RIDECO
Le RIDECO présente une chronique hebdomadaire des nouvelles quotidiennes sur la vie de la Fédération de Russie et des Etats de Transcaucasie et d’Asie Centrale, d’après les informations publiées sur le web dans différentes langues par divers organismes, comme notamment le RFE/RL Newsline (http://www.rferl.org) et Russian Service Daily News (http://www.svoboda.org)
Année 2005 – semaine du 07/03
RUSSIE
. Intérieur
Partis
Le Vice porte-parole de la Douma, Sergueï Babourine, député du parti Patrie, a déclaré qu’il était intimement convaincu que l’Occident recherchait une nouvelle guerre froide avec la Russie, le but recherché étant l’effondrement de la Fédération de Russie, tout comme cela avait été le cas pour l’URSS. Priant pour que les erreurs commises dans le passé ne soient pas renouvelées, Babourine demande au Président Poutine de ne pas signer d’accord avec les Etats-Unis sur un contrôle renforcé des armes nucléaires. Cet accès de panique du député aurait été provoqué par la diffusion erronée d’un projet d’accord allant dans ce sens sur le site présidentiel.
Leonid Nevzline, gros actionnaire de la Menatep, bras financier de Ioukos, a déclaré lors d’une interview au journal Vlast que des leaders libéraux, tels que Grigori Iavlinski, leader de Iabloko et Anatoli Tchoubaïs, patron de l’EES (domaine de l’énergie) et membre du mouvement Union des Forces de Droite (SPS), étaient responsables de la désintégration des forces démocratiques d’opposition. Il n’y a jamais eu de véritable opposition démocratique et libérale en Russie qui soit prête à soutenir les gens riches ! Nevzline, qui vit en Israël, gère les biens de l’ex-patron de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski.
Le leader de Iabloko, Grigori Iavlinski, a déclaré devant la presse lors de son voyage à Turin que le Président Poutine ne pouvait comprendre l’état d’esprit des pays membres de la CEI. Poutine, qui ne s’intéresse ni aux normes démocratiques ni aux Droits de l’Homme, ne peut saisir le pourquoi de la révolution orange ukrainienne et souhaite surtout reprendre en mains les pays qui composaient l’ex-URSS.
De son côté, le Directeur de l’Institut National de Stratégie, Stanislav Belkovski, affirmait que l’influence politique exercée par Poutine était celle d’un leader nationaliste et pronostiquait que le système de gouvernement mis en place en Russie allait bientôt se désagréger.
Sécurité
Le 4 mars, Sergueï Ivanov, en visite officielle en Italie, déclarait devant la presse que la Russie se réservait le droit de frapper les bases terroristes, y compris à l’extérieur de son territoire et ça, sans aucune sommation, rapporte RIA-Novosti. Ce droit a d’ailleurs été codifié dans une résolution adoptée par les Nations Unies après la tragédie de Beslan. Cette déclaration s’adressait notamment au Gouvernement géorgien qui, selon Moscou, abriterait des camps terroristes dans les Gorges de Pankissi.
Société
Le 5 mars, précédant la journée de la femme, la chaîne ORT abordait la question de la parité entre hommes et femmes, soulignant les rares femmes présentes dans la vie politique de Russie, cherchant les causes de ce manquement. A ce propos, le président de la Commission Centrale Electorale, Alexandre Vechniakov, déclarait que la loi électorale devait être modifiée pour permettre l’inscription de 30 % de femmes dans les listes électorales des candidats. Vechniakov a souligné que la politique sociale était souvent meilleure dans les pays scandinaves, où les femmes sont fortement représentées.
Les analystes politiques s’interrogent sur l’avenir du Premier ministre, Mikhaïl Fradkov. D’après Alexeï Zoudine, patron du département de sciences politique du Centre d’Etudes Politiques, le travail du Gouvernement aurait été retardé par la mise en place des réformes administratives. Autre facteur de retard, le manque de détermination dans le choix d’une politique économique : deux options se présentent, l’option libérale ou l’option autoritaire, rapporte politcom.ru du 5 mars. La forte personnalité de Mikhaïl Fradkov aurait suffi à déstabiliser l’autorité du Ministre des Finances, Alexeï Koudrine, ainsi que celle du Ministre du Développement Economique et du Commerce, German Gref. L’émergence de Mikhaïl Fradkov, non plus comme simple technicien mais bien comme figure politique d’importance, ne devrait pas faire l’affaire de tout le monde, encore moins celle du Président !
. Economie
G-8
Certains ministres des Finances du G-8 (groupe des huit états les plus industrialisés) ont protesté contre la requête de Moscou de devenir membre du groupe à part entière. Avec une économie d’une valeur de 533 billions de dollars, la Russie, qui arrive en 16ème position dans la nomenclature des pays industrialisés, ne peut prétendre de ce fait à devenir membre du G-8, bien qu’au niveau politique, elle soit considérée comme un membre à part entière. D’après l’ancien sous-secrétaire d’Etat américain de Bill Clinton, Stuart Eizenstat, aujourd’hui conseiller de Menatep, le bras financier de Ioukos, l’économie de la Russie ne serait pas suffisamment importante et indépendante pour permettre au pays de devenir membre du groupe. La Russie avait été admise au sein du G-8 sur l’insistance de la France et de l’Allemagne, mais sur des critères politiques et non économiques. Selon le Rédacteur d’Argoumenty i Fakty, il est peu probable aujourd’hui qu’elle soit expulsée du groupe. A côté du G-8, une alliance alternative pourrait bien être créée. Elle réunirait la Russie, la Chine, l’Inde et l’Afrique du Sud.
Budget
Le Gouvernement fédéral a publié les chiffres du budget 2004, selon Prime-TASS. Le surplus budgétaire serait de 730,70 billions de roubles (26,4 billions de dollars), soit 227,60 billions de roubles de plus qu’en 2003. Les sommes transférées aux régions totalisent 401,30 billions de roubles, soit 15 % des dépenses totales.
Une inflation de 8,5 à 10 % est annoncée dans les prédictions budgétaires 2005. Le Ministre du Développement Economique et du Commerce, German Gref, a déclaré à ce propos que ces taux ne seraient pas revus à la baisse.
Pétrole
Le fonds de stabilisation a augmenté de 35 % du 1er janvier au 1er mars, atteignant les 707,50 billions de roubles (soit 25,8 billions de dollars), rapporte ITAR-TASS du 10 mars. Même scénario pour les réserves d’or, qui le 4 mars pulvérisaient des records en atteignant les 134,40 billions de dollars (contre 76,90 billions de dollars au 1er janvier 2004), rapportait RosBalt du 10 mars. D’après un économiste de la Troïka Dialog, la Russie serait victime des prix du pétrole, car les responsables financiers se contenteraient d’engranger le produit des ventes dans le fonds de stabilisation ou dans les réserves sans chercher à l’investir dans l’économie.
. Justice
Konstantin Krivorotov, qui conduit le groupe d’experts du bureau du Procureur général de Russie chargés d’enquêter sur la prise d’otages de Beslan, a déclaré à ITAR-TASS du 4 mars que les preneurs d’otages avaient utilisé des explosifs fabriqués par des émissaires d’Al-Qaeda en Ingouchétie. L’émissaire d’Al-Qaeda, Abou Dzeït, soi-disant tué depuis dans un échange de tirs en Ingouchétie, aurait servi de lien avec des leaders de la résistance tchétchène, comme Aslan Maskhadov et Chamil Bassaïev, rapporte Nezavissimaïa gazeta du 5 mars.
. Médias
Le présentateur de la chaîne de télévision RTR, Nikolaï Svanidze, s’inquiète de l’étroitesse du champ d’informations des journalistes, ainsi que de l’arrivée soudaine dans des sphères bien spécifiques, comme l’économie ou les sphères sociales, de gens n’ayant aucune connaissance sérieuse sur ces sujets. Svanidze fait bien sûr allusion aux nombreuses personnes issues des services secrets russes récemment arrivées dans l’horizon politique du pays. Parallèlement dans le même article, Svanidze dénonce l’inertie de l’intelligentsia russe et celle des groupes libéraux.
. Affaires religieuses
. Affaires régionales
Tchétchénie
Ou la mort d’un Président
Le Président Maskhadov, leader de la résistance tchétchène, avait affirmé qu’un entretien de 30 minutes avec le Président Poutine suffirait à débloquer la situation et permettrait la fin des hostilités en Tchétchénie. Il suffirait simplement à Moscou de dire exactement ce qu’il veut et de garantir l’arrêt des tueries parmi les civils tchétchènes.
- Mais aux dires des Forces fédérales russes du Nord Caucase, tout entretien serait aujourd’hui impossible : le 8 mars le Président Aslan Maskhadov a été abattu durant une opération spéciale dans le village de Tolstoï-Iourt, situé au nord de Grozny. Né en exil au Kazakhstan en 1951, élu légalement président de la République tchétchène en janvier 97 lors d’élections libres, la victoire d’Aslan Maskhadov avait été reconnue à la fois par la Russie et par la communauté internationale. Le 8 mars, un reportage diffusé par la chaîne de télévision NTV montrait le corps du Président gisant à terre. A Londres, l’envoyé spécial d’Aslan Maskhadov auprès des communautés étrangères, Akhmed Zakaïev, a confirmé la mort du Président.
Les circonstances de sa mort restent peu claires et trois versions s’affrontent :
. D’après le porte-parole du Commandement des Forces russes du Nord Caucase, Ilya Chabalkine, Maskhadov aurait été donné par des membres de la population locale.
. Selon le Vice premier ministre tchétchène pro-russe et chef de la milice, Ramzan Kadyrov, c’est la capture d’un militant tchétchène qui aurait permis de localiser Maskhadov. Les Forces russes avaient l’intention de capturer le Président vivant mais celui-ci aurait été tué accidentellement par un de ses gardes du corps.
. Et selon le site Web ingouchetia.ru, qui cite des propos recueillis dans l’entourage de Kadyrov, Maskhadov aurait été tué le 6 mars et non le 8 par des membres du service de sécurité de Ramzan Kadyrov, lui-même.
Le Président Poutine a demandé une double expertise du corps de Maskhadov au Directeur du FSB, Nikolaï Patrouchev. Les auteurs de cette mort, ainsi que les autres membres de l’opération, seront alors décorés. Beaucoup reste cependant à faire en Tchétchénie, a ajouté le Président russe. Le corps de Maskhadov devrait être remis à sa famille pour être enterré dans un lieu secret, comme le veulent les lois régissant le combat contre le terrorisme. Le fils du Président défunt, Anzor Maskhadov, a déclaré que son père n’était pas un terroriste et que le combat continuait. Anzor Maskhadov a rejeté toute implication de son père dans la prise d’otage de Beslan.
Le Général Arkadi Baskaïev, du Comité de Défense de la Douma qui, de 95 à 96, a dirigé l’Administration militaire de Grozny, a déclaré que la mort de Maskhadov « n’était pas une bonne nouvelle », rapporte l’Ekho de Moscou. C’était un homme avec qui il aurait été peut-être possible de s’entendre, a ajouté le Général Baskaïev. Il est à craindre que, Maskhadov mort, la résistance tchétchène ne se radicalise, avec la présence d’irréductibles.
D’après le rédacteur en Chef de l’Ekho, trois leaders tchétchènes ont déjà été abattus (Doudaïev en avril 96, Iandarbiev en 2004 et maintenant Maskhadov), mais le problème tchétchène reste entier.
L’ex-Ministre de la Justice, Pavel Kracheninnikov de Russie Unie, qui dirige aujourd’hui le Comité Législatif de la Douma, a déclaré lui aussi que la mort de Maskhadov ne règlerait rien, le Chef de guerre radical, Chamil Bassaïev étant toujours sur place.
Le Ministre des Affaires Etrangères de Pologne a déclaré pour sa part que, non seulement la mort de Maskhadov était un crime, mais également une grosse erreur politique. Cette déclaration n’a pas eu l’heur de plaire à la Russie, qui rappelle à la Pologne son engagement dans le combat contre le terrorisme. Si le Premier ministre polonais a bien voulu reconnaître que les propos du Ministre des Affaires Etrangères avaient dépassé sa pensée, il souligne pourtant que ce genre de conflit se règle rarement par la force, rapporte Reuters.
Daghestan
Un policier qui faisait la circulation a été tué à un point de contrôle, le 6 mars dernier. Les coups de feu ont été tirés depuis un bus, dans la banlieue sud de Makhatchkala. Deux militants ont été blessés et trois autres appréhendés. Les militants appartiendraient à un groupe de Razoul Makarcharipov.
Bachkortostan
Selon Nezavissimaïa gazeta du 5 mars, le Président de la République Bachkir, Mourtaza Rakhimov, aurait fait de sérieuses concessions au pouvoir central pour pouvoir aller jusqu’au terme de son mandat présidentiel, en 2008. Un important contrat passé avec la Société de Fuel Bachkir, dirigé par le fils du Président lui-même, aurait été cassé et des prises de participations dans des sociétés privées auraient été rétrocédées à la République. Mais ces concessions pourraient ne pas être suffisantes pour restaurer la popularité de Rakhimov auprès de la population locale, récemment descendue dans les rues pour protester contre des brutalités policières.
. CEI
. Etranger
Moldavie
L’Ambassade russe en Moldavie a demandé au Ministre des Affaires Etrangères du pays de s’expliquer sur l’interception à la frontière d’un train, en provenance de St Pétersbourg, qui transportait une centaine d’observateurs russes et d’activistes des Droits de l’Homme se rendant dans la capitale moldave à l’occasion des élections parlementaires du 6 mars. La police moldave a déclaré que certaines personnes qui n’avait aucune raison valable de séjourner en Moldavie se trouvaient à bord de ce train. Selon les Izvestia du 4 mars, une ceinture orange (Géorgie, Ukraine et Moldavie) est en train de se former autour de la Russie, dans le but de revitaliser l’alliance régionale du GOUAM (Géorgie, Ouzbékistan, Ukraine, Azerbaïdjan, Moldavie). Or la Russie n’a aucun moyen de s'ingérer dans les affaires moldaves, hormis quelques moyens financiers comme en ont certains directeurs de Gazprom ou certains membres du Gouvernement russe.
Ukraine
Le 5 mars, le Ministre de la Défense, Sergueï Ivanov, a déclaré que la Russie n’avait aucune intention immédiate de retirer sa flotte du port ukrainien de Sébastopol. Le contrat de location de la Russie avec la base navale ukrainienne court jusqu’en 2017. Aucune révision du contrat n’a été pour l’instant envisagée. Bien qu’une seconde base navale destinée à recevoir la Flotte de la Mer Noire ait été construite à Novorossisk, le commandement restera à Sébastopol, rapporte Interfax. En 2013, des pourparlers seront amorcés pour prolonger le délai de location de la base de Sébastopol.
L’Ambassadeur russe en Ukraine, Viktor Tchernomyrdine, a annoncé la visite à Kiev du Président de la Fédération de Russie pour le 19 mars prochain. Les deux chefs d’état ont exprimé le désir de voir se renforcer les relations bilatérales, y compris dans le cas où l’Ukraine déciderait de rejoindre l’Union Européenne.
Liban
Le Ministre des Affaires Etrangères de Russie, Sergueï Lavrov, a déclaré dans une interview à la BBC le 3 mars dernier, que, conformément à la résolution 1559 des Nations Unies, la Syrie devait retirer ses troupes du Liban. Cette déclaration marque un changement radical de position dans la politique de la Russie qui avait refusé de se prononcer lors du vote de la résolution. Ce virage pourrait être interprétée comme un geste envers les Etats-Unis. D’après les Izvestia du 3 mars, la France, favorable au départ des troupes syriennes, aurait fortement influencé la prise de position russe.
Pays Baltes
Le Président estonien et le Président lituanien ont tous deux refusé l’invitation de la Russie de commémorer à Moscou le 60ème anniversaire de la victoire sur l’Allemagne Nazie, rapporte Interfax. Les deux présidents ont affirmé vouloir commémorer l’événement chez eux, selon Reuters. D’après le président du Comité des Affaires Etrangères du Conseil de Fédération de Russie, Mikhaïl Marguelov, l’Estonie et la Lituanie auraient raté l’occasion de tourner une page de leur histoire et de se rapprocher de la Russie.
La décision de ne pas assister aux festivités commémoratives a soulevé un tollé de protestations en Russie :
. le vice président du Comité des Affaires Etrangères du Conseil de Fédération, Vassili Likhatchev, a déclaré que cette décision risquait de creuser un fossé avec l’Union Européenne. Certains membres de l’Union, opposés à un rapprochement entre la Russie et l’Union Européenne, se seraient emparés de l’événement pour développer un syndrome anti-russe
. quant au vice-président du Comité de Défense de la Douma, le libéral Alexeï Arbatov, il considère sans indulgence l’attitude de la Lituanie et de l’Estonie et rappelle l’existence de véritables démocrates en Russie. Si la Russie ne s’était pas tourné vers la démocratie en 91, les Etats Baltes n’auraient obtenu leur indépendance qu’aux prix de grandes souffrances. En 91, les démocrates de Russie sont descendus dans la rue pour soutenir les mouvements indépendantistes baltes, de la même façon que la fait la population russophone vivant dans les Etats Baltes. Cette population à qui on reproche aujourd’hui les crimes commis pas Staline !
TRANSCAUCASIE ET ASIE CENTRALE
. Abkhazie
. Arménie
Le Centre indépendant arménien des Etudes Nationales et Internationales a publié un rapport révélant que sur 1500 personnes interrogées, plus de 75 % pensaient que le financement des élections présidentielles et parlementaires de 2003 était sujet à caution, (40% de l’argent serait de provenance incertaine, 36,8 % viendraient des ressources administratives, la personnalité du candidat ou le programme politique du parti n’étant pas un facteur essentiel de choix !). Le sondage a également démontré que 50 % des personnes interrogées connaissaient la constitution et la législation électorale du pays et que 10 % seulement savaient que des propositions d’amendements constitutionnels devaient faire l’objet d’un référendum à la fin de l’année.
Le Président de la République auto-proclamée du Nagorno-Karabakh a annoncé la tenue d’élections parlementaires pour le 19 juin prochain. Depuis l’adoption de la nouvelle loi sur les partis politiques en Arménie, trois nouveaux partis ont vu le jour : l’Arménie est Notre Maison, Mouvement-88 et une aile droite du parti Patrie Libre. L’ancien parti de l’Union Démocratique Libérale a été renommé et s’appelle aujourd’hui le Parti Démocratique d’Artsakh.
Le Ministre arménien des Affaires Etrangères, Vartan Oskanian, a déclaré à Reuters le 10 mars qu’aucune étude ne serait réalisée conjointement entre des historiens arméniens et turcs sur l’existence d’un génocide en 1915. Tout a déjà été fait à ce sujet et c’est maintenant à la Turquie de décider de sa position. Le 8 mars, le Premier ministre turc avait appelé à une étude sérieuse des meurtres perpétrés pour déterminer si oui ou non il y avait eu génocide. Le Directeur des Archives Nationales d’Arménie a fait savoir que les archives du génocide (plus de 12 000 documents) étaient accessibles à tous, et notamment à tous les étudiants turcs désireux de savoir.
. Azerbaïdjan
Le mouvement Reporters Sans Frontières a écrit au Président Aliev lui demandant d’autoriser une mission internationale à enquêter sur les circonstances de l’assassinat, le 2 mars, d’Elmar Husseïnov, rédacteur du journal d’opposition « Le Moniteur », rapporte Touran du 7 mars. Une commission d’enquête est arrivée à Bakou le 8 mars pour rencontrer le Ministre de l’Intérieur et le directeur de l’Administration présidentielle. Cinq experts du Ministère de l’Intérieur de Turquie sont venus participer à l’enquête.
Le Vice premier ministre azéri, Abid Charifov, président du Comité d’Etat aux Situations d’Urgences, a déclaré lors d’un séminaire organisé par l’Ambassade de France à Bakou que la terre d’Azerbaïdjan était un lieu propice aux tremblements de terre, aux glissements de terrains et aux inondations, selon la Presse du Caucase. Le pays tout entier est une zone sismique, alors qu’une moitié est inondable. De plus, les infrastructures pétrolières, comme le pipeline Bakou-Novorossisk et le pipeline Babou-Tbilissi-Ceyhan, pourraient bien être la cible d’attaques terroristes arméniennes. La création d’un service de sécurité, spécialement attaché à la protection des pipelines, a été décrétée par le Président Aliev.
Lors d’une interview donnée au journal arménien Ierkir, l’ancien co-directeur russe du groupe de Minsk de l’OSCE (92-96), Vladimir Kazimirov, a déclaré que la reprise des hostilités au Nagorno-Karabakh serait vivement désapprouvée par la communauté internationale. Kazimirov a rappelé les déclarations du rapporteur du Conseil de l’Europe, Richard Atkinson, qui affirmait en janvier dernier que si l’Azerbaïdjan, cédant aux pressions des revanchistes, tentait de restaurer son intégrité territoriale par la force des armes, il pourrait bien être exclu du Conseil de l’Europe. Une reprise des négociations pacifiques, auxquelles se joindraient les représentants du Nagorno-Karabakh, présenterait des garanties plus sérieuses de paix.
. Géorgie
Le leader adjar, Levon Varchalomidze, président du Gouvernement de la République Adjar de Géorgie, a personnellement fait le ménage dans la chaîne nationale de télévision. Le directeur, Zaza Khalvachi, et son adjoint ont été renvoyés, alors que 14 journalistes et techniciens, qui avaient démissionné pour protester contre la censure oppressante de la direction, ont été rétablis dans leurs fonctions, rapporte la Presse du Caucase.
Une délégation de l’OTAN est arrivée à Tbilissi le 7 mars pour examiner la conformité du Plan d’Action de Partenariat Individuel, adopté en octobre dernier par la Géorgie. Certaines conditions ne seraient pas encore remplies selon le chef du Comité de Défense et de Sécurité du Parlement géorgien. Il affirme que les responsables de ces manquements seront limogés. Cependant le Premier ministre, Zourab Noghaïdeli, a déclaré que la Géorgie serait bientôt en mesure de remplir entièrement les conditions du Plan et pourrait postuler pour devenir membre à part entière de l’OTAN.
Le Parlement géorgien a voté la fermeture définitive des bases russes pour le 1er janvier 2006. Si Moscou n’accepte pas cette décision, les visas ne seront plus accordés au personnel militaire russe.
Aux dernières nouvelles, le 10 mars, la Ministre des Affaires Etrangères de Géorgie, Salomé Zourabichvili, aurait déclaré lors de sa visite en Turquie, que Tbilissi et Moscou seraient tombés d’accord sur un plan d’action pour la fermeture des deux bases militaires russes, rapporte la Presse du Caucase. Aucun détail n’a encore été révélé mais on sait cependant que des concessions de part et d’autre devraient être faites.
. Kazakhstan
Le débordement de la rivière Syr-Daria dans le sud du Kazakhstan a contraint à évacuer plus de 100 000 personnes, rapporte la télévision kazakhe du 5 mars. Déjà 28 000 personnes avaient dû évacuer la région de Kyzylorda pour cause de dégel, et le débordement du réservoir de Chardara a déclenché un plan d’urgence.
Deux citoyens kazakhs sont actuellement jugés pour avoir participé au programme d’entraînement d’Al-Qaeda, dans une ferme du Kazakhstan. Les accusés risquent la peine de mort, bien que le Kazakhstan ait déclaré un moratoire sur la peine capitale.
Le représentant de l’OTAN dans le Caucase et en Centre Asie a rencontré Qazimjomart Toqaïev, le Ministre des Affaires Etrangères du Kazakhstan, pour décider d’un accord qui permettrait à l’OTAN d’approvisionner ses troupes stationnées en Afghanistan, en passant par le Kazakhstan.
. Kirghizistan
Au Kirghizstan, les manifestations continuent dans de nombreuses régions pour protester contre le premier tour des élections parlementaires qui s’est tenu le 27 février dernier. Dans la ville de Jalal-Abad, un millier de manifestants se sont réunis le 4 mars pour soutenir le candidat Ioussoupbek Bakiev, frère du leader du mouvement du Peuple du Kirghizistan, Kourmanbek Bakiev. Les manifestants protestaient contre la fraude électorale et la pression exercée sur la population par les autorités. Lors de ces défilés, la démission du Président Akaïev a été, comme très souvent, demandée. A la suite de ces manifestations, les autorités ont fait savoir que, si le Gouvernement avait choisi de jouer un jeu de patience avec les manifestants, les organisateurs seraient, eux, recherchés et sanctionnés.
Le 13 mars, le Président Akaïev a même pris la parole pour blâmer l’irresponsabilité politique des organisateurs de troubles qui sacrifient des électeurs innocents à leur soif de pouvoir.
Le leader Kourmanbek Bakiev a demandé une réunion d’urgence du Parlement pour examiner la situation politique du pays et l’éventuelle organisation d’élections présidentielles anticipées. Pour confirmer les rumeurs de fraude électorale qui ont plané sur les élections du 27 février dernier, le Mouvement du Peuple du Kirghizistan plaide en faveur d’une extension des pouvoirs du Parlement et pour de nouvelles élections. Ce transfert de pouvoirs ne pouvant avoir lieu que dans le cadre de la Constitution, il est indispensable de réunir le Parlement.
Le frère de Bakiev, Ioussoupbek, qui arrive en deuxième position au second tour du 13 mars, soutient que le Président Akaïev tente de mettre le feu au pays pour pouvoir déclarer l’état d’urgence et supprimer les élections présidentielles d’octobre. Ces déclarations ont été aussitôt démenties par le porte-parole présidentiel, qui affirme que cette réunion extraordinaire du Parlement est « illégale ».
Le Général Evgueni Iourev, qui commande la 5ème Force de défense aérienne russe, a annoncé le 7 mars que la Russie allait agrandir la piste de la base de Kant, au Kirghizistan, pour pouvoir y déployer un équipement supérieur, selon Interfax. Le personnel sera également élargi, les effectifs actuels étant tout à fait insuffisants.
. Ouzbékistan
Un accord d’extradition a été passé entre l’Ouzbékistan et le Pakistan à l’occasion de la visite à Tachkent le 6 mars dernier du Président pakistanais par le Président ouzbek, Islam Karimov. Les deux hommes se sont entretenus des relations commerciales bilatérales et du combat commun contre le terrorisme. C’est dans le cadre de ce combat que des accords d’extraditions ont été signés. Le Président pakistanais, Parvez Musharraf, a déclaré que son pays, désireux de rejoindre l’Organisation de Coopération de Shanghai (Chine, Kazakhstan, Kirghizistan, Russie, Tadjikistan et Ouzbékistan) ne permettrait pas à des groupes terroristes d’utiliser le Pakistan comme terrain d’action.
. Tadjikistan
Le Président tadjik, Imomali Rakhmonov, a signé quelques décrets le 4 mars pour remplacer son Ministre de l’éducation, le Chef du Comité d’Etat aux Statistiques et un certain nombre de députés et de chefs de districts.
Le Parti Démocratique du Tadjikistan, le Parti Communiste, le Parti Social Démocrate et le Parti de la Renaissance Islamique ont présenté un rapport à la Commission Centrale Electorale, détaillant les multiples violations de procédures lors des dernières élections parlementaires de Douchanbe, rapporte le service tadjik d’RFE/RL du 5 mars. Si la Commission ne fait rien, les partis présenteront leurs protestations devant la Cour Suprême.
. Turkménistan
Le Président Saparmourat Niazov a signé un décret pour limoger le Ministre de la Justice de son poste de Vice premier ministre, Rachid Meredov, rapporte turkmenistan.ru du 7 mars. La raison invoquée pour ce limogeage est le manque de résultats obtenus dans le cadre de son activité et son « incapacité à résoudre les problèmes auxquels il doit faire face ».