RIDECO

Le RIDECO présente une chronique hebdomadaire des nouvelles quotidiennes sur la vie de la Fédération de Russie et des Etats de Transcaucasie et d'Asie Centrale, d'après les informations publiées sur le Web dans différentes langues par divers organismes, comme notamment le RFE/RL Newsline (http://www.rferl.org) et Russian Service Daily News (http://www.svoboda.org)

 

2005 - Semaine du 23 mai 2005

Chronique compilée par Catherine Pardon

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RUSSIE

ETATS DE TRANSCAUCASIE ET D'ASIE CENTRALE


RUSSIE

Intérieur

Douma

            Le 20 mai, la Douma a adopté en première lecture une série d’amendements qui interdisent la formation de blocs électoraux et limitent les rapports de presse pendant les campagnes électorales. En outre, les autorités auront toute latitude pour éliminer un candidat ou un parti de la course électorale. La presse sera tenue pour responsable de toutes les fausses nouvelles diffusées durant les campagnes. Le second dimanche de mars a été choisi comme journée traditionnelle pour les élections régionales ou municipales, et le second dimanche d’octobre pour les élections partielles. Ces mesures ne concernent pas les futures élections de 2007, qui auront lieu le premier dimanche de décembre prochain.

Partis

            L’ex-député d’état à la Douma, Alexeï Zakharov, membre du conseil fédéral de Iabloko, a annoncé le 20 mai qu’il quittait Iabloko pour le Parti Républicain, rapporte Kommersant du 23 mai. Zakharov était membre de Iabloko depuis sa création. Les mauvais résultats aux élections parlementaires de décembre 2003 ont fait apparaître les dissensions existant au sein du groupe, Zakharov s’était alors opposé ouvertement au leader du parti, Grigori Iavlinski. Dans sa lettre de départ, Zakharov déclare que Iavlinski a usurpé le pouvoir et qu’il n’est pas surprenant que des gens aussi brillants que Sergueï Stepachine, Mikhaïl Zadornov, et beaucoup d’autres encore aient choisi de quitter le parti. L’attitude rigide de Iavlinski qui s’oppose à tous compromis politiques aurait largement contribué à isoler le parti. 

 

Economie

Inflation

            Le 24 mai, le Président Poutine s’est adressé aux deux chambres sur la politique budgétaire de 2006. Poutine a déclaré qu’il était indispensable de réduire l’inflation qui menace la croissance économique du pays. Le Président a fustigé le Gouvernement pour avoir minimisé son estimation des coûts de la politique de réforme des avantages sociaux. Le Président a cependant noté certains points très positifs de la politique économique de  cette année, telle la sérieuse diminution de la dette extérieure et le remboursement anticipé au FMI.

            D’après la BERD (Banque Européenne pour la reconstruction et le Développement), la croissance économique de la Russie cette année n’excédera pas les 5,2 %, contre 7,1 % pour l’an dernier, rapporte Vremia novosteï du 24 mai. Le Gouvernement russe avait annoncé 6,5% de taux de croissance, alors que la Banque mondiale parlait de 6,2 % et le FMI de 5,5 % ! L’Ukraine et la Belarus devraient également ressentir une forte baisse de leur taux de croissance respectif 6,5 % et 6 %, contre 12,1% et 11 % pour l’an passé). L’augmentation des taux d’intérêts américains et une baisse constatée dans le climat économique global contribuent à noircir la situation économique de ces pays.

Pétrole

            Le Gouverneur de la région de Samara, Konstantin Titov, s’est déclaré solidaire de l’appel du corps législatif régional adressé au Président Poutine et au Premier ministre, Mikhaïl Fradkov. Cet appel voulait empêcher la désagrégation de la compagnie, Samaraneftegaz, filiale de Ioukos, actuellement au cœur de la production pétrolière du pays, rapporte Nezavissimaïa gazeta du 25 mai. L’éventuelle diminution de la production pétrolière pourrait entraîner la perte de 4000 à 7000 emplois pour la région, qui verrait ainsi s’envoler 3 billions de roubles de revenus (soit 100 millions de dollars), environ 10 % de ses revenus. Depuis plus d’un mois, les bureaux fédéraux des Ressources Naturelles et des Ressources Fédérales font la sourde oreille, laissant en suspend la régularisation de la licence de production de la société Samaraneftegaz.

            Vedomosti du 25 mai rapportait que la compagnie nationale de gaz, Gazprom, comptait  acquérir la majorité des parts de Sibneft avec l’argent versé par le Gouvernement contre 10,7 % de ses parts. D’après le journal, deux responsables de Gazprom seraient en pourparlers pour acquérir 57, 5 % des parts de Sibneft, actuellement aux mains de la société britannique Milhouse capital, qui gère les avoirs du Gouverneur de la région de Tchoukotka, Roman Abramovitch.

            Cependant aucun marché ne peut être traité jusqu’à ce que le sort des 34,5 % de participations de Sibneft, transférées à Ioukos lors d’une fusion, soit réglé, selon Vedomosti du 26 mai. Ces actions avaient été gelées par les services du Procureur général au moment du procès Ioukos, qui affirment que Ioukos aurait acheté les actions Sibneft avec l’argent distrait de l’impôt. Si Gazprom achète une majorité de parts de Sibneft après avoir vendu ses propres parts à l’Etat, cela reviendra de fait à nationaliser Sibneft !

Secteur de l’énergie

            Une importante coupure d’électricité s’est produite le 25 mai à Moscou, provoquant l’arrêt total des rames du métro, bloquant des milliers de personnes à l’intérieur des rames. Et l’arrêt des communications de téléphones cellulaires. La paralysie des feux tricolores a provoqué d’énormes embouteillages et des accidents de la route dans toute la ville, selon RIA-Novosti. Les hôpitaux ont pu fonctionner normalement grâce à leur groupe électrogène. Ce fut aussi le cas au Ministère de la Défense et des Situations d’Urgence. Les températures avoisinant les 30°C n’ont pas arrangé les choses. Selon les newsru.com, d’autres régions auraient été touchées par la coupure, comme celles de Toula, Podolsk et Kalouga.

            Le porte-parole de la société de Systèmes d’Energie Unifiée (EES) a déclaré à l’Ekho de Moscou qu’un feu se serait déclenché dans la station de métro de Tchaguino, l’équipement électrique qui date des années 62-63 laissant beaucoup à désirer. Une enquête a été ouverte pour déterminer la cause exacte de l’explosion et du feu. Aucune piste ne sera négligée. La panne d’origine technique semble se confirmer. Le Président Vladimir Poutine et le Premier ministre, Mikhaïl Fradkov, ont sévèrement critiqué la direction de la société de Systèmes d’Energie Unifiée (EES), dont la responsabilité ne fait pas de doute. Cet incident montre le peu d’attention accordée à l’état général du système électrique et le bas niveau de compétence du personnel. La vie et la sécurité de millions de personnes ont été mises en danger par cette coupure de courant, a déclaré le Premier ministre, Mikhaïl Fradkov. Anatoli Tchoubaïs ne cherche d’ailleurs pas à minimiser ses responsabilités. Les députés du parti Iabloko et du parti Patrie ont demandé le renvoi de Tchoubaïs, tandis que la faction Russie Unie réclame qu’une sanction sévère soit prononcée à l’encontre des responsables.

 

Justice

            C’est déjà le sixième jour de lecture du verdict d’accusation de Khodorkovski. Le leader du Parti National Bolchevik, Edouard Limonov, n’a pu accéder au tribunal (courtroom ?), aucune place ne lui ayant été réservée, ont déclaré les agents de sécurité. Limonov avait été invitée à l’audience par l’avocat de la défense, Robert Amsterdam, rapporte RIA-Novosti. Le 24 mai, l’avocat de la défense, Robert Amsterdam lui-même, avait été arrêté à la porte de la salle d’audience pour vérification de son identité et de son ordre de mission !

            La lecture du verdict d’accusation du procès de Khodorkovski en est maintenant à son neuvième jour. Et certains responsables de police déclarent en coulisses que tout le monde est fatigué de l’affaire. Un des avocats de la défense, Elena Lipster, voit ce verdict comme une farce !

 

Médias

            Le 22 mai, 1500 personnes se sont rassemblées devant le complexe audiovisuel de télévision d’Ostankino pour protester contre les restrictions de la liberté d’expression dans la presse. La manifestation avait été organisée par les forces de l’opposition, dont le Parti Communiste et le parti Iabloko. La veille, le journaliste Savik Chouster, qui travaille actuellement à la télévision ukrainienne après avoir été renvoyé d’NTV, déclarait à l’antenne de l’Ekho de Moscou qu’il était beaucoup plus facile de travailler en Ukraine. En Russie, bien que l’ère soviétique soit révolue et avec elle la censure, d’autres organes, comme le Ministère de la presse, ont été créés pour remplir ce rôle.

            Le Directeur général de Media-Samara, Dimitri Sourianinov, a été attaqué par des assaillants inconnus armés de batte de baseball devant son domicile, rapporte RIA-Novosti du 23 mai. Selon Sourianinov lui-même, hospitalisé avec de multiples blessures, cette attaque ne serait pas sans rapport avec l’enquête publiée dans « Samarskoe obozrenie » sur des hommes d’affaires de la région.  

            Le 23 mai, le Président Poutine a rendu visite au journal Komsomolskaïa pravda pour le 80ème anniversaire de la publication. A cette occasion, Poutine a salué le professionnalisme du quotidien. En outre, Komsomolskaïa pravda est un des journaux actuellement les plus rentables. Le Président a rappelé que le Gouvernement n’avait aucunement l’intention de mettre la presse russe en difficulté financière, cependant un journal ne peut être réellement libre que s’il est économiquement indépendant. A la question de savoir si oui ou non Vladimir Poutine tolérait la critique, le Président a répondu que tout dépendait sur quoi portait la critique et le but poursuivi. Parfois la critique est faite objectivement et dans ce cas elle a son utilité car elle permet de s’apercevoir de ses erreurs, a avoué Vladimir Poutine.

 

Affaires religieuses

 

 

Affaires régionales

 

 

Tchétchénie

            Le 20 mai, une manifestation a eu lieu à Grozny pour protester contre l’acquittement de six soldats russes, responsables de la mort de civils tchétchènes, en janvier 2002. Les protestataires ont lancé un appel au Gouvernement russe. Le Chef de l’Administration tchétchène pro-russe, Alou Alkhanov, a également protesté contre ce verdict d’acquittement, qu’il juge « illégal » et qui contribue à saper plus encore la confiance que le peuple tchétchène a dans la justice russe.

            A l’occasion d’une réunion à Vechenskaïa dans la région de Rostov, avec l’ataman de Terek et d’autres régiments cosaques du Caucase, le Président Poutine a félicité les forces de police tchétchènes servant sous les ordres de Ramzan kadyrov, Vice premier ministre pro-russe. De leur côté, les activistes russes des Droits de l’Homme affirment que les hommes de Kadyrov, qui se livrent à des actes de tortures sur des prisonniers tchétchènes, seraient aussi responsables d’enlèvements et d’exécutions sommaires de nombreux civils.

 

Daghestan

            Le Ministre de la Politique des Nationalités, de l’Information et des Relations Extérieures du Daghestan, Zaguir Aroukhov, a été assassiné le 20 mai au soir, par l’explosion d’une bombe placée devant la porte de son appartement de Makhachkala. Le garde du corps du Ministre est décédé peu de temps après l’explosion, des suites de ses blessures. Quatre enfants ont également dû être hospitalisés. Les enquêteurs sont sur place. Le prédécesseur d’Aroukhov avait été tué, deux ans auparavant, dans les mêmes conditions.

Ingouchétie

            Le bureau du Procureur de la République d’Ingouchétie a ouvert une enquête criminelle sur les conditions de détention de Bekkhan Guireïev. Guireïev, qui est soupçonné d’avoir participé à une tentative d’assassinat sur la personne du Président Ziazikov, serait victime de tortures.

NefteIougansk

            Le 26 mai, un inconnu a ouvert le feu sur Sergueï Bourov, Directeur Général de la société de gaz et de pétrole, Iouganskneftegaz, alors qu’il montait dans son véhicule devant son domicile. Blessé au ventre, Bourov a été transporté à l’hôpital. Bourov est également à la tête de la branche locale de Russie Unie.

           

CEI

 

 

Etranger

Inde

            Le Président indien, Abdoul Kalam, est arrivé à Moscou le 22 mai. Au programme de ce voyage, la visite de l’agence de design aéronautique de Soukhoï, ainsi que l’Académie des Sciences. Le 24 mai, le Président Kalam visitera l’usine où est fabriqué le missile naval, Bramos, conjointement dessiné par l’Inde et la Russie. Le 25 mai, Abdoul Kalam se rendra à St Pétersbourg pour rencontrer Valentina Matvienko, Maire de la ville. C’est la première visite d’un Président indien depuis l’éclatement de l’Union Soviétique.

Etats Baltes

            Le Président Vladimir Poutine a catégoriquement affirmé qu’il n’y aurait aucune négociation territoriale avec les Etats Baltes, selon Komsomolskaïa pravda du 24 mai. Au moment de l’éclatement de l’Union Soviétique, la Russie a déjà renoncé à des dizaines de milliers de kilomètres carrés, il est impensable qu’elle en cède encore aujourd’hui.

            Le 24 mai lors de la session du Forum de l’Economie de Prague, le Vice ministre des Affaires Etrangères de Russie, Iouri Fedotov, a demandé à l’OSCE de s’intéresser à la sécurité des 460 000 personnes d’ethnie russe vivant sur le sol letton et à celle des 150 000 Russes vivant en Estonie, rapporte lenta.ru. Ces personnes, en butte à la discrimination, sont considérées comme des « citoyens de second plan » dans leur propre pays ! La Russie multiethnique et multiconfessionnelle a toujours pris grand soin des intérêts des minorités, a rappelé Fedotov. Un récent sondage du Centre d’Etudes et d’Opinion Publique de Toute la Russie montrait que les autorités russes devraient mieux combattre la xénophobie. Près de 40 % des Russes seraient ouvertement racistes, sentiments largement partagés par les autorités, d’après ce rapport.  

Japon

            Le Général Iouri Balouïevski, Chef d’Etat major des Forces armées a tenu à rassurer le Japon à l’approche des prochains exercices militaires sino-russes de septembre, selon Interfax. Le Japon a formulé l’espoir de pouvoir un jour, lui aussi, développer une coopération militaire avec la Russie. Au cas où le Conseil de Sécurité des Nations Unies s’agrandirait, la Russie espère bien y voir figurer le Japon pour un siège permanent.

Chine

            Le 25 mai, la Chambre haute a ratifié l’accord frontalier entre la Russie et la Chine signé le 14 octobre 2004 et ratifié depuis par la Douma, rapporte ITAR-TASS. Selon les termes de l’accord, 337 kilomètres carrés près de la ville de Khabarovsk seraient rétrocédés à la Chine.

 

Divers

 

 

ETATS DE TRANSCAUCASIE ET D'ASIE CENTRALE

 

Abkhazie

 

 

Arménie

            Lors d’une interview diffusée dans la soirée du 19 mai par la Télévision Publique Arménienne, le Ministre des Affaires Etrangères, Vartan Oskanian, a donné des éclaircissements sur les déclarations de son homologue azéri. Ces déclarations qui portaient essentiellement sur les pourparlers de Varsovie entre les présidents azéri et arménien, annonçaient en substance le retrait arménien des sept territoires bordant la république auto-proclamée du Nagorno-Karabakh (voir chronique précédentes). Oskanian a aussitôt précisé que si certains points avaient été réglés, certains désaccords subsistaient et notamment sur le fait qu’une frontière commune soit créée entre le Nagorno-Karabakh et l’Arménie.  

            Le 23 mai, au lendemain de la visite d’une délégation américaine en Arménie, le Vice premier ministre arménien, Aram Sargsian, leader du parti d’opposition, Hanrapetoutioun, interrogé sur les liens existant dans le domaine militaire entre la Russie et l’Arménie, a déclaré que le Traité de Sécurité Collective de la CEI, créé en 92, avait devant lui cinq années d’existence, pas plus et que les offres occidentales étaient beaucoup plus alléchantes.

 

Azerbaïdjan

            Le 21 mai, la police de Bakou est violemment intervenue dans une manifestation de l’opposition, notamment organisée par le parti Ougour, qui réclamait plus de démocratie en Azerbaïdjan. Des centaines de manifestants ont été battus et dispersés par les forces de l’ordre. Selon Touran, 149 personnes auraient été arrêtées. La police aurait même chargé les journalistes présents. La manifestation n’avait pas reçu l’aval des autorités pour cette journée de manifestation.

            Le porte-parole du Département d’Etat des Etats-Unis, Richard Boucher, a fait savoir que les violences policières sur les manifestants étaient « regrettables » et allaient contre le décret signé 10 jours auparavant par le Président Aliev. Ce décret affirmait le droit pour chacun de se réunir pacifiquement, rapporte Touran du 24 mai.

            De son côté, le Secrétaire général de Reporters Sans Frontières a écrit au Président Aliev pour exiger une enquête sur les débordements policiers. Un journaliste d’Aïna/Zerkalo aurait été battu alors qu’il assurait le reportage de la manifestation. Ce reporter était pourtant vêtu de la veste spécialement fournie par le Conseil de presse, pour l’identification des journalistes. 

            Le 24 mai, au lendemain des festivités d’inauguration du pipeline d’exportation Bakou-Tbilissi-Ceyhan destiné à transporter le pétrole de la Caspienne, le Président Aliev a reçu son homologue géorgien, Mikhaïl Saakachvili. Le Président géorgien a déclaré que le pipeline pétrolier Bakou-Tbilissi-Ceyhan et le pipeline gazier qui exporte le gaz azéri vers Erzerum, en passant par Tbilissi, sont tous deux indispensables au développement et à l’indépendance de la Géorgie, et devrait mettre fin à la dépendance de la région du Sud Caucase en matière de pétrole.

            L’Ambassadeur des Etats-Unis en Azerbaïdjan, Reno Harnish, a tenu à préciser que la sécurité du pipeline Bakou-Tbilissi-Ceyhan relevait entièrement de la responsabilité des pays traversés, à savoir l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie. Les Etats-Unis fourniront seulement des conseils techniques.

 

Géorgie

            Finalement, après certaines réserves, le Parlement géorgien a approuvé, par 118 voix pour et 10 voix contre, l’amendement du budget 2005 destiné à augmenter les dépenses budgétaires, notamment dans le secteur de la défense. Plusieurs comités parlementaires s’étaient montrés réticents sur l’attribution de certaines allocations (voir chroniques précédentes). Finalement, 46,8 millions de laris seront réservés à l’acquittement des droits de douane pour des armes à l’usage du Ministère de la Défense et 35 millions de laris seront réservés à la reconstruction des maisons et des routes endommagées par les inondations locales du mois dernier. Les 5 millions restants seront donnés comme compensation aux familles éprouvées.

            Concernant le retrait des bases militaires russes de Géorgie, le Président russe, Vladimir Poutine a déclaré que le retrait aurait lieu, la Russie ne voulant pas empêcher un pays d’exercer ses droits de souveraineté. Militairement ce retrait ne représente pas un problème, mais politiquement, c’est un mauvais point pour la Géorgie, a précisé le Président russe. La Russie espère fortement que les Géorgiens respecteront leur parole et que ces bases ne seront pas réutilisées au profit d’autres pays.

            Les pourparlers sur la fermeture des bases militaires russes ont repris entre les deux partis. Une délégation conduite par l’Ambassadeur Igor Savolski est arrivée à Tbilissi pour deux jours d’entretiens. Au lendemain des pourparlers, Salovski a déclaré devant la presse qu’un accord était sur le point d’être trouvé. Cependant les partis n’auraient évoqué ni date  butoir pour le retrait définitif ni systèmes de compensation financière.

 

Kazakhstan

            Le 22 mai, une manifestation réunissant 1500 personnes s’est tenue à Almaty, pour protester contre l’absence de libertés de la presse, selon Interfax. Les organisateurs ont affirmé la nécessité de développer une presse indépendante pour renforcer les valeurs démocratiques au Kazakhstan. Les manifestants ont scandé des slogans demandant la fin de la persécution des médias ayant critiqué le régime en place et un renforcement des lois sanctionnant la corruption bureaucratique et défendant les droits et les libertés des citoyens. Les journalistes du journal Respoublika, récemment fermé par les autorités, participaient à la manifestation.

            Le Président Noursultan Nazarbaïev a présidé l’ouverture d’une réunion des états de la CEI, qui s’est tenue à Astana le 20 mai, rapportent Khabar TV et Asia Plus-Blitz. La réunion avait pour thème principal la coopération autour des opérations antiterroristes. La sécurité économique des états de la CEI a également été évoquée, ainsi que la vente sauvage de matériaux nucléaires. Sur les événements ouzbeks, le Directeur de la Sécurité Fédérale de Russie, Nikolaï Patrouchev, a déclaré que ceux-ci étaient essentiellement liés à la proximité de l’Afghanistan où la situation, malgré bien des efforts, restait encore très instable. Les camps d’entraînement de terroristes sont entretenus par le trafic de drogue.

            Le Président Noursultan Nazarbaïev a déclaré devant la presse que le projet d’exportation du pétrole kazakh par le pipeline Bakou-Tbilissi-Ceyhan était une véritable « nécessité » pour le Kazakhstan. Les exportations kazakhes se font aujourd’hui exclusivement par le biais du Consortium de Pipelines de la Caspienne et par celui d’Atiraou-Samara.

 

Kirghizistan

            Les gardes frontières kirghizes ont remis un groupe de 84 réfugiés aux mains des autorités ouzbeks. Ces réfugiés étaient entrés illégalement dans le pays. Plus de 500 Ouzbeks sont aujourd’hui réfugiés au Kirghizistan depuis les événements d’Andijon (voir chronique précédente).

            Le 23 mai, suite aux événements ouzbeks et à la demande de l’Ouzbékistan, l’actuel Président kirghize, Kourmanbek Bakiev, a signé un décret transformant le service des douanes en véritables gardes frontières fonctionnant sous la responsabilité des Services de Sécurité Nationale du Kirghizistan, rapporte le service kirghize d’RFE/RL.

            D’après le groupe ouzbek des Droits de l’Homme, Citoyens Contre la Corruption, 491 citoyens ouzbeks auraient été officiellement enregistrés comme demandeurs d’asile au camp de Souzak, au Kirghizistan. Parmi eux, 85 femmes, 21 enfants et au moins 12 détenus. Le groupe des Citoyens Contre la Corruption a plaidé en faveur de 491 réfugiés auxquels il conviendrait d’accorder le statut de réfugiés.

 

Ouzbékistan

            Le 21 mai, dans la ville d’Ohangaron aux environs de Tachkent, les Forces de la Sécurité ouzbek ont appréhendé 8 personnes suspectées de se livrer à des activités terroristes. Elles appartenaient toutes au parti non enregistré des Hommes d’Affaires et des Fermiers d’Ouzbékistan, rapporte Interfax.

            La Secrétaire d’Etat Condoleeza Rice a demandé aux autorités ouzbeks d’accepter une enquête internationale sur les événements qui ont bouleversé la ville d’Andijon, dans l’est de l’Ouzbékistan, rapporte ITAR-TASS du 21 mai. Une réponse négative serait mal perçue par la communauté internationale, a prévenu la Secrétaire d’Etat, rappelant que la situation des Droits de l’Homme en Ouzbékistan était le sujet d’importantes discussions aux Etats-Unis. L’an dernier, un prêt de 11 millions de dollars avait déjà été refusé à l’Ouzbékistan par Washington parce que la situation des Droits de l’Homme dans le pays était loin d’être satisfaisante.

            De son côté, les premiers ministres de l’Union Européenne se sont réunis pour condamner les débordements policiers d’Andijon, totalement « disproportionnés », et réclament aussi une enquête internationale, rapporte Reuters. Le secrétaire des Affaires Etrangères britanniques, Jack Straw, a déclaré que l’Union Européenne avait à sa disposition de grands moyens de pression pour contraindre l’Ouzbékistan à se plier à sa requête. Aux dernières nouvelles, le Président Karimov aurait cependant rejeté la demande internationale, déclarant que cette enquête était « sans objet ».   

            Le nombre de morts serait d’environ 1000 personnes selon des journalistes indépendants, alors que les chiffres officiels seraient de 167 morts. Depuis le 21 mai, des activistes des Droits de l’Homme seraient toujours détenus par la police ouzbek.

 

Tadjikistan

            Le leader du Parti de la Renaissance Islamique du Tadjikistan, Muhiddin Kabiri, a fait savoir que les événements ouzbeks avaient été causés par des problèmes économiques et sociaux intérieurs et par le manque de libertés politiques, rapporte Asia Plus-Blitz du 19 mai. Muhiddin Kabiri a vivement critiqué la Russie qui cherchent à occulter les troubles ouzbeks en les associant aux fondamentalistes islamiques, ainsi que les puissances occidentales qui soutiennent le régime autoritaire ouzbek. Une légalisation appliquée aux activités des partis islamistes empêcheraient l’émergence de courants extrémistes, a répété le leader tadjik.

 

Turkménistan

            Le 20 mai, le Président Niazov a limogé le responsable du secteur gaz et pétrole, Iolli Gourbanmouradov, rapporte Turkmen TV. Ce licenciement a été suivi d’un rapport du Procureur général accusant Gourbanmouradov d'avoir détourné plus de 60 millions de dollars des fonds de l’Etat, alors qu’il se trouvait à la tête de la Banque d’Etat pour les Activités Economiques, de 1993 à 2001.

 


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