pro-Kremlin, Russie Unie, avait organisé pour le même jour, une contre-manifestation en faveur de la réforme des avantages sociaux. Le Parti Communiste a mis ses militants en garde contre d’éventuelles « provocations », qui pourraient faire dégénérer  la manifestation.

Affaires militaires

Lors d’une réunion de cabinet retransmise sur les chaînes ORT et RTR, le Président Poutine a demandé de façon très autoritaire au Ministre de la Défense, Sergueï Ivanov, et au Ministre des Finances, Alexeï Koudrine, d’augmenter les sommes compensatoires des avantages sociaux réservées au personnel militaire.

 

Economie

Pétrole

            Le Ministre du Développement Economique et du Commerce, German Gref, a déclaré lors d’une interview au journal allemand, « Der Spiegel » le 5 février dernier, que la Russie ne prenait pas « une route directe » vers  la démocratie et l’économie de marché, mais que, tout en restant sur la bonne route, elle décrivait des « courbes », rapporte le RFE du 7 février. Gref a de nouveau fait connaître son désaccord avec le Gouvernement sur l’affaire Ioukos. De même que sur la nationalisation de sa principale filiale, la Iougansgneftegaz, d’abord privatisée, puis de nouveau nationalisée. Gref ne considère pas que l’Etat russe soit dans cette affaire un repreneur indiqué. Toutefois, le prix élevé des hydrocarbures lui permet de mener actuellement de délicates réformes sociales. Le Ministre a également évoqué la fusion Gazprom-Rosneft, qui, selon lui,  reste encore à finaliser.

Le président du pétrolier Rosneft, Sergueï Bagdantchikov, a fait savoir que sa compagnie avait réuni les fonds nécessaires au rachat de Iouganskneftegaz, une des principales filiales de Ioukos. Ces fonds proviendraient essentiellement d’un consortium de banques russes, rapporte Interfax. Pourtant les médias rapportaient récemment qu’un groupe de banques chinoises auraient versé 6 billions de dollars à la Vnechekonombank qui elle, l’aurait reversé à Rosneft pour l’achat de Iouganskneftegaz. Aucun autre détail n’a été donné à ce sujet.

Les «  richards » de Russie...

            Le 8 février, le mensuel « Finances » publiait la liste des milliardaires russes.

. La liste s’ouvre avec le Gouverneur de la Région Autonome de Tchoukotka, également patron de Sibneft, Roman Abramovitch, dont la fortune est estimée à 11,54 billions de dollars.

. Suivi du patron du holding Base Element avec une fortune de 8,3 billions de dollars, ainsi que du fondateur du groupe Alfa  Mikhaïl Fridman.

. La fortune de Mikhaïl Khodorkovski, ex-patron de Ioukos, estimée comme une des plus importantes de Russie il y a à peine un an, ne serait plus que de 240 millions de dollars.

. Le magnat du textile en exil à Londres, Boris Berezovski, possèderait une fortune de 1,6 billions.

Parmi ces milliardaires, 22 sont députés à la Douma, 10 sont membres du Conseil de Fédération et 3 sont des chefs de gouvernements locaux. Leur fortune s’appuie essentiellement sur l’exportation de métaux ou de matériel lourd, contrairement aux nouveaux riches de la Chine qui ont bâti la leur dans les secteurs de la haute technologie et de l’électronique.

Taxes

            Le Président Poutine a demandé au Gouvernement de redéfinir les règles fiscales, de façon à ce que celles-ci soient plus transparentes, moins ambiguës, et ne prêtent pas à l’interprétation. Ces règles devront être aussi plus souples et permettre aux entreprises un paiement étalé de leurs arriérés de taxes. Le Vice premier ministre, Alexandre Joukov, a proposé de créer un département spécial chargé d’examiner les plaintes des particuliers. Les impôts en retard ne devront pas mettre une société en danger. L’amélioration du climat de confiance entre les autorités et le monde des affaires est indispensable au bon fonctionnement de ces règles.

Création d’un service de sécurité économique ?

            Le Service de Sécurité Economique du FSB serait en passe d’être dissous et une nouvelle structure, en passe d’être créée, rapportent les Izvestia du 9 février. Les détails ne sont pas encore clairement définis : cette structure fonctionnera de façon indépendante, ne rendant compte qu’au Premier ministre, ou bien elle dépendra du Ministère de l’Intérieur. En peu de mots, on peut affirmer que le but de cette réforme serait bien évidemment de placer l’économie russe hors des griffes du FSB et d’éviter le favoritisme et la corruption.

Selon le Ministre du Développement Economique et du Commerce, German Gref, dans les conditions actuelles et sans réformes majeures, il est impossible de doubler le PIB de la Russie d’ici 2010, comme l’avait demandé le Président Poutine. Outre que la mise en place de ces réformes prenne beaucoup de temps, l’interférence du Gouvernement dans l’économie du pays éloigne la Russie de son but initial, l’élaboration d’une économie réelle. Le manque de confiance qui règne entre le monde des affaires et les autorités, ainsi que le manque d’indépendance des cours de justice, freinent le développement économique (voir l’affaire Ioukos). Par dessus le marché, les sociétés de monopole d’état, comme Gazprom (gaz), EES (électricité) et Rostelekom (télécommunications), manquent toujours de dynamisme.

 

Justice

 

 

Médias

 

 

Affaires religieuses

 

 

Affaires régionales

 

 

Tchétchénie

Le Ministre de l’Intérieur tchétchène a confirmé que le cessez-le-feu, demandé par le Président Aslan Maskhadov à la résistance tchétchène, a bien été respecté, rapportent Reuters et l’A.P. Maskhadov a présenté son geste comme un signe de bonne volonté, avec l’espoir de pouvoir entamer des pourparlers, sans condition, avec les autorités de Russie.

Mais celles-ci restent sur leurs positions car selon le Chef de l’Administration tchétchène pro-moscovite, Alou Alkhanov, on ne parlemente pas avec « ceux qui ont du sang sur les mains ». Maskhadov a confirmé que Chamil Bassaïev ne se trouvait plus sous son autorité, les deux hommes ayant pris des chemins différents. En dépit des déclarations de Moscou qui crédite Maskhadov et Bassaïev du même degré de responsabilité, le Président Maskhadov condamne tout acte de terrorisme et s’est depuis longtemps désolidarisé de son principal Chef de guerre.

L’Ambassadeur des Etats-Unis en Russie, Alexander Vershbow, a déclaré à Interfax le 8 février que si Moscou voulait obtenir le soutien de son pays pour lutter contre le terrorisme en Tchétchénie, il fallait que les Forces de sécurité opérant sur le sol tchétchène évitent de s’en prendre aux populations civiles. Ces actes de répression ne font que pousser les jeunes vers la résistance locale. Cette déclaration s’adressait clairement au Vice premier ministre tchétchène, Ramzan Kadyrov, et à ses troupes, qui pratiquent régulièrement l’enlèvement, la torture et l’assassinat et sèment la terreur parmi les citoyens tchétchènes. Vershbow a été satisfait d’apprendre que des enquêtes avaient été diligentées par les autorités russes à ce propos.

Lors d’une conférence de presse à Grozny le 9 février, le Chef de l’Administration tchétchène, Alou Alkhanov, a critiqué le mouvement du groupe russe des Droits de l’Homme, Mémorial. Il a accusé ses membres d’être restés silencieux quand les présidents Doudaïev et après lui, Maskhadov, ont forcés 250 000 personnes à quitter la Tchétchénie, rapporte Interfax.  

Bachkortostan

            Le Ministère de l’Intérieur a établi que de sérieuses violations des Droits de l’Homme et du citoyen avaient été perpétrées par les Forces de police du Bachkortostan lors des opérations de contrôle du 10 au 14 décembre, selon RIA-Novosti. L’enquête ministérielle fait état d’arrestations, d’enlèvements, et de violences. A la suite de ces violences, les mesures adoptées par le leader de la République pour rétablir l’ordre et la sécurité ont été jugées insuffisantes par le Ministère de l’Intérieur de la Fédération, Rachid Nourgaliev. Nourgaliev a donné 30 jours à son homologue de la République Bachkir pour mener une enquête sérieuse sur les activités des autorités policières de la République.

           

CEI

 

 

Etranger

Etats-Unis

            La Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Condoleeza Rice, a rencontré le Ministre russe des Affaires Etrangères, Sergueï Lavrov, le 6 février à Ankara. Le but de cette rencontre était de préparer le prochain sommet Poutine-Bush sur les problèmes internationaux et les relations bilatérales entre les Etats-unis et la Russie, qui aura lieu le 24 février à Bratislava. Gondoleeza Rice a exprimé les réticences et les inquiétudes de son Gouvernement vis-à-vis des récentes prises de positions politiques anti-démocratiques du Gouvernement Russe, spécialement celles concernant le géant pétrolier Ioukos et la presse électronique, ainsi que la concentration des pouvoirs dans les mains du Kremlin, rapporte l’A.P. La Russie doit renforcer l’indépendance du système judiciaire et libérer la presse. Dans le cas contraire, il sera difficile de poursuivre sur la voie qui rapproche actuellement les Etats-Unis et la Russie. Lavrov a fait savoir que le Président Poutine était prêt à aborder franchement tous les problèmes, y compris celui de sa coopération dans le programme nucléaire de l’Iran.

Le Ministre des Affaires Etrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré que la Russie ne voulait aucune confrontation avec l’Occident qui puisse rappeler le temps de la Guerre Froide. Cela ne pourrait que compliquer la situation économique et sociale du pays. La Russie ne peut se permettre de s’isoler, la sécurité passant avant tout par l’intégration dans l’économie et la politique mondiale. Si Moscou tente de développer sa présence sur la scène politique mondiale, ce n’est pas tant pour développer sa sphère d’influence, que pour s’intégrer dans une communauté. De son côté, l’Occident doit dépasser ses idées préconçues et cesser de croire que, la CEI ne représente qu’un outil pour réaliser ses visées expansionnistes.

La Russie et le Monde Arabe ...

            Evgueni Primakov, ex-premier ministre et expert du Monde Arabe qui, aujourd’hui se trouve à la tête de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Russie, s’est rendu en Syrie et en Iran, le 6 février dernier. Primakov doit également se rendre au Liban et en Jordanie.

A l’occasion d’une réunion à Beyrouth du Conseil Commercial arabo-russe le 7 février dernier, Primakov a déclaré que, en dépit d’une certaine perte de son potentiel économique dans les années 90, la Russie d’aujourd’hui avait beaucoup à offrir au Monde Arabe, en particulier dans le domaine de l’aviation, de l’énergie et du transport. Dans le domaine politique, la Russie rejoint le Monde Arabe sur deux points, celui de l’Irak, où il faut rapidement donner le pouvoir aux Irakiens, et en Palestine, où une solution doit être trouvée sous la base des résolutions des Nations Unies. 

 

Divers

 

 

ETATS DE TRANSCAUCASIE ET D'ASIE CENTRALE

 

Abkhazie

            Le Forum d’Unité Nationale a tenu son congrès électoral le 8 février à Soukhoumi, selon Apsnipress. Le forum réunit 12 partis politiques et mouvements, comme le Parti Social Démocratique d’Abkhazie et sa jeune aile, et différentes formations, comme celle qui avait soutenu le Premier ministre Raoul Khadjimba lors des dernières élections présidentielles. Une direction collégiale a été mise en place par le congrès. Le co-président du Parti Social Démocratique, Guennadi Alamia,  sera leader pour une période de six mois.

            Le 8 février, une bombe à retardement a été découverte par la police de Soukhoumi, près d’un hôtel en construction appartenant à une société russo-abkhaze, rapporte abkhazia.info. La bombe contenait 700 à 800 grammes de plastique.

 

Arménie

            Le Parlement arménien a rejeté le projet de loi proposé par l’opposition sur les compensations accordées aux gens qui, lors de l’inflation des années 90, ont perdu toute l’épargne accumulée sous l’ère soviétique.

            Le 8 février, le Ministre des Affaires Etrangères d’Arménie, Vartan Oskanian, a rencontré deux des co-directeurs du groupe de Minsk de l’OSCE, le directeur russe et le directeur français. Les trois hommes ont évoqué la récente mission d’inspection menée par l’OSCE, dans les sept districts azéris contrôlés par les troupes arméniennes du Karabakh. L’éventualité d’une rencontre de conciliation à Prague entre les premiers ministres azéri et arménien a été évoquée pour le 2 mars.

 

Azerbaïdjan

            Le 4 février, lors d’une conférence de presse à Bakou, Christian Strohal, Directeur du bureau des Institutions Démocratiques et des Droits de l’Homme de l’OSCE à Varsovie, a souligné l’importance d’instaurer un dialogue entre les autorités azéris et l’opposition, à l’occasion des futures parlementaires. Le Président Aliev s’est déclaré prêt au dialogue si le bureau de l’OSCE de Bakou arbitrait la rencontre. Strohal a également rencontré le porte-parole du Parlement, Mourtouz Alesqerov, ainsi que le Ministre de l’Intérieur, Ramil Oussoubov.  

            Le Parti d’Indépendance Nationale d’Azerbaïdjan a élu un nouveau président pour succéder à Etibar Mamedov, qui s’était retiré du poste de leader, en décembre dernier. Ali Nadir ogli Aliev, leader du mouvement de jeunesse, AMIP, a été élu comme successeur. Aliev a appelé à l’unité entre les différents partis de l’opposition pour les futures élections.

            Le Président Ilham Aliev a publié un décret sur la reévaluation du manat le 1er janvier 2006, selon Interfax et l’AFP. Le taux de change actuel du manat est de 4906 manats pour 1 dollar.  

            Après un procès à huis clos, six hommes suspectés d’avoir préparé un acte terroriste ont été condamnés par la Cour d’Azerbaïdjan à des peines allant de 14 années d’emprisonnement pour deux d’entre eux, 7 ans et demi, 5 ans et 3 ans pour les autres. Ils auraient été vus tandis qu’ils photographiaient des immeubles de Bakou. Suspectés d’avoir des liens avec Al-Qaeda, tous les six ont plaidé innocents.

 

Géorgie

            Une nombreuse assistance s’est réunie le 6 février à Tbilissi à l’occasion des obsèques du Premier ministre, Zourab Jvania (voir chronique précédente). Le Président Saakachvili a lancé un appel à l’unité nationale, rappelant le rôle essentiel joué par Jvania dans le renforcement de la stabilité de l’Etat géorgien. De nombreuses délégations étrangères étaient venues assister aux funérailles. Le 7 février, Mikheïl Saakachvili s’est penché sur le choix d’un nouveau premier ministre. 

            Six experts venus des Etats-Unis sont venus enquêter sur les circonstances exactes de la mort du Premier ministre, Zourab Jvania, rapporte la Presse du Caucase. Le professionnalisme des experts autochtones n’est pourtant en rien mise en cause. Une enquête tentera de mettre à jour si oui ou non un lien peut être établi entre cette mort et l’explosion d’une voiture dans la ville de Gori, la semaine dernière (voir chronique précédente).

            C’est le Ministre des Finances, Zourab Nogaïdeli qui succèdera au Premier ministre défunt. Un nouveau cabinet devrait être nommé dans deux jours. Agé de 40 ans, Nogaïdeli est né dans la République Adjar et a fait ses études à l’Université d’Etat de Moscou. En 88, son diplôme obtenu, il travaille dans le domaine de la recherche scientifique à Tallinn, puis revient à Tbilissi en 92, pour entrer dans le parti vert de Jvania. Elu au Parlement en 92, il devient Ministre des Finances en 2000, est renvoyé en 2002 pour ne pas avoir accompli sa tâche, puis est réélu au même poste en 2003. D’après la Presse du Caucase du 9 février, Nogaïdeli serait un grand négociateur, entretenant d’excellentes relations avec le monde international de la finance. Cette nomination ne serait cependant pas plébiscitée par tous : la porte-parole du Parlement, Nino Bourdjanadze, considère le personnage comme étant « brusque et peu communicatif ».

 

Kazakhstan

            Le Comité d’Intégration de la Communauté Economique Eurasiatique (Belarus, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan et la Russie) s’est réuni à Almaty, le 4 février. Les problèmes de coopération aux frontières des états-membres, les problèmes dans le domaine de l’énergie, de la technologie ont été successivement abordés.  

            Une délégation kazakhe conduite par le Ministre de l’Energie a rencontré les responsables kirghizes le 7 février, à Bichkek. Les débats ont essentiellement porté sur le débit du réservoir d’eau de Toktogoul, au Kirghizistan. Le Kazakhstan a demandé que le débit soit réduit de 740 mètres cubes par minute à 600 mètres cubes, pour éviter les risques d’inondation dans les régions du sud du Kazakhstan, rapporte KazInform. Le Kirghizistan a proposé de réduire ses réserves d’eau à 650 mètres cubes. Cependant le Kazakhstan est loin d’avoir réglé tous ses problèmes d’inondation. Il doit maintenant s’occuper de drainer son réservoir de Tchardara qui coule vers l’Ouzbékistan, rapporte KazInform. Un accord devrait être sous peu négocié.

            La Chambre Basse du Kazakhstan (Majilis) a voté un projet de loi pour combattre le terrorisme, selon Interfax-Kazakhstan. Le projet comprend des amendements qui définissent l’extrémisme. La Cour civile d’Astana aura dorénavant le droit de dénoncer les organisations terroristes qu’elles soient politiques, nationales ou religieuses. Si ce projet est adopté, des organisations comme Hizb ut-Tahrir seraient interdites sur le territoire Kazakh.

 

Kirghizistan

            La coalition de l’ONG kirghize, Démocratie et Société Civile, a organisé une manifestation à Bichkek le 5 février, pour la transparence des élections parlementaires du 27 février prochain. Le leader de la coalition, Edil Baïssalov, s’est adressé aux manifestants pour les mettre en garde contre les manoeuvres dissuasives des autorités, destinées à gêner la manifestation.

            Le Président Askar Akaïev a présenté un nouveau programme aux 844 délégués des Peuples du Kirghizistan, le 5 février à Bichkek. Le programme, intitulé « le Kirghizstan Propre », a cinq registres : le domaine de la technologie, celui des eaux, de l’environnement, mais aussi le domaine électoral et la lutte contre la corruption sous toutes ses formes. Aucun représentant de l’opposition n’assistait à cette rencontre.

            L’Homme de loi représentant les résidents de la région d’Aksy, au Kirghizistan,  victimes de violences policières en mars 2002, a déclaré au service kirghiz d’RFE/RL, le 7 février dernier, que l’affaire de ses clients serait présentée devant un comité des Nations Unies. Lors de manifestations en ce mois de mars 2002, la police avait ouvert le feu sur la foule, tuant six manifestants.

 

Ouzbékistan

            Un groupe d’une centaine de femmes ouzbeks a bloqué la circulation dans la ville d’Andijon, le 4 février dernier. Ces femmes entendaient protester contre les nouvelles lois qui régissent le commerce et notamment l’achat d’un emplacement sur le marché. Les autorités ont fixé à 5000 dollars la place de marché, somme prodigieuse pour un petit commerce dont le stock n’excède pas les 50 ou 60 dollars. Aucune autre forme de travail n’étant accessible à ces femmes dans la région, il ne leur reste plus qu’à mourir de faim. Le Gouverneur d’Andijon a fait savoir que l’acquittement d’une taxe était indispensable et que ces femmes exerçaient illégalement leur commerce.

            Islam Karimov s’est adressé à son nouveau cabinet le 7 février. Le Président a demandé que la corruption soit combattue en priorité, notamment dans les organes responsables de l’application des lois. Les réformes doivent essentiellement concerner la démocratisation, le renouveau de la société et la libéralisation économique. De sérieuses exactions ont été relevées par le Président au sein du Ministère du Travail. 

 

Tadjikistan

            Le Tadjikistan a demandé à Moscou l’extradition de Mahmadrouzi Iskandarov, le leader du parti d’opposition, Parti Démocratique. Selon les agences de presse, certaines sources officieuses auraient fait courir le bruit que la Russie s’apprêtait à relâcher Iskandarov, faute de preuves. Suspecté de terrorisme et de corruption, Iskandarov avait été arrêté le 9 décembre à Moscou, à la demande des autorités tadjiks.

            Bien que l’enregistrement des candidatures pour les élections parlementaires du 27 février soit officiellement clos depuis le 7 février, la Commission Centrale Electorale n’a pas reçu tout le matériel nécessaire aux commissions locales. Certaines candidatures ne peuvent donc être encore annoncées. La CCE a enregistré 164 candidats, 62 candidats pour le Parti Démocratique du Peuple, 35 candidats pour le Parti de la Renaissance Islamique, 27 candidats pour le Parti Communiste, 17 pour le Parti Social-Démocrate, 11 pour le Parti Socialiste et 4 pour le Parti Démocratique. 

            Les six partis officiellement enregistrés se sont mis d’accord pour refuser les trente minutes de débat télévisé, selon le service tadjik d’RFE/RL du 8 février. Chaque parti utilisera son temps de parole pour s’expliquer sur son programme.

            Le patron du Centre Public d’Observation et de Direction des Elections au Tadjikistan, Latif Hadiazoda, a présenté un rapport sévère sur la préparation des élections parlementaires du 27 février, mettant en lumières les multiples violations des lois électorales du pays, notamment l’utilisation des outils de l’état à des fins partisanes, des pressions sur les commissions électorales et le refus d’enregistrer certaines candidatures.

 

Turkménistan

 

            Le Président Saparmourat Niazov a limogé le Ministre de la Justice, Taganmirat Gotchiev, rapporte turkmenistan.ru du 5 février. Aucun détail n’a encore été donné sur ce renvoi. Le Ministre aurait été transféré à un autre poste. Gotchiev occupait le poste de Ministre de la Justice depuis septembre 2003.

            La Vice secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Laura Kennedy, ex-ambassadeur au Turkménistan, a rencontré le Président Saparmourat Niazov le 9 février, à Achkhabad. Laura Kennedy a fait savoir que son pays était tout à fait satisfait de l’implication du Turkménistan dans la lutte contre le terrorisme international, et notamment de l’interdiction de certains groupes religieux extrémistes.

 


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