RIDECO

Le RIDECO présente une chronique hebdomadaire des nouvelles quotidiennes sur la vie de la Fédération de Russie et des Etats de Transcaucasie et d'Asie Centrale, d'après les informations publiées sur le Web dans différentes langues par divers organismes, comme notamment le RFE/RL Newsline (http://www.rferl.org) et Russian Service Daily News (http://www.svoboda.org)

 

2005 - Semaine du 16 mai 2005

Chronique compilée par Catherine Pardon

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RUSSIE

ETATS DE TRANSCAUCASIE ET D'ASIE CENTRALE


RUSSIE

Intérieur

Partis

            Le 15 mai, plus de 5000 personnes ont participé à la manifestation moscovite organisée en l’honneur des vétérans de la Seconde Guerre Mondiale. Cette manifestation, à l’initiative du mouvement de jeunesse pro-Kremlin, Nachi, a rameuté les activistes de trente régions de Russie. Le leader de Nachi, Vassili Iakemenko, a affirmé que le pays ne serait pas « vendu » et que la nouvelle génération allait se battre pour maintenir l’indépendance de la Russie, dans les salles de classe, dans les usines, dans les bureaux, dans le monde de l’économie et dans celui des affaires, selon RBK-TV.

            Le Président Poutine souhaite renforcer le rôle joué par les partis politiques. Il propose en conséquence que les partis politiques ayant obtenu une représentation régionale nomment des candidats à la tête de l’exécutif régional, rapporte Vedomosti du 16 mai. Actuellement, ce sont les envoyés présidentiels qui soumettent les listes de candidats pour les districts fédéraux.

             Une véritable hémorragie de députés touche actuellement le parti Russie Unie, qui se trouve ainsi menacé de perdre la majorité à la Douma., selon Nezavissimaïa gazeta du 16 mai. Les derniers partis, Valéry Zoubov et Boris Vinogradov, pourraient être prochainement suivis de Nikolaï Bezborodov. La faction ne compte plus que 302 voix, 300 voix sont nécessaires pour atteindre la majorité constitutionnelle. Cependant, le Parti Démocratique Libéral de Russie ainsi que d’autres factions ayant pris l’habitude de soutenir les propositions du Président, la position du Kremlin n’est pour l’instant pas menacée. La principale raison invoquée pour justifier ces départs est un manque de démocratie dans les organes du parti.

Société

            Le journal Vremia novosteï du 16 mai publie les chiffres du Bureau Fédéral des Statistiques sur le nombre de mariages et de divorces en Russie. En 2004, il y a eu 600 000 mariages, contre 800 000 en 2003, et 850 000 en 2002. L’an dernier, le nombre de divorces était de 979 700, contre 1,09 millions en 2003. Le nombre d’enfants nés hors mariage continue d’augmenter et atteint aujourd’hui 30 % des naissances. La femme russe a en moyenne 1,3 enfant. 

 

Economie

Club de Paris

            Le Ministre russe des Finances, Alexeï Koudrine, a annoncé le 13 mai dernier que Moscou pensait anticiper le remboursement de sa dette contractée auprès du Club de Paris, selon RBK. Cette année, le remboursement devrait être de 15 billions de dollars, environ 1/3 de la dette totale. La Russie espère pouvoir dans le futur continuer sur cette lancée. 

Privatisations

            Le Premier Ministre, Mikhaïl Fradkov, a signé un ordre de privatisation des imprimeries fonctionnant sous contrôle de l’état rapporte Vedomosti du 16 mai. Le Ministère de la Culture et de la Communication et le Ministère du Développement Economique ont trois mois pour mettre sur pied ce projet et proposer une liste d’entreprises à privatiser. Selon certains analystes, beaucoup de ces entreprises seront ensuite fermées, le terrain occupé ayant plus de valeur que l’entreprise elle-même.

            Le Bureau Fédéral de Presse et de le Communications  a publié un rapport sur la bonne santé du marché de la presse en Russie. Le secteur, qui se porte bien, serait en pleine  expansion, notamment grâce à la libéralisation des lois et aux investissements domestiques et étrangers. Il y aurait aujourd’hui 46 000 périodiques en Russie, bien que la moitié d’entre eux seulement apparaisse régulièrement. Ce rapport est cependant contesté par Rafaël Akopov, le patron de Prof-Média, propriété de l’oligarque Vladimir Potanine, patron d’Interros. Selon Akopov, 90 % des journaux russes seraient subventionnés par des organes d’état ou par un investisseur privé.

Gaz et pétrole

            Le 17 mai, le Gouvernement a annulé le projet de fusion entre Gazprom et l’entreprise d’état Rosneft, rapportent les Izvestia du 18. Selon les termes de la proposition initiale, le Gouvernement devait transférer Rosneft à Gazprom en échange de 10,7 % d’actions Gazprom, ce qui donnerait à l’Etat le contrôle des actions du gazier russe. Mais d’après le chef de l’Administration présidentielle, Dimitri Medvedev, patron de Gazprom, le Gouvernement paiera en argent les parts de Gazprom et Rosneft sera mise en vente sur le marché. Cette décision a été prise après la difficile acquisition par Rosneft de Iouganskneftegaz, principale filiale de Ioukos.

            Une autre filiale de Ioukos, la Samaraneftegaz, devrait suivre le chemin de la Iouganskneftegaz, vendue par l’état en décembre dernier pour contribuer aux remboursements des dettes fiscales de Ioukos, rapporte Kommersant du 19 mai. Samaraneftegaz est estimée à 5 billions de dollars. De plus, un consortium occidental, dirigé par la banque française, la Société Générale, réclame à la Samaranefetegaz le remboursement d’une dette de 5,2 billions de dollars. Selon Kommersant, avant son rachat par Rosneft, la Iougansneftegaz avait fait l’objet de semblables réclamations.

 

Justice

            Le 16 mai, le Juge Irina Kolesnikova de la Cour de Mechtchanski, dans la circonscription de Moscou, a rendu son verdict sur les affaires Mikhaïl Khodorkovski, l’ex-patron de la Ioukos, sur Platon Lebedev, patron de Menatep et sur celle du Général Andreï Kraïnov, Directeur de Volna. Les trois accusés ont été reconnus coupables d’enrichissement et d’évasion fiscale. La lecture complète du verdict, qui couvre plus de 1000 pages, s’étendra sur plusieurs jours. Dans ses conclusions, la juge Irina Kolesnikova a fait plusieurs fois référence à « un groupe criminel » conduit par Khodorkovski, ce qui  laisse penser aux avocats des accusés que des peines de 10 ans pourraient bien être demandées. D’autres accusations, comme le « blanchiment de plusieurs billions de dollars », seront certainement portées par Natalia Vechniakova, la porte-parole du Procureur général ! La lecture du rapport de verdict pourrait bien prendre une semaine entière et plus encore ! D’après Interfax, Khodorkovski tournerait le dos aux juges, tandis que Lebedev ferait des mots-croisés !

            Selon l’analyste politique Gleb Pavlovski, le « problème Khodorkovski » ne se résumerait pas à une fuite de capitaux, mais serait un problème politique. Habitué aux méthodes de l’administration Eltsine, Khodorkovski n’a pas compris que l’édification de la démocratie passait avant tout par un état fort, affirme Pavlovski.

De nombreuses personnes en Russie pensent que Khodorkovski, à l’image de tant d’autres oligarques, s’est approprié les richesses du pays par des moyens malhonnêtes. Mais Khodorkovski n’a pas que des détracteurs en Russie. Le 16 mai, une trentaine de personnes, qui manifestaient à l’extérieur du tribunal de Mechtchanski durant la lecture du verdict, ont été arrêtées, rapporte Interfax. Parmi ces manifestants, se trouvait le leader de la branche moscovite de Iabloko, Sergueï Mitrokhine.

            Le procès du militant tchétchène, Nourpacha Koulaïev, s’est ouvert le 17 mai à Vladikavkaz, en République d’Ossétie du Nord. Koulaïev serait le seul survivant des 33 preneurs d’otages de Beslan. Il est accusé de meurtre, terrorisme et prise d’otages. Le Président tchétchène défunt, Aslan Maskhadov, a été désigné comme un possible responsable de cette prise d’otages.

 

Médias

 

 

Affaires religieuses

 

 

Affaires régionales

 

 

Tchétchénie

            Le 13 mai, le Comité Américain pour la Paix en Tchétchénie a lancé un appel au successeur à Aslan Maskhadov, Président défunt des résistants tchétchènes. Le Comité a demandé à Abdoul-Khalim Sadoullaïev de poursuivre la politique constructive de Maskhadov et de chercher à entamer des pourparlers de paix avec la Russie. En réponse, Abdoul-Khalim Sadoullaïev a tenu à rappeler que la Russie avait assassiné le Président Maskhadov. En conséquence, à moins que l’Europe n’ait des propositions sérieuses à présenter, la résistance tchétchène continuera son action armée pour forcer la Russie à signer un accord de paix. Sadoullaïev s’est dit par ailleurs prêt à négocier au cas où la Russie le souhaite.

 

Extrême Orient

            Le 18 mai, le Procureur de la région Autonome de Koriak a prononcé de nouvelles charges d’accusation contre l’ancien Vice gouverneur de région, Mikhaïl Sokolovski, rapporte ITAR-TASS. En mars dernier, durant la crise du chauffage, Sokolovski avait été accusé d’avoir versé des fonds à une société moscovite, qui, en échange, devait livrer du fuel. Sokolovski avait été alors condamné à 18 mois de prison, mais sa sentence avait été annulée par la cour régionale pour vice de forme dans la procédure judiciaire touchant à la détention du prévenu. Solokovski est un des rares responsables régionaux à avoir été condamné à une peine de prison dans l’affaire de la crise du chauffage des régions d’Extrême Asie. Cette fois, le Procureur requerrait sept ans de prison ferme.

           

CEI

            Le vice-président de l’Académie des Problèmes Géopolitiques, le Général Leonid Ivachov, a déclaré le 16 mai que la situation était loin d’être réglée en Ouzbékistan, rapporte Interfax. De nombreux facteurs contribuent aujourd’hui à alimenter cette vague de révolutions dans les pays de l’ex-Union Soviétique et notamment « l’esprit de clan, l’injustice, le manque de bien-être, la confiscation des biens et l’autoritarisme des nouvelles classes bureaucratiques ». On retrouverait exactement ces mêmes ingrédients au Tadjikistan. 

            D’après le Ministre des Affaires Etrangères de Russie, Sergueï Lavrov, certains états de l’ex-URSS, dépités et inquiets de voir la Russie reprendre une indépendance financière, multiplieraient les attaques verbales contre celle-ci, augmentant ainsi les tensions déjà existantes.

 

Etranger

Etats-Unis

            Le Ministre des Affaires Etrangères de Russie a rejeté les accusations du Sénat américain, qui prétend que des responsables russes auraient profité de l’accord des Nations Unies avec l’Irak dans le cadre du programme « pétrole contre nourriture », rapporte newsru.com. Selon le rapport du Sénat américain, le chef de l’Administration présidentielle de l’époque, Alexandre Volochine, se serait livré en compagnie d’autres responsables (notamment de Vladimir Jirinovski, le leader du PLDR) à un trafic leur permettant de recevoir une rémunération en pétrole. Les Nations Unies ont lancé une procédure d’enquête sur le rapport des Etats-Unis. De son côté, le Ministre des Affaires Etrangères de Russie a réuni un groupe de travail chargé d’éclaircir ces soupçons.

            Volochine, qui a nié toute implication de sa part ou de l’Administration présidentielle de l’époque dans ce trafic, a affirmé n’avoir jamais été en rapport avec des Irakiens et n’avoir jamais été interrogé par les responsables du rapport américain. 

Etats Baltes

            Le Ministre des Affaires Etrangères de Russie a déclaré devant la presse de Varsovie que la Russie était prête à signer un traité de frontières avec la Lettonie, mais sans condition préalable.

            La Russie et l’Estonie ont signé un accord délimitant les frontières entre les deux états, selon ITAR-TASS. Le Ministre russe des Affaires Etrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré qu’il avait reçu l’assurance de son homologue estonien qu’aucune réclamation ne serait faite par la suite. La Russie a déjà signé un accord similaire avec la Lituanie en 2003. La Lettonie reste donc le seul Etat Balte à ne pas avoir conclu d’accord avec la Russie.

Chine

            La Chine a prévu d’investir 12 billions de dollars dans l’économie russe d’ici 2020, a annoncé le Gouverneur de St Pétersbourg, madame Valentina Matvienko. Valentina Matvienko a cité entre autres choses un projet immobilier appelé la Perle Balte, estimé à 1,25 billions de dollars, selon regnum.ru.

Venezuela

            Le Ministre de la Défense du Venezuela, Jorge Garcia, a signé un accord avec la société d’exportation d’armes russes, Rosoboroneksport. Selon les termes de ce marché, la Russie fournira 100 000 carabines automatiques Kalachnikov AK-103 aux militaires du Venezuela. Ce marché a aussitôt été dénoncé par l’Administration Bush, qui le juge « dangereux ».

Suisse

            Le Procureur général de Russie a demandé officiellement à la Suisse d’extrader vers la Russie l’ancien Ministre de l’Energie Atomique russe, Evgueni Adamov rapporte l’Ekho de Moscou du 19 mai. Arrêté en Suisse, Adamov est suspecté d’avoir détourné des fonds d’aide en provenance des Etats-Unis. Ces fonds étaient destinés à renforcer la sécurité dans les usines atomiques russes. Adamov pourrait être extradé vers les Etats-Unis à la suite d’une plainte américaine. Mais cette demande ne fait pas l’affaire des autorités de Russie qui craignent certainement qu’Adamov ne révèle des secrets nucléaires russes. Le Ministre des Affaires Etrangères de Russie a déclaré que la Russie était prête à coopérer mais qu’il était impensable qu’un ancien ministre soit jugé hors des frontières de son pays.

 

Divers

 

 

ETATS DE TRANSCAUCASIE ET D'ASIE CENTRALE

 

Abkhazie

            Des responsables du Gouvernement abkhaze et du Gouvernement géorgien se sont rencontrés sous les auspices des Nations Unies à Gali le 12 mai, dans la zone de sécurité le long de la rivière Ingouri qui forme la frontière entre la République auto-proclamée d’Abkhazie et le reste de la Géorgie. Les deux parties sont tombées d’accord sur la mise en place d’un groupe de coordination mixte, qui s’occuperait du contrôle des identités et qui informerait les missions des Nations Unies et des forces de paix de la CEI. D’après un ministre géorgien, l’Abkhazie aurait imposé une consultation préalable avec la Russie. 

 

Arménie

            Le 15 mai, le Président arménien, Robert Kotcharian, a rencontré à Varsovie son homologue azéri, Ilham Aliev, pour discuter avec lui du règlement pacifique du conflit au Nagorno-Karabakh, rapportent Touran et ITAR-TASS du 16. La rencontre a duré trois heures. Elle s’est tout d’abord déroulée en présence des présidents français, russe et américain, puis en tête-à-tête. Les détails de cette rencontre ont pour l’instant été tenus secrets, mais la « position azérie reste inchangée », a déclaré Aliev. On sait cependant que les deux hommes sont tombés d’accord sur certains points. L’Arménie aurait, selon Aliev, consenti à retirer ses troupes des sept districts azéris qui entourent la République du Nagorno-Karabakh, ainsi que du corridor de Latchine. En échange de quoi, la sécurité de la population du Nagorno-Karabakh aurait été garantie. Aucune date précise n’a encore été retenue pour la mise en place de ces mesures. De nombreux problèmes demeurent, notamment concernant le retour des réfugiés azéris au Karabakh.

            L’information qui concernait le retrait des troupes arméniennes des territoires occupés a très vite été démentie par le porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères d’Arménie.

            Le Président Kotcharian s’est adressé au Conseil de l’Europe pour affirmer son désir de renforcer une politique de bon voisinage. Erevan espère que la République du Nagorno-Karabakh s’inscrira également dans un processus d’intégration européenne. Le même jour, prenant à son tour la parole devant le Conseil de l’Europe, le Président azéri, Ilham Aliev, a promis au Nagorno-Karabakh un important niveau d’autonomie et des garanties de sécurité pour la population de la République auto-proclamée. Cette offre a été immédiatement rejetée par Vartan Oskanian, Ministre des Affaires Etrangères d’Arménie.

 

Azerbaïdjan

            Le 13 mai, l’Arménie et l’Azerbaïdjan se sont livrés à un échange de prisonniers. L’Arménie a relâché un soldat azéri entré sur son territoire après avoir quitté son unité dans le territoire exclavé du Nakhitchevan. Le 11 mai, l’Azerbaïdjan avait libéré un civil et un soldat arméniens qui s’étaient malencontreusement aventurés en Azerbaïdjan, rapporte Touran du 12 mai.  

            Lors du sommet de Varsovie, le Président Aliev a eu l’occasion de s’entretenir avec le Premier ministre turc sur le processus de paix au Nagorno-Karabakh et sur une coopération entre la Turquie et l’Azerbaïdjan.

            L’opposition azérie a décidé de manifester le 21 mai, avec ou sans le consentement des autorités, pour obtenir des garanties concernant la liberté et la transparence des futures élections parlementaires, ainsi que pour l’égalité des différents partis lors de la campagne électorale. L’opposition réclame également l’arrestation des assassins du journaliste indépendant, Elmar Gousseïnov, et la création d’une publication indépendante. Aux dernières nouvelles, l’autorisation de manifester aurait été rejetée par les autorités municipales de Bakou, qui invoquent la venue imminente de nombreux leaders étrangers pour l’inauguration du pipeline Bakou-Ceyhan-Tbilissi pour justifier ce refus.

 

Géorgie

            La porte-parole du Parlement géorgien, Nino Bourdjanadze, a annoncé que, à la demande du Gouvernement géorgien, le Parlement de Géorgie pourrait déclarer illégales les deux bases militaires russes restant encore sur le territoire géorgien. Le Ministre russe des Affaires Etrangères, Sergueï Lavrov, a fait savoir que la Russie ne cèderait pas à ce chantage. Si Tbilissi impose des restrictions qui menacent la vie des bases russes, la Russie se réserve le droit de prendre des mesures pour assurer la sécurité de ces ressortissants vivant sur les bases militaires. Le porte-parole présidentiel géorgien a fait savoir que des négociations raisonnables devraient être menées pour conclure un rapide accord sur la date définitive de  fermeture des bases. Pour calmer le jeu, le Ministère de la Défense a fait savoir que le délai de fermeture pourrait être repoussé jusqu’en 2008. De son côté, Nino Bourdjanadze s’est montrée rassurante, affirmant que, si le compte à rebours avait commencé concernant la fermeture des bases militaires russes, aucun danger ne menaçait les ressortissants russes. Mais selon certains militaires russes, la Russie, devant le désir expansionniste de l’OTAN, pourrait bien ne pas rester inactive et cantonnerait les  troupes des bases géorgiennes en Abkhazie et en Ossétie du Sud.

            Les comités parlementaires ont entamé une discussion pour revoir à la hausse les dépenses budgétaires de la Géorgie. Le Ministère de la Défense a demandé la somme de 44,6 millions de laris (soit 24,5 millions de dollars). Si le Comité parlementaire des Droits de l’Homme a soutenu la demande du Ministère de la Défense, les comités des affaires agricoles et des affaires judiciaires ont tous deux rejeté cette demande. Selon la Presse du Caucase, les deux grandes factions parlementaires, le Mouvement National Démocrate et l’aile droite de l’opposition, se sont prononcées contre cette demande de rallonge budgétaire, notamment contre celle du Ministère du Ministère de la Défense.

            Le Ministre géorgien de la Défense, Irakli Okrouachvili, a déclaré le 18 mai à Bruxelles que son pays espérait bien recevoir l’an prochain une invitation officielle pour devenir membre à part entière de l’OTAN, selon la Presse du Caucase. Le Secrétaire général de l’OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, a déclaré que trois points restaient à améliorer en Géorgie en vue de cette intégration : le contrôle du pouvoir civil sur les Forces armées, le fréquent changement de personnel de responsables du Ministère de la Défense et des Forces d’Etat-major et l’absence perpétuelle de projets d’investissement dans le domaine de la Défense. De son côté, le Président américain, George Bush, a formulé l’espoir de voir s’intensifier la participation de la Géorgie dans le programme de paix de l’OTAN, sans faire allusion à une éventuelle intégration.

 

Kazakhstan

            Le 12 mai, la Chambre basse du Parlement kazakh a adopté une législation « strictement antiterroriste », rapporte ITAR-TASS. Une liste d’amendements a été adoptée destinée à imposer de lourdes amendes pour les personnes soupçonnées de se livrer à des activités terroristes. Des règles strictes s’appliqueront désormais à l’enregistrement des partis politiques ou religieux. Le financement des partis politiques par des étrangers a été strictement interdit.

            Le Ministre de la Défense, le Général Moukhtar Altinbaïev, a déclaré le 17 mai que la Kazakhstan pourrait bien retirer ses troupes d’Irak dès la fin du mois de juillet, rapporte Reuters. Le Kazakhstan a rempli ses obligations internationales. La plupart des soldats présents sur la terre d’Irak sont des techniciens et des ingénieurs. En janvier dernier, un soldat kazakh a été tué avec 7 Ukrainiens par une mine enterrée.

            Le Président Noursultan Nazarbaïev a reçu à Astana son homologue de Belarus, Alexandre Loukachenko. Les deux hommes se sont entretenus de la signature d’accords bilatéraux dans le secteur de la technologie, de l’énergie, ainsi que dans celui de la culture, rapporte Khabar TV. Alexandre Loukachenko a promis de faire transiter ses exportations vers la Chine par le Kazakhstan. Il faut savoir que le commerce entre le Kazakhstan et la Belarus, s’il n’est pas très important, a triplé ces trois dernières années, notamment dans le secteur de l’agriculture, du bâtiment, de l’industrie et dans celui de l’énergie. Une Ambassade Belarus devrait bientôt ouvrir ses portes à Astana.

 

Kirghizistan

            Le porte-parole du Président ouzbek a déclaré le 15 mai que des centaines de réfugiés ouzbeks s’étaient massés à la frontière kirghize pour tenter d’entrer dans le pays. Le 13 mai, la frontière entre les deux pays avait été fermée en attendant qu’un dispositif douanier suffisant soit installé. Le 15 mai, c’était chose faite et la frontière était de nouveau accessible. Un camp de réfugiés et une assistance médicale ont aussitôt été mis en place. Environ six cents réfugiés ouzbeks ont déjà trouvé refuge au Kirghizistan. Une douzaine de blessés ont même dû y être hospitalisés. Les réfugiés ont été pris en charge par des organisations comme le Haut Commissariat pour les Réfugiés, la Croix Rouge Internationale et l’OSCE. La charge financière de ces réfugiés (abris, nourriture et aide médicale) devrait être dans un premier temps assumée par l’Ouzbékistan.

            L’actuel Président kirghize, Kourmanbek Bakiev, a blâmé les fondamentalistes musulmans pour les violences d’Adijon, des 12 et 13 mai. Les organisations des Droits de l’Homme ont cependant tenu à rappeler qu’une convention internationale sur le non rapatriement des réfugiés vers des pays pratiquant la torture avait été signée par le Kirghizistan et qu’il ne pouvait être question de remettre ces réfugiés aux autorités ouzbeks. Les douaniers kirghizes auraient confisqué 73 armes automatiques, ce qui laisse à penser que ces gens ne seraient pas de vrais réfugiés. Le service des gardes frontières du Kirghizistan aurait d’ailleurs été renforcé pour prévenir l’entrée d’islamistes dans le pays, selon Interfax.   

            Bakiev a annoncé sa future candidature aux élections présidentielles après avoir conclu un accord avec Félix Koulov, candidat désigné par l’opposition. Selon les termes de cet accord, Koulov soutiendra la candidature de Bakiev en échange du poste de 1er Vice-premier ministre. En mars dernier, Félix Koulov, figure très populaire de l’opposition, a été libéré de prison, où il purgeait une peine pour avoir fomenté un complot destiné à renverser le Président Akaïev.

            Le 18 mai, Félix Koulov, recevant une délégation russe, a exprimé le choix politique pro-russe du Kirghizistan, qui souhaite aujourd’hui développer des relations de confiance avec la Fédération de Russie. Sur les événements ouzbeks, Koulov s’est déclaré particulièrement inquiet de l’omniprésence islamiste dans les manifestations de rues.

 

Ouzbékistan

            Suite aux graves émeutes du 12 et 13 mai qui ont agité l’est de l’Ouzbékistan, le Président Islam Karimov s’est entretenu par téléphone avec le Président russe, Vladimir Poutine. Les deux hommes sont convenus de se consulter régulièrement pour faire le point sur la situation intérieure. Le porte-parole de la Douma russe, Boris Grizlov, a déclaré que, très inquiète du déroulement des événements en Ouzbékistan, la Chambre basse souhaitait fortement voir rétablir l’ordre et punir les fauteurs de troubles. Le Ministre des Affaires Etrangères de Russie, Sergueï Lavrov, a affirmé que l’influence des extrémistes étrangers, notamment celle des Talibans voisins, n’était pas à exclure, mais qu’aucun parallèle ne pouvait être fait entre les violences ouzbeks et les révolutions de couleurs qui se sont déroulées dans d’autres pays de la CEI.

            Les agences de presse du 14, 15 et 16 mai rapportaient que le 13 mai, d’après de nombreux témoins oculaires, les forces du Gouvernement avaient ouvert le feu sur les manifestants faisant des « centaines de victimes », rapporte le service ouzbek d’RFE/RL du 15 mai. « Ils tiraient sur eux comme sur des lapins », rapporte un témoin. Selon un médecin présent sur place, 500 corps étaient allongés à l’intérieur de l’école. Le nombre de blessés serait aux environs de 2000. D’après un activiste des Droits de l’Homme, les corps auraient été chargés dans des camions et transportés hors du centre ville pour être enterrés dans des fosses communes. L’agence Reuters rapporte que les troupes ouzbeks achevaient les blessés restés au sol.

            De son côté, le Président Karimov a sévèrement blâmé les extrémistes religieux, responsables selon lui des violences du 13 mai. Le Président fait état d’une dizaine de blessés, « de militaires, policiers et autres personnes innocentes ». Le Ministère de l’Intérieur, Zakir Almatov, a fait savoir que 70 personnes avaient été tuées durant cette insurrection, alors que les rapports des journalistes indépendants parlent de plus de 500 morts. Les autorités détiendraient  70 personnes jugées responsables des troubles d’Andijon, Interfax du 15 mai.

            Des correspondants de journaux ont été arrêtés, affirment l’A.P. et l’A.F.P. L’équipe de télévision russe Ren.TV, menacée par la police ouzbek, n’a pu filmer les événements. D’autres ont été expulsés d’Andijon, « la police ne pouvant pas assurer leur sécurité » ! Certains sites Internet diffusant des informations sur l’événement ont été bloqués.

            Les Etats-Unis ont demandé instamment aux autorités ouzbeks de mettre en place des réformes et condamnent toute forme de violences contre des civils désarmés. Le porte-parole américain, Richard Boucher, a affirmé que le Gouvernement ouzbek devait permettre aux organisations humanitaires de se rendre sur place pour aider les blessés.

            Selon le Rédacteur des Izvestia russes, le régime de Karimov, s’il n’est guère démocrate, représente cependant une meilleure solution qu’un régime islamiste radical. Karimov a au moins l’avantage de soutenir le combat contre Al-Qaeda. Mais d’après Stanislav Belkovski, fondateur du Conseil National Stratégique, la violence des répressions armées contre la foule des insurgés ne fait que retarder l’échéance de la chute du régime Karimov. Presque tous les états de la CEI s’acheminent vers des révolutions.

            L’opposition ouzbek parle de 745 morts, chiffre rejeté par le Président Karimov, qui qualifie ces rapports « d’absurdes ». Aucun ordre de tir n’a été donné affirme le Président. Les forces du Gouvernement ont juste tiré sur les terroristes. Islam Karimov a d’ailleurs promis de faciliter la venue sur les lieux des représentants diplomatiques et des journalistes. L’OSCE et les Nations Unies peuvent naturellement venir enquêter. L’Ouzbékistan est d’ailleurs membre à part entière de l’OSCE, a rappelé le Président Karimov.

 

Tadjikistan

            L’Ambassadeur américain au Tadjikistan a déclaré le 12 mai que les relations bilatérales entre les deux pays s’étaient développées, le Tadjikistan ayant fait de considérables progrès en matière de politique anti-corruption, de transparence, et plus généralement en matière de réformes économiques. Les Etats-Unis ont mené une étude de marché dans le  secteur hydroélectrique. La construction d’un pont, enjambant la rivière Panj qui relie le Tadjikistan et l’Afghanistan, facilitant ainsi l’accès aux ports pakistanais, serait envisagée. Une nouvelle ambassade devrait ouvrir ses portes fin 2005 à Douchanbe.

            Un bureau tadjik de lutte contre le trafic de drogue a été ouvert dans le nord de l’Afghanistan, selon Asia Plus-Blitz. Cette agence est située stratégiquement à la frontière nord-est de l’Afghanistan, dans une région productrice d’opium.

 

Turkménistan

 

 

 


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