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Vivre en collectivité  >  Les journaux de tranchées


Des centaines de titres de journaux de tranchées


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L'écho du Boyau, 15 juin 1915.


Les journaux de tranchées apparaissent à la fin de l’année 1914, lorsque la  guerre de position succède à la  guerre de mouvement. Sur le front stabilisé, ils sont rédigés par les poilus eux-mêmes pour les poilus, au cours des moments de répit. Plus de la moitié d’entres eux sont écrits en première ligne entre une attaque, un bombardement ou une alerte aux gaz, dans des abris de fortune ; les autres au repos entre deux montées en lignes. Ils sont soigneusement calligraphiés ou laborieusement dactylographiés, puis décorés, et illustrés malgré le froid, la pluie et la fatigue qui brouillent la vue et engourdissent les doigts, avant d’être dupliqués à la gélatine, ronéotés ou imprimés avec des moyens de fortune.


Leur nombre croît rapidement à partir de 1915. On évalue à environ cinq cents le nombre de titres sortis durant le conflit au sein de l’armée française : Rigolboche, L’Écho des Tranchées, La Roulante, Le Poilu déchaîné, le Canard du boyau, L’Écho des gourbis, Marmita, La Guerre joviale….
Mais leur diffusion reste limitée en raison de l’isolement des unités et de leurs fréquents déplacements.

Certains ont une durée de vie très courte et ne comptent que quelques numéros. D’autres paraissent tout au long de la guerre comme Cingoli-Gazette de 1915 à 1919, Le petit bleu de 1915 à 1918 avec une cinquantaine de numéros et Rigolboche de 1915 à 1918 avec  une centaine de numéros.

 

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La silhouette, 15 mai 1915..




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Cingoli-gazette, mai 1915. Le petit bleu, janvier 1918. Rigolboche, 20 décembre 1917.



Les journaux de tranchées : un témoignage précieux sur la vie au front


Les journaux de tranchées sont encouragés et contrôlés par les autorités militaires qui procurent le matériel nécessaire à leur fabrication.



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Le mouchoir, 19 décembre 1915.
Contrôle de la censure sur le journal Cingoli-Gazette
s.d.


Pour le général Joffre, ils ont vocation à « distraire et amuser les combattants  » et à montrer que les soldats français sont « pleins de confiance, de gaieté, de courage » . Ils apparaissent comme un moyen se soutenir le moral des soldats et de lutter contre le cafard et  l’ennui qui les guettent.

Ils contiennent des articles, des jeux de mots, des parodies, des récits fantaisistes, des poèmes et des chansons. Certains sont abondamment illustrés. Le cynisme rigolard, la verve gouailleuse et l’humour noir de leurs propos révèlent un certain « état d’esprit poilu » et renforcent la cohésion de groupe..

Malgré une apparente liberté de ton, ils ne remettent pas ouvertement en cause la situation de guerre. Ils traduisent, cependant, la volonté d’échapper à l’enfer des combats par l’écriture et le rire et constituent un témoignage unique sur les conditions de vie et les mentalités de combattants.



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L’écho des Marmites, 29 février 1916.



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