RIDECO

Le RIDECO présente une chronique hebdomadaire des nouvelles quotidiennes sur la vie de la Fédération de Russie et des Etats de Transcaucasie et d'Asie Centrale, d'après les informations publiées sur le Web dans différentes langues par divers organismes, comme notamment le RFE/RL Newsline (http://www.rferl.org) et Russian Service Daily News (http://www.svoboda.org)

 

2005 - Semaine du 11 octobre 2005

Chronique compilée par Catherine Pardon

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RUSSIE

ETATS DE TRANSCAUCASIE ET D'ASIE CENTRALE


RUSSIE

Intérieur

Partis

            Une polémique a éclaté autour de l’éventuelle inhumation du corps de Lenine. Nombreuses personnalités politiques, des libéraux et des démocrates notamment, sont favorables au fait d’enlever le corps de Lenine du Mausolée de la Place Rouge et de l’enterrer normalement. Mais, même parmi les libéraux et les démocrates, cette proposition ne fait l’unanimité. Selon Viktor Erofeev, auteur libéral, ce ne serait pas le meilleur moment de débattre sur ce sujet qui divise. Il est d’ailleurs fort probable que le Kremlin a choisi de lancer ce sujet pour diviser l’opposition à l’approche des élections parlementaires de la Douma.

Santé

            Le week-end des 8 et 9 octobre, 63 personnes, dont 11 enfants, ont été hospitalisées avec des symptômes rappelant ceux de l’hépatite A, rapporte RIA-Novosti. Depuis le début septembre, 1700 cas de ce type ont déjà été enregistrés dans la région. Plus de 65000 personnes ont été depuis vaccinées et 9000 personnes ont reçu des vaccins d’immunoglobuline. D’après le rapport du Ministre des Situations d’Urgences, 542 personnes seraient actuellement hospitalisées à Nijni Novgorod.

            Le 11 octobre, le Président Poutine s’est entretenu avec les membres du praesidium du Conseil d’Etat sur les moyens d’améliorer le système de santé en Russie. Les fonds fédéraux supplémentaires alloués aux Républiques l’ont été dans ce but, a rappelé le Président, et non pour renflouer les régions. L’utilisation de ces fonds sera d’ailleurs étroitement surveillée par les représentants des 7 districts fédéraux. Selon gazeta.ru, aux dires de Poutine, les salaires annuels des médecins seront augmentés et des centres médicaux technologiques seront construits pour répondre aux demandes.           

Programme social

            Le Premier ministre, Mikhaïl Fradkov, a annoncé qu’il prenait en main « personnellement » le développement du nouveau programme social concernant le système de santé, le développement de l’éducation et l’aide à la construction et à             l’acquisition de logements pour les jeunes ménages. Dans les trois prochaines années, 213 billions de roubles (soit 7,6 billions de dollars) devraient être attribués à ce programme de constructions et d’ici 2010, 350 000 jeunes ménages verront s’améliorer leur lieu d’habitation et le crédit logement passera d’un taux de 15 % à 8 %.

            Le 12 octobre, dans un certain nombre de régions (Sakhaline, Tchita, Vologda, Irkoutsk, Novgorod, Tver, Moscou, Sverdlovsk, Tcheliabinsk) les fonctionnaires se sont mis en une grève pour obtenir des augmentations de salaires et une amélioration des conditions de travail. Les mouvements les plus importants ont commencé en Extrême Orient, 500 grévistes à Ioujno-Sakhalinsk et 5000 grévistes à Khabarovsk. Les médecins et les enseignants doivent fréquemment occuper deux emplois pour pouvoir vivre décemment. Des tentatives d’intimidation auraient été faites sur certains enseignants pour les dissuader de manifester.    

 

Economie

 

 

Justice

            Le 7 octobre, l’ex-patron de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski a envoyé ses vœux d’anniversaire au Président Poutine depuis sa cellule : « Vous avez su sauver les principaux acquis de la Russie moderne : des prix pétroliers élevés... Vous êtes aussi un excellent ami et partenaire, vous vous êtes efforcé ar tous les moyens de détruire la plus grande compagnie pétrolière de Russie. Je vous souhaite deux choses que vous n’avez pas : la liberté et la tranquillité ».

            Selon l’homme de loi de Mikhaïl Khodorkovski, son client aurait été transféré de Moscou vers un camp de travail pour y effectuer son temps d’incarcération. Les proches de Khodorkovski ont été informés de cette destination par mail. Selon une rumeur venue des services du Procureur général, il s’agirait du camp du « Canard Rouge », qui se trouve près de Nijni Taguil. Mais d’autres informations font état de la République de Komi ou de la Région Autonome de Iamal-Nenets. Aux dernières nouvelles, l’associé de Khodorkovski, Platon Lebedev du groupe Menatep, également incarcéré, se trouverait actuellement dans le camp de travail du village de Harp, que l’on ne peut atteindre qu’en bateau ou en hélicoptère, rapporte RIA-Novosti du 13 octobre.

            L’ancien prisonnier politique soviétique, Vladimir Boukovski, a proposé d’échanger Khodorkovski contre Evgueni Adamov, l’ancien Ministre de l’Energie Atomique, détenu en Suisse. On se souvient que Boukovski lui-même avait été échangé en 76 contre le leader communiste chilien, Corvalan.

            Le 11 octobre, le président du Comité des relations Internationales du Conseil de Fédération a déclaré que pour la Russie, l’année 2006 pourrait être une année politiquement importante, si elle parvenait à devenir membre du Groupe des 8 (G-8 : les 8 pays les plus industrialisés) et si elle pouvait intégrer l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe. Une condition s’impose toutefois, qu’elle abolisse la peine capitale, rapporte ITAR-TASS. En 97, la Russie avait prononcé un moratoire sur la peine de mort, sans toutefois l’abolir définitivement.

 

Médias

 

 

Affaires religieuses

 

 

Affaires régionales

Région de Voronej

            Un étudiant péruvien et deux étudiants espagnols ont été attaqués le 9 octobre dans le centre de Voronej par une bande de jeunes gens âgés d’environ 15 ans. Le Péruvien est mort des suites de blessures à l’arme blanche. Les deux Espagnols sont hospitalisés avec de graves blessures à la tête, rapporte RIA-Novosti. Le Vice ministre de l’Intérieur, Andreï Novikov, a fait savoir que toutes les pistes seraient explorées par les enquêteurs . Cependant la piste du crime raciste est privilégiée. Des arrestations seraient imminentes. Les partis se sont aussitôt emparé de cette affaire : les groupes de droite mettent en cause la politique du Gouverneur régional, notamment celle de Vladimir Koulakov de Russie Unie, chargé de combattre l’extrémisme et la xénophobie, alors que les partisans du Kremlin rejettent la responsabilité de ces violences sur les partis nationalistes, comme Patrie ou bien encore le parti National Bolchevik.

Le 11 octobre, trois cents étudiants étrangers ont manifesté sur la Place centrale de Voronej pour protester contre l’assassinat de l’étudiant péruvien. Les manifestants portaient le slogan, « nous voulons vivre ». La police n’est pas intervenue contre ce mouvement spontané et le chef adjoint de la sécurité de la circonscription a demandé aux étudiants de se disperser, tout en essayant de les rassurer.            

Tomsk

            Le 9 octobre, lors des élections législatives de la région de Tomsk, le Parti Populiste des Retraités a balayé Russie Unie, le parti du Kremlin. Selon les résultats préliminaires annoncés par Interfax, le Parti Populiste des Retraités l’aurait emporté par 19,42 % de voix, suivi par Russie Unie, qui arrive avec 17,85 % des voix.

République de Kabardino-Balkarie

            Au matin du 13 octobre, des combattants armés ont lancé une série d’attaques terroristes sur Naltchik, capitale de la république du Kabardino-Balkarie. Certaines infrastructures locales étaient visées, comme le quartier général du Ministère de l’Intérieur, les bureaux des Services de la Sécurité Fédérale ou même l’aéroport de la ville. Selon un communiqué transmis par kavkazcenter.com, les attaquants appartiendraient au Front du Caucase du secteur Kabardino-Balkar. Sur 150 combattants qui participaient à cette attaque, 50 auraient été tués. Du côté civil, les chiffres officiels parlent de 12 personnes tuées et de 64 autres blessées durant les combats.

            Dans la matinée du 14, les Forces armées russes, secondées par les Forces de police et par les Forces de Sécurité, ont réussi à neutraliser les lieux investis par les terroristes : un poste de police et un magasin de souvenirs. Un district de la ville reste cependant interdit. Des militants auraient soumis le poste de police de Khassania à un tir de mortier, tuant deux policiers.

            Des questions restent en suspens : la nationalité des attaquants, leur nombre et leur but. L’envoyé présidentiel du District Fédéral du Sud aurait confié au Gardian du 14 octobre qu’il y aurait plusieurs douzaines de combattants, venus de différentes parties du Nord Caucase, mais résidant tous dans la République du Kabardino-Balkarie. Selon le Ministère de l’Intérieur, douze civils auraient été tués pendant l’attaque, vingt-sept personnes auraient été appréhendées, tandis que vingt-quatre membres des services de police et des forces spéciales auraient été tués. Environ 120 résidents de Naltchik seraient hospitalisés avec des blessures. Le Vice-procureur général affirme que la plupart des attaquants seraient issus d’un groupe de militants locaux, Iarmouk, dont le leader, Anzor Astemirov, serait mort durant les combats.

            Le Colonel Sergueï Gontcharov, ancien du KGB et président de l’association des vétérans de la Force antiterroriste, a déclaré que les événements de Naltchik avaient fait la preuve de l’inefficacité des services de renseignements et de la politique caucasienne. Dans le Nord Caucase, la corruption est partout et il y a un manque de coordination chronique entre les services du FSB et du Ministère de l’Intérieur. Les événements de Naltchik illustrent bien ce manque de coopération puisque les organisations de militants n’ont pu être infiltrées.

            Le leader du Parti Patrie, Dimitri Rogozine, a proposé de faire du Nord Caucase une « zone à risques » et de limiter les déplacements des résidants de ces régions vers le reste de la Russie.

Kaliningrad

            L’historien Vladimir Nirko a demandé que la ville de Kaliningrad soit renommée en « Prusse Russe ». Jusqu’en 46, la région s’appelait Koenigsberg, avant d’être transférée à l’Union Soviétique. Le Président de l’Union Soviétique étant mort en 1946 on donna son nom à la ville, mais les habitants de celle-ci ne l’associent pas à leur histoire. D’après l’historien, le mot « Prusse » serait d’origine slave et non germanique. Associer le mot « Prusse » au nom « Russe » serait une façon de sécuriser la région en tant que juridiction russe et de la protéger des appétits des pays voisins.

           

Tchétchénie

            Le procès des quatre hommes appréhendés dans la maison de Tolstoï-Iourt s’est ouvert le 10 octobre pour être aussitôt ajourné. C’est dans cette maison de Tolstoï-Iourt que, selon les militaires russes, le leader de la résistance tchétchène Aslan Maskhadov aurait été abattu le 8 mars dernier. Parmi ces quatre hommes, on trouve le propre neveu de Maskhadov, Vichkhan Khadjimouradov. Selon certaines rumeurs venues de Russie, Maskhadov aurait été abattu par ses propres gardes du corps, désireux d’éviter sa capture. Les prévenus sont accusés de possession illégale d’armes, d’appartenance à un groupe armé pour fomenter une insurrection.

 

CEI

 

 

Etranger

Allemagne

            Le président du Comité des Affaires Etrangères de la Douma, Konstantin Kossatchev, du parti Russie Unie, pense que l’élection d’Angela Merkel à la tête de la Chancellerie ne modifiera pas les relations germano-russes, qui resteront les mêmes que sous le Chancelier Gerhard Schröder. La nomination éventuelle d’un Social Démocrate aux Ministères des Relations Extérieures assurerait certainement la continuité politique des relations germano-russes. La nouvelle Chancelière, Angela Merkel, a été claire : la priorité en politique internationale sera de resserrer les liens de l’Allemagne et des Etats-Unis. Il n’est cependant pas question de remettre en cause le contrat signé par Schröder et Poutine pour la construction d’un pipeline de gaz en Europe du Nord.

Inde

            Le Général Vladimir Mikhaïlov, Commandant les Forces Aéronautiques de Russie, a annoncé le 9 octobre que trois avions transportant des soldats de la base aérienne de Pskov sont arrivés en Inde pour des exercices antiterroristes, menés conjointement avec l’Armée indienne. Des bateaux russes de la flotte du Pacifique participeront également à ces exercices, qui se dérouleront dans la Baie du Bengale.

Etats-Unis

            Pour répondre à la question concernant la présence de bases militaires américaines en Centre Asie, le Ministre russe de la Défense, Sergueï Ivanov, a déclaré lors d’une conférence de presse que, chaque pays avait le droit d’accueillir            sur ses bases militaires des unités étrangères. Cependant, les pays d’Asie Centrale, en tant que membres de l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC), doivent tenir compte des intérêts des autres états membres.

Union Européenne

            Le Ministre des Affaires Etrangères de Russie, Sergueï Lavrov, a fait savoir que le Russie désapprouvait les sanctions décidées par l’Union Européenne à l’encontre de l’Ouzbékistan. Ces sanctions ont été votées dans la mouvance des événements survenus en mai dernier à Andijon, en Ouzbékistan. Les Forces de l’ordre étaient intervenues avec une grande brutalité, faisant de nombreuses victimes. L’Union Européenne a demandé l’autorisation d’enquêter en Ouzbékistan. Considérée comme un acte d’ingérence, cette demande a été rejetée par le Président Islam Karimov. Ce qui a eu pour conséquence le vote de sanctions économiques. Dans cette affaire, la Russie préconise le respect du dialogue, ne serait-ce que pour ménager le développement économique en Centre Asie.

 

Divers

 

 

ETATS DE TRANSCAUCASIE ET D'ASIE CENTRALE

 

Abkhazie

            Les délégations du gouvernement d’Abkhazie et de Géorgie se sont réunies à Sotchi les 6 et 7 octobre sous les hospices des Nations Unies, pour discuter du retour des populations géorgiennes déplacées d’Abkhazie, lors du conflit de 92-93. Le Ministre abkhaze, Sergueï Chamba, a déclaré que les Nations Unies devaient organiser un recensement des personnes déplacées souhaitant revenir à Gali, au début de janvier 2006. Le Ministre géorgien pour la Résolution des Conflits a souligné le manque de coopération évidente de l’Abkhazie à ce sujet. Les autorités abkhazes refusent notamment de permettre aux enfants géorgiens d’utiliser leur langue maternelle dans les écoles.

 

Arménie

            Le président du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe, Diego Freitas do Amaral, Ministre des Affaires Etrangères du Portugal, a demandé aux Arméniens d’approuver l’amendement constitutionnel qui doit être voté lors du référendum national, le 27 novembre prochain. D’une importance fondamentale, ces modifications tendent à renforcer le système judiciaire et à rééquilibrer la balance des pouvoirs entre l’Exécutif et le Législatif. Le texte complet de l’amendement sera publié avant le 28 octobre.

            Le 8 octobre, les chefs des organisations régionales des vétérans de l’opposition se sont réunis à Erevan pour décider du boycott du référendum du 27 novembre, selon Touran du 7. Le parti d’Union Nationale Démocratique a lui aussi demandé le boycott du référendum. Quant au bloc d’opposition Artaroutioun, il a appelé son électorat à voter « non » au référendum du 27 novembre sur les amendements constitutionnels proposés par le Gouvernement, rapportent Noïan Tapan et le service arménien du RFE/RL. Dire non au référendum, c’est dire non au régime. La médiatrice des Droits de l’Homme, Larissa Alaverdian, s’est prononcée en faveur du référendum et surtout en faveur du droit du citoyen d’en appeler à la Cour Constitutionnelle.

 

Azerbaïdjan

            De nouveau, le 9 octobre, la police est intervenue pour interrompre une manifestation de l’opposition du bloc Azadlyq, le Parti Libéral d’Azerbaïdjan, rapportent Reuters et Azerbaïjani média. Les autorités de Bakou avaient refusé l’autorisation de manifester, demandant à l’opposition de se réunir ailleurs qu’au centre ville. La police serait intervenue avec une grande brutalité, frappant les manifestants sur la tête, alors que le code de la police le leur interdit. Des douzaines de personnes auraient été blessées, dont une dizaine de journalistes, selon le zerkalo.az du 11 octobre. L’Ambassadeur des Etats-Unis à Bakou à déplorer ces violences et appelé les partis à renouer le dialogue.

            « International Crisis Group », localisé à Bruxelles, a publié un second rapport sur le conflit au Karabakh, rapporte Noïan Tapan. En résumé, le rapport affirme qu’un compromis pourrait bien être trouvé entre les deux parties, mais que de grosses difficultés demeurent. Le retrait des troupes arméniennes des sept provinces azéries y est demandé. Le corridor de Lachine, qui relie l’Arménie au Nagorno-Karabakh, pourrait être mis sous protection des Forces de paix internationales. Le rapport évoque aussi le retour de la minorité azérie dans ses foyers, au Nagorno-Karabakh et la tenue d’un référendum sous contrôle international pour déterminer le statut futur de la région. Il est demandé à l’Azerbaïdjan de ne pas tenter de reprendre le contrôle du Nagorno-Karabakh par la force des armes et d’établir un dialogue avec les autorités locales.

 

Géorgie

            Le Premier ministre, Zourab Noghaïdeli, a écourté sa visite en Turquie pour revenir au plus vite en Géorgie, où des pluies torrentielles ont provoqué des inondations et des glissements de terrain, rapporte la Presse du Caucase. Le Président Mikheïl Saakachvili a demandé aux ministres, lors d’une session de cabinet, d’organiser les transports d’urgence et d’aider les familles touchées par ce désastre.

            La police militaire de Géorgie enquête actuellement sur des cas de désertions de soldats de nationalité azérie sur la base de Dedoplistsqaro. Les Azéris déserteurs ont expliqué qu’ils se seraient plaints auprès d’un médiateur d’être régulièrement insultés, d’être mal nourris et mal vêtus.

            Le 11 octobre, après plusieurs heures de débat, le Parlement géorgien a approuvé la résolution fixant les dates limite de départ pour les Forces de paix russe stationnées dans les zones de conflit d’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie. Selon le Parlement, ce retrait se justifierait d’autant plus que les Forces de paix russes continuent d’ignorer les violences quotidiennes, meurtres, enlèvements, etc. Une Force de paix internationale devra être mise en lieu et place. La Russie a aussitôt répondu que ce choix était politiquement motivé. Selon le Ministre russe des Affaires Etrangères, Sergueï Lavrov, il serait plus judicieux de renouer le dialogue avec les leaders des républiques sécessionnistes. Lavrov a rappelé que le Président de la République auto-proclamée d’Abkhazie, Sergueï Bagapch, ne permettrait pas le départ des Forces russes. Le Ministère russe considère les menaces géorgiennes comme des provocations « irresponsables ».

            Les présidents de Turquie, d’Azerbaïdjan et de Géorgie ont assisté à la cérémonie d’inauguration du pipeline caspien, Bakou-Tbilissi-Ceyhan, dans son tronçon géorgien. La section azérie avait déjà été ouverte en mai dernier. Qualifié par le Président azéri, Ilham Aliev, de « grand événement », la mise en service de ce pipeline revêt, pour le Président géorgien, « une grande importance politique ». Le Président Saakachvili a remercié le Président turc pour « son aide et son soutien ».

 

Kazakhstan

            Le 8 octobre, les Etats-Unis ont finalisé un accord passé avec le Kazakhstan. Cet accord portait sur l’élimination de presque 3 tonnes de fuel nucléaire, en provenance du réacteur nucléaire de l’ouest du Kazakhstan, datant de l’ère soviétique. La destruction de ce fuel nucléaire, contenant de l’uranium hautement enrichi, se fera sous la surveillance de l’Agence Atomique Internationale.

            Le Président Noursultan Nazarbaïev a déclaré le 11 octobre que le développement économique du pays représentait une priorité pour le Gouvernement. Le but final étant d’aboutir à une libéralisation de l’économie pour atteindre les standards de l’économie de marché, favorisant « un climat d’investissement ».

            La navette spatiale russe, Soïouz, a atterri le 11 octobre au Kazakhstan, seulement trois heures et demie après avoir quitté la Station Spatiale Internationale. Elle transportait à son bord, deux hommes d’équipage et un homme d’affaires américain, Gregory Olsen, qui avait payé 20 millions de dollars pour devenir le  « troisième touriste spatial ».

            Le 1é octobre, le directeur de campagne de « Pour Un Juste Kazakhstan » a été arrêté à Almaty par des policiers armés, comme il quittait les locaux du parti. Cette arrestation a eu lieu alors que le directeur s’apprêtait à s’envoler vers Astana pour y rencontrer la Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Condoleezza Rice, rapporte Navigator du 13 octobre.

 

Kirghizistan

            Le Président kirghize, Kourmanbek Bakiev, a défini les relations économiques de son pays avec l’Ouzbékistan comme « une priorité politique», rapporte ITAR-TASS. Les deux pays devront intensifier leurs efforts pour lutter efficacement contre le terrorisme et l’intégrisme religieux qui menacent la stabilité régionale, a ajouté Bakiev. Des mesures supplémentaires de sécurité seront appliquées aux frontières.

            Le Sous-secrétaire américain pour le Contrôle de l’Armement et la Sécurité Nationale, Robert Joseph, a été reçu le 7 octobre par le Premier ministre Félix Koulov. Les deux hommes ont évoqué un développement des relations bilatérales et la sécurité aux frontières. Koulov a affirmé que toutes les mesures seraient prises pour prévenir la dispersion illégale d’armes de destruction massive. Félix Koulov a promis que les Etats-Unis pouvaient avoir confiance dans le Kirghizistan.

            La Secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, est arrivée le 11 octobre au Kirghizistan pour une première étape de son voyage qui la mènera du Tadjikistan jusqu’en Afghanistan et au Pakistan. A son arrivée à Bichkek, Condoleezza Rice s’est rendue à la base de Ganci, sur l’aéroport de Manas, où stationnent les avions américains intervenant sur l’Afghanistan. La Secrétaire d’Etat a ensuite rencontré le Président Bakiev et le Premier ministre, Félix Koulov, pour discuter avec eux des futures élections. Condoleezza Rice a rappelé que des élections libres et démocratiques étaient la clef de la coopération avec les Etats-Unis.      

 

Ouzbékistan

            La Russie a offert une alliance stratégique bilatérale à l’Ouzbékistan dans le domaine de l’industrie aéronautique, rapporte Interfax du 10 octobre. La Rosprom (Agence Fédérale de Russie pour l’Industrie) a proposé la création d’une nouvelle compagnie. Le projet prévoit d’incorporer le stock de l’usine de Tchkalov, à Tachkent, et de se spécialiser dans la production de plusieurs types d’avions comme le IL-76, gros transporteur, le IL-114, avion à réaction pouvant transporter des passagers, etc.

 

Tadjikistan

            L’Organisation de Coopération de Shanghai s’est réuni à Douchanbe pour un sommet économique et commercial, selon Avesta. Les membres de l’OCS (Chine, Kazakhstan, Kirghizistan, Russie, Tadjikistan et Ouzbékistan) ont discuté d’une coopération économique, commerciale et bancaire entre les états-membres. A la fin du mois, un autre sommet se tiendra à Moscou, où des observateurs comme l’Inde, la Mongolie et le Pakistan, seront présents, rapporte Asia-Plus Blitz.

            Le 9 octobre, le représentant des Etats-Unis en Asie Centrale, Ian Kubis, a rencontré le Président Imomali Rakhmonov, pour discuter avec lui des mesures nécessaires au maintien de la sécurité régionale et en particulier à la lutte contre le trafic de drogue.

            L’Ambassadeur des Etats-Unis à Douchanbe, John Larson, a fait savoir que son pays était inquiet de la sentence d’emprisonnement récemment prononcée à l’encontre du leader de l’opposition, Makhmadrouzi Iskandarov, rapportent RFE/RL et Asia-Plus. Les circonstances troubles qui ont entouré l’arrestation, le procès et le verdict préoccupent tout particulièrement le Pentagone. Les rumeurs concernant son extradition de Russie, son incarcération et les difficultés pour ses proches et son avocat de l’approcher durant sa détention provisoire, font l’objet de toutes les questions. Iskandarov est accusé d’enrichissement sur le compte des fonds de l’Etat, de terrorisme et de détention illégale d’armes. L’opposition a vivement protesté contre le verdict de 23 années d’emprisonnement prononcé contre Iskandarov.

 

Turkménistan

 

 


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